Pedro (Roman) FRIAS – 1913-1993

Epreuve de santé.
« Le P. Séraphin Protin me donne ordre de mettre en route pour le noviciat
de Nozeroy le Fr. Pedro Frias. Il y ferait ses deux mois complémentaires
de noviciat et, moyennant dispense que demande pour lui la Curie
généralice, il pourrait faire sa profession en octobre et être acheminé
ensuite vers
la maison de philosophie. Je souhaite que ce soit Rome, car ce climat seul
pourra le préserver d’une rechute. Le médecin consulté aujourd’hui sur les
possibilités de son départ le déclare réellement guéri, c’est-à-dire, le
Frère Pedro a son poumon parfaitement sclérosé, mais il n’en reste pas
moins de santé délicate à surveiller de près. Eviter les refroidissements
brusques. Au moindre signe fébrile, retour au lit et consultation du
médecin. Si le Frère supporte bien les 800m. d’altitude pendant 2 mois, il
s’aguerrira; mais j’ose insister pour qu’on surveille de près
les débuts de l’acclimatation. Nozeroy est si différent de Lorgues! Le
Frère a besoin de suralimentation et de sommeil pendant encore un an. Il
doit éviter les trop grandes fatigues comme marches forcées des grandes
promenades et les exercices violents… »
P . Xavier Sorrel.

Pedro (Roman) FRIAS

1913-1993

Religieux de la Province d’Espagne.

Identité personnelle.

Le P. Pedro Frias a pris la précaution de reconstituer lui-même son curriculum vitae: il nous suffit de le transcrire! « Je suis né à Valdenebro petit village près d’Osma (Soria) en Espagne, le 9 août 1913. Mes parents m’ont donné le nom de Roman. Après le temps de l’école au village, je suis entré à l’alumnat d’Elorrio (1) en 1922 et j’y ai fait des études normales jusqu’en avril 1928, date à laquelle j’ai attrapé la tuberculose. Après mon temps de postulat à Sey- Chazelles en France (Moselle), de juillet à octobre 1929, j’ai pris 1’habit et le nom de Frère Pedro, le 27 octobre 1929. J’ai eu pour Maître des novices le P. Savinien Dewaele. En septembre 1930, j’ai gagné la maison de repos de Lorgues (Var), à cause d’une rechute de ma tuberculose et ce n’est qu’en octobre 1932 que j’ai pu terminer mon noviciat, à Nozeroy (jura). Ma date de première profession à Nozeroy est le 5 octobre 1932, le P. Gausbert Broha a fait le nécessaire en lien avec le supérieur de Lorgues, le P. Xavier Sorrel. De 1932 à 1934, j’ai fait ma philo. à Sey-Chazelles. De 1934 à 193-5 j’ai commencé les études de théologie à Rome, mais à cause d’une rechute, j’ai dû revenir à Lorgues; et c’est ainsi que de 1935 à 1939, j’ai fait beaucoup par moi-même, avec l’aide de Pères et de manuels. En octobre 1936, le 3 ou le 5 je ne sais plus, j’ai prononcé à Lorgues mes vœux perpétuels et j’ai reçu l’ordination sacerdotale, le 22 avril 1939. De 1940 à 1947, j’ai été vicaire à la paroisse du Dulce Nombre à Madrid (2). A la fin de 1946, j’ai commencé à avoir des difficultés pour célébrer la messe. C’est pourquoi les supérieurs ont décidé, pour le bien de ma santé, de me transférer à Elorrio, de 1947 à 1952. Mais tant à Bilbao qu’à Bordeaux, j’ai suivi des traitements médicaux sans résultat. De 1952 à 1955, j’ai enseigné à l’alumnat de Cavalerie, en Dordogne.

De 1955 à 1962 je suis de nouveau à Elorrio pour l’enseignement. De 1962 à 1966 je reviens à Madrid, cette fois à la Ciudad de los muchachos (3). Enfin, quatrième séjour à Elorrio le plus long, de 1966 à 1982. Le Docteur traitant a donné l’ordre, à cause du climat, de me faire nommer à Madrid. De 1982 à 1989, j’ai été à la Ciudad, Sierra de Segura, pratiquement à la retraite, en raison de ma santé ». Entre 1991 et 1993, le P. Pedro loge à la communauté des aînés dans un appartement, à Leganés, banlieue de Madrid (4). Il meurt à l’hôpital de Leganés dans la nuit du 3 avril 1993, après avoir subi une opération et avoir passé trois mois de grandes souffrances. Ses obsèques ont lieu dans la chapelle du cimetière, appartenant à une Congrégation religieuse. Il repose dans un caveau gentiment cédé par la paroisse de ce lieu. Personnalité.

Le Père Pedro a donné le témoignage d’un religieux éprouvé et limité par la maladie toute sa vie, mais plein de foi et d’esprit surnaturel: profondément communautaire au delà des différences d’idées ou de mentalités…. compétent comme professeur et soucieux de transmettre une solide formation à ses élèves, aimant l’Assomption et suscitant de l’intérêt et même de l’enthousiasme pour elle.

(1) Elorrio est un alumnat fondé en 1907, devenu dans la décennie des années 1970, un collège d’enseignement, au bénéfice de la population scolaire de la ville, avec présence d’une communauté éducative assomptionniste. (2) Dulce Nombre est le nom d’une des paroisses assomptionnistes de la ville de Madrid, fondée dans les années 1940, au cœur d’une banlieue populaire madrilène, quartier de Vallecas. (3) La Ciudad de los Muchachos est une œuvre d’éducation sociale et professionnelle pour la jeunesse de la banlieue madrilène, à proximité de la paroisse de Dulce Nombre, prise en charge par l’Assomption en 1955. En décembre 1973 commencent les pourparlers de vente de cet établissement qui va être repris par les Salésiens de Don Bosco. (4) Leganés est le nom d’un quartier périphérique de Madrid où l’Assomption implante une communauté en 1991, en appartement dans un immeuble.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption Nécrologe (V) 1991-1993 p. 89-90. Boletin de los Asuncionistas de Espana, octubre 1993, p. 5. Correspondances du P. Pedro Prias dans les ACR (1936-1965). Lettre du P. Xavier Sorrel, Lorgues, 12 juillet 1932. Notices Biographiques