Pol (Léopold) BOSSCHER – 1914-1969

Témoignage.

« De Paul (sic) de Bosscher, je n’ai à dire que louanges.

C’était un brave enfant du peuple, simple et droit, plutôt timide, encore
que volontiers rieur.

Privé très tôt de ses parents, il s’en fut à la grande ville, vers les 15
ou 16 ans, tenter d’apprendre le métier de boulanger. Ce fut trop dur pour
lui !
Il trouva alors un petit emploi de messager, où l’on s’aperçut bientôt que
sa santé était mal assurée: à certains moments dont il avait la
prémonition, il lui fallait littéralement courir pour ne pas tomber. Un
grand professeur de l’Université lui donna confiance et lui prescrivit un
traitement médicamenteux qui le remit d’aplomb.

Il connut à cette époque la dureté cinglante des hommes à l’égard des
faibles et leur
âpreté devant les humbles sans défense.

Mais il connut aussi l’inépuisable charité de l’abbé Cornelis à Malines
chez qui il prit asile et où vint le visiter la grâce qui le conduisit
ensuite au noviciat des religieux Assomptionnistes ».

Jacques Lohest.

Religieux de la Province de Belgique-Nord.

Une enfance difficile.

Né à Machelen le 22 mars 1914, Léopold connaît la souffrance morale et physique dès le plus jeune âge. Il perd très tôt sa mère et se retrouve tout seul à 13 ans. Accueilli dans une famille, il tente de travailler comme apprenti dans une boulangerie, puis dans un service de distribution. Finalement c’est dans une maison d’accueil qu’il entend l’appel à la vie religieuse à Malines. Léopold entre en 1948, à 34 ans, comme religieux frère au noviciat de Taintegnies où il fait sa première profession le 2 juillet 1949. Il garde son prénom de Léopold, raccourci parfois en Pol, francisé parfois dans les textes en Paul. C’est à Kappelle-op-den-Bos qu’il prononce ses vœux perpétuels le 2 juillet 1932.

Une vie religieuse assez courte.

On connaît la liste de ses différentes obédiences: Taintegnies (1949-1950), Halle (1950-1952), Stabroek (1952-1953), Louvain rue du Canai (1955-1965) et Zepperen (1965-1969) où il meurt prématurément à l’aube de ses 66 ans, le 21 août 1969. La souffrance est une compagne de sa vie qui ne l’a guère quitté, mais malgré ses difficultés, Fr. Léopold a su s’adapter aux exigences de sa vie religieuse, un monde assez nouveau pour lui puisqu’il n’a pas fait l’apprentissage de l’alumnat. Il trouve dans la fidélité à son choix de vie la force qu’il garde toute sa vie pour supporter la souffrance physique et morale, pour faire face aux nombreuses opérations qui ont tenté d’entraver le cours de son handicap. jusqu’à la veille de sa mort, il cherche à rendre service avec ponctualité, à tous sans exception.

Notice sur les Frères coadjuteurs à l’Assomption.

La vie de ce religieux frère nous donne l’occasion de jeter un aperçu sur la façon dont est perçue et projetée leur vie jusqu’après la seconde guerre mondiale. On sait qu’à l’origine le P. d’Alzon avait voulu 3 catégories de religieux, à l’identique d’ailleurs des pratiques des Religieuses de l’Assomption: religieux de chœur (prêtres), religieux oblats et religieux convers, La seconde catégorie fut supprimée au chapitre général de 1862.

« Les Frères coadjuteurs assomptionnistes sont de véritables religieux. Ils se proposent d’abord le salut de leur âme d’une façon plus méritoire que dans le monde; ils suivent les conseils évangéliques et prononcent les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ils concourent tous plus ou moins directement à l’apostolat: les uns dans les missions, en faisant le catéchisme et l’école et en dirigeant le travail des enfants. D’autres se livrent à divers travaux ou métiers: ceux -ci sont cuisiniers ou tailleurs, ceux-là s’occupent de jardinage, quelques-uns de reliure; il y a des imprimeurs, des menuisiers etc… Un bon nombre enfin, pour permettre aux prêtres de remplir plus librement leur ministère, se dévouent aux divers services nécessaires dans les communautés: sacristie, soin des malades, propreté etc…

Ici l’on a besoin de secrétaires, là de frères pour s’occuper des cercles d’hommes et de jeunes gens. Ailleurs le religieux coadjuteur est intimement associé aux labeurs des missions; il accompagne les prêtres dans leurs courses lointaines et prête son concours à leur zèle, surtout dans les retraites fermées où l’on peut faire tant de bien. Cet aperçu suffit pour donner une idée du vaste champ d’apostolat qui s’ouvre devant le frère coadjuteur.

Conditions d’admission:

1° un caractère franc, docile et généreux, une bonne volonté manifeste, un vrai désir de bien faire.

2° une piété sérieuse, ennemie des pratiques bizarres.

3° une bonne santé.

4° être de naissance légitime et de famille honorable.

5° ne pas avoir été déjà refusé ou renvoyé d’une autre congrégation.

6° être âgé au moins de 16 ans et de 45 ans au plus, n’être pas absolument nécessaire à la subsistance de ses parents ni avoir de dettes. »

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 148. Dossier ‘In memoriam: Broeder Leopold De Bosscherl 21 augustus 1969. Zepperen, 14 pages. Notice sur les Frères coadjuteurs des Augustins de l’Assomption, Louvain, s.d.