Petrus (Everhard) FENNIS – 1909-1978

Butembo, 1966.
En 1966, l’Assomption compte
3 communautés à Butembo, soit 17 religieux répartis en 3 lieux:
Butembo Procure, où résident le Vice-Provincial, le P. Willibrord Muermans,
le P. Johan Boon, les FF. Jozef Schoonen, Michel nadin, Maurice Hex,
Butembo Collège Pie X, avec les PP. Herbert Zurbach supérieur, Charles
Bier, Vitalis Stessens, Jérôme Masumbuko, les FF. Petrus Fennis et Gilbert
Kakule, Butembo Etsav (école), avec les PP. Marie-Jules Célis, supérieur,
Edmond Darche, Theodard Steegen, secrétaire de l’évêché, Alberik Duchateau
aux œuvres sociales, Alcide Félix, Maurice Lejeune.
On distingue 4autres groupes en mission au Kivu:
1/ le groupe de Béni qui comprend Béni-Païda, Béni- Cité, Mutwanga, Mbao,
2/ le groupe Bunyuka qui comprend Bunyuka, Mavoya, Kyondo et les 3
communautés de Buternbo,
3/ le groupe de Musienene qui comprend à Musienene le petit séminaire,
Ivatama, Mulo et Muhangi,
4/ le groupe de Mbingi qui comprend Mbingi et Lubango. Répartition, 1966 p.
5-7.

Petrus (Everhard) FENNIS

1909-1978

Religieux de la Province de Hollande.

Né au pays des tulipes.

Né à Hilversum le 19 juillet 1909 aux Pays-Bas (Province de Hollande, diocèse d’Utrecht), Everhard fait ses classes dans son pays natal où il apprend ensuite le métier de typographe qu’il exerce durant quatre ans avant de frapper à la porte du noviciat de l’Assomption. Il y est accueilli en qualité de postulant en avril 1929 et est reçu novice coadjuteur sous le nom de Frère Petrus, à Taintegnies, le 27 octobre 1929. Il prononce ses premiers vœux le 28 octobre 1930 à Taintegnies et ses vœux perpétuels le 28 octobre 1933 à Boxtel (Hollande). De 1931 à 1938, il travaille à l’école apostolique de Boxtel. En 1938 il part pour la mission au Congo où il va rester 35 ans, ce qui lui vaut la médaille d’or de mérite de la République du Zaïre, mais où il laisse aussi sa santé. Ses postes de mission au Zaïre sont les suivants: Kyondo pendant 8 ans, Béni pendant 9 ans, Butembo pendant 6 ans à l’époque de la construction du pensionnat et du collège, Butembo au séminaire pendant 4 ans. En mars 1973, il rentre définitivement aux Pays-Bas où il se rend encore utile dans la communauté du Château, à Boxtel. Très dépouillé, il ne demande rien pour lui-même, mais il demeure toujours disponible au service des autres. Pendant des vacances en Allemagne, il meurt à Wittlich le 1er septembre 1978, dans sa 70ème année. Ses obsèques ont lieu le 6 septembre suivant, à Boxtel où il y est inhumé.

Portrait d’u n missionnaire. Le Père Marc Champion qui a connu le Frère Petrus sur le terrain en a dressé le portrait suivant: « Avec sa barbe et sa chevelure blanches un peu hirsutes, le Frère Petrus marche difficilement depuis une chute d’un échafaudage au pensionnai où il a eu les deux talons cassés. Mais il garde toujours un beau et grand sourire qui révèle les quelques très rares dents qui lui restent.

Pour lui, pas de problème de prothèse dentaire! Par esprit de pauvreté, sans doute, à l’image d’une façon de vivre à l’ancienne. Comment décider un Fennis à changer d’avis? Entreprise impossible, si l’on en croit un mot resté proverbial en Hollande! Le Frère Petrus est venu au Zaïre, à sa demande, mais également en vue d’éditer un journal parce qu’il est un ancien typographe. Et pourtant ce projet ne l’a guère intéressé: la machine à composer arriva au pays incomplète, donc inutilisable. Le diocèse de Butembo situé dans l’immense pays dans une position tout à fait excentrée, il était bien difficile, pour ne pas dire impossible, de penser à une rédaction d’informations générales, laquelle a besoin de services centraux d’agences de presse et également à un bon réseau de diffusion et d’expédition, ce qui est loin d’être le cas. Le Frère Petrus s’est donc occupé à bien d’autres choses: cultures, travaux, constructions. La tradition dit qu’il n’a pas de besoin de mètre, mais qu’il mesure tout à son empan, c’est-à-dire avec la mesure de sa main grande ouverte, du pouce au petit doigt. Ses constructions sont parfois originales, mais toujours réalisées avec un grand sens utilitaire. Un hangar à tuiles avec lui descend vraiment la colline, sans épouser les courbes de niveau du terrain. On se déplace pour voir cette merveille ‘architecturalo-pratique’, comme on se déplace pour admirer la tour de Pise! C’est dans ses dernières années à Butembo que le Frère Petrus entreprend la construction du collège à Butembo, de 1966 à 1971. Pendant un séjour de deux ans à Mangina, bien que malade, il réalise encore quelques bâtiments, moins importants. Sur le plan personnel, le Frère Petrus a tendance à classer ses confrères selon des critères d’affinité, mais cela ne l’empêche nullement d’accepter les différentes nominations qui lui sont proposées. Son travail est le cadre plein de son apostolat: il prêche d’exemple, avec égalité d’humeur et fidélité au règlement. En communauté il sait prendre part à la joie de tous et rire de bon cœur. Plus à l’aise en petit comité, il reste assez silencieux dans un grand groupe, parlant peu et préférant écouter parler ses confrères. Très serviable, il rechigne parfois aux demandes, un pou pour la forme, car tout se termine par un éclat de rire ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 67. De Schakel, september 1978, n° 3, p. 100-102. Marc Champion, Province du Zaïre (Religieux défunts 1929-1994), Butembo, 1994, p. 29-30. Notices Biographiques