Pedro Claver (Victor-N.) PINTO OLIVARES – 1879-1942

Rengo, 1913.
« Je crois convenable de vous informer au sujet de certaines rumeurs qui
ont trait à Rengo. C’est en ce moment où je suis en train d’inhumer le P.
Théophile Durafour que nous ressentons à la fois des sentiments de grand
triomphe et de grande peine. Alors que le Père a obtenu la paix du
Seigneur, je commence à être préoccupé de savoir qui va être le successeur
à la tête de la paroisse de Rengo. Naturellement le thème de toutes les
conversations porte sur la désignation de son successeur. Avec simplicité
et avec honte, je vous dirai ce que j’ai entendu d’un Monsieur au retour de
la gare. D’après lui et d’autres personnes, hier a eu lieu une réunion à la
Préfecture avec les autorités
de la ville, dont le sénateur Charmes. On fait des démarches à l’évêché
pour que soit nommé un chilien comme curé à Rengo. Ce curé serait le P.
Pinto. Pour l’amour de
Dieu, il ne manquait que cela pour augmenter les souffrances et les croix
de cette paroisse! Si vous aviez à nommer le P. Francisco
[Garcia], je crains qu’il n’ait beaucoup d’ennemis: on lui reproche dans
une certaine circonstance de n’avoir pas su
‘dorer la pilule’ et d’avoir
‘manquer de tact, ce que le P. Théophile avait fortifier.

Notices Biographiques A.A

Religieux chilien de la Province d’Amérique du Sud. Premier Assomptionniste chilien. Victor Nestor Pinto Olivares voit le jour le 26 février 1879 à Santiago du Chili. De 1887 à 1889, il est scolarisé à Santo Tomas de Aquino, puis au lycée de Santiago (1890-1892). Il commence des études secondaires à l’école apostolique de Mendoza, fondée en mai 1893 et placée sous la direction des PP. Marius Peysson et Thomas Darbois, de mai 1894 à mars 1898. Il est envoyé ensuite en France au Breuil (Deux-Sèvres), de 1898 à 1899, puis à Laubat-Saujon (Charente-Maritime), de 1899 à 1900. Le 18 septembre 1900, il prend l’habit au noviciat de Gemert en Hollande, sous le nom de Frère Pedro Claver. Il prononce ses premiers voeux l’année suivante et ses vœux perpétuels, le 18 septembre 1902 à Louvain. C’est là également qu’il étudie la philosophie pendant deux ans (1902-1904). Selon la coutume de l’époque, on lui demande un service d’enseignement à l’alumnat de Calahorra en Espagne (1904-1905), avant d’entreprendre les études de théologie à Rome (1905-1908). Il est ordonné prêtre le 13 juin 1908. Son tempérament d’artiste se trouve favorisé par la visite des musées et des monuments romains. Il aurait encore voulu prolonger son séjour dans la Ville éternelle pour se perfectionner à l’école des maîtres de la peinture, mais les maisons du Chili réclament des ouvriers. Le P. Pedro est alors envoyé au Chili: il s’embarque le 8 décembre 1909 à Lisbonne sur l’Ortega et arrive à Santiago le 2 janvier 1910. Sa première obédience est pour Rengo (1910-1915). Il passe ensuite en Argentine, à Belgrano où vient de se fonder la paroisse de las Mercedes et de se construire une grotte de Lourdes, inaugurée le 16 mai 1916. Il se fait apôtre du culte de la Vierge. Sa douceur, son amabilité font impression sur les pèlerins A.A qui l’écoutent avec émotion raconter les miracles dont il dit avoir été témoin à Lourdes, en France. Sa prédication est d’autant plus émouvante que le P. Pedro a le don des larmes. Il contribue à la propagation du culte de Notre-Dame de Lourdes avec la publication de la revue Las Auras. Il prend en main le catéchisme paroissial, car il sait que les enfants sont des anges de Dieu qui lui permettent d’entrer dans les familles. Il trouve des appuis pour financer les constructions (jockey Club), des personnes influentes pour seconder son apostolat. En avril 1917, le P. Pinto est envoyé en renfort au P. Antonio Silbermann, supérieur du sanctuaire de Lourdes à Santos Lugares. Là aussi tout est encore provisoire, la grotte est en construction. Des terrains sont acquis pour élever une résidence et une véritable église. Là encore il se fait le serviteur de la Vierge, en accueillant le sculpteur O’Higgins de Buenos-Aires et Mgr Angel Jara. En mars 1926, le P. Pinto est réclamé au Chili. Ce n’est pas sans regrets qu’il doit quitter sa terre d’adoption et d’apostolat. Il est envoyé desservir la chapellenie de Lota-Alto, centre de mineurs, où il travaille jusqu’en 1931. On le rappelle à Notre-Dame de Lourdes à Santiago. Il a en charge le sanctuaire et un hôpital d’enfants. En 1942, une opération de la prostate le laisse affaibli. Ses activités diminuent peu à peu. Le cœur donne des signes de fatigue. Les médecins conseillent un temps de repos sur la côte. Le P. Pedro est envoyé à Valparaiso. Il s’y promène à pied, excursionne dans les collines qui surplombent la ville. C’est ainsi qu’un jour il arrive épuisé d’une longue marche qui l’a conduit jusqu’à l’hôpital des Sœurs de Sainte-Anne. On lui donne l’hospitalité, un médecin alerté lui prescrit un repos absolu. Une visite d’un prêtre ami lui donne l’occasion d’une longue conversation, mais sans doute cet effort l’a-t-il fatigué de façon supplémentaire. A l’heure du souper, l’infirmier alerte les religieuses pour leur annoncer que le P. Pedro est à toute extrémité. La communauté, contactée elle-aussi, ne peut que constater son décès, dû à une broncho-pneumonie. Nous sommes le 20 septembre 1942. Les funérailles du P. Pedro sont organisées à Santiago où son corps est ramené. Il est inhumé dans le caveau de la communauté au cimetière catholique de la ville.

Bibliographies

Bibliographie et documentation., Circulaire du P. Gërvais Quenard, no 50, p. 287. Nouvelles de la Famille occupée, 27 avril 1943, no 17, p. 4. Notes biographiques sur le P. Pedro Pinto (1879-1942), 2 pages. Lettre du P. Pedro Pinto au P. Emmanuel Bailly, Rengoi le 25 novembre 1913 (traduction P. Julio Navarro). P. Juan Donoso Zavala, Pedro Claver Pinto Olivares, Santiago, 1998, 35 p. Dans les ACR, du Père Pedro Pinto, correspondances (1902-1920). Notices Biographiques