Raphael (R.-Joseph-Marie) LE GLEUHER – 1928-1991

A un Provincial débutant:
‘N’aie pas peur’: tu ne fais pas d’abord oeuvre humaine. Alors fais
confiance à l’Esprit qui transformera tes essais. ‘Les religieux sont
pudiques’: ils n’osent pas dire qu’ils
attendent de toi une parole d’Evangile. Voyons! Ce sont des hommes! Mais,
malgré les apparences, ils l’espèrent. Sinon d’ailleurs que peuvent- ils
attendre de toi? ‘Purifie ton regard’: exerce toi à voir tes frères avec le
regard de Dieu, regard qui donne confiance, qui remarque 1es qualités
d’abord, qui accueille avec bienveillance; en somme un regard qui invite à
faire un pas de plus parce que tu en es capable, mon frère.’ Chaque fois
que tu dois rencontrer quelqu’un, habille ton coeur de bonté et de paix.’
Vois le positif et relève-le’, ça fait avancer et se structurer dans sa
personnalité plus qu’un tas de reproches. ‘Aie de grandes oreilles’ pour
écouter, et, si tu peux, la patience et le temps. C’est une façon d’être
pauvre avec l’autre. ‘Sois discret’. Et puis après, sois discret, ne
t’étonne de rien! ‘Partage ce que tu portes en toi’. C’est donc une
nécessité absolue d’avoir quelqu’un avec qui réfléchir. Je mettrais ici:
avoir une communauté vraie,
cultiver la solidarité dans le travail. Prie beaucoup pour et avec tes
frères

Religieux de la Province de France, Vice-Provincial de Bordeaux (1986-1991).

Curriculum vitae.

Raphaël-Joseph-Marie Le Gleuher est né le 21 décembre 1928 à Neulliac (Morbihan), quatrième enfant d’une famille qui en comptera sept. L’aîné, séminariste, meurt à Thorenc à l’âge de 24 ans. Après ses études à Saint-Maur (Maineet-Loire), de 1941 à 1945, et à Cavalerie (Dordogne), de 1945 à 1948, il entre au noviciat de Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime) où il prend l’habit sous le nom de Frère Raphaël, le 7 octobre 1948. Il y fait profession le 8 octobre 1949. Suivent deux années de philosophie à Layrac (Lot-et-Garonne), de 1949 à 1931, puis une année de service militaire. Profès perpétuel le 8 décembre 1953 à Layrac, il étudie sur place la théologie et est ordonné prêtre le 25 février 1956. Il passe ensuite trois décennies (1956-1987) au service des jeunes et cinq ans au service de la Vice-Province de l’Ouest.

En 1956, il est nommé professeur de 6ème à l’école Sainte-Barbe de Toulouse (Haute-Garonne). Il aime son travail, se montre attentif à chaque enfant et se donne pleinement à sa tâche. C’est l’année de la préparation à la profession de foi et le Père Raphaël veille avec un soin tout particulier à une pédagogie qui favorise la vérité de cette démarche.

1959: le Père Raphaël commence à Lyon (Rhône) ses études universitaires.

1960: le P. Raphaël est nommé professeur au scolasticat de Layrac (liturgie). Il poursuit ses études à Toulouse et termine sa licence de philosophie en 1962.

1964: nommé maître des novices à Pont-l’Abbé d’Arnoult, le P. Raphaél y épanouit sa double passion, pour Jésus-Christ et pour les écrits du P. d’Alzon.

1968: le P. Raphaël suit un stage de formation permanente à Paris.

1969: il devient supérieur-coordinateur au scolasticat de Valpré, à Lyon, où se vivent des expériences nouvelles et où les qualités de décision, de discernement et de patience du supérieur sont mises à l’épreuve. Homme de foi et de son temps, le P. Raphaël s’efforce d’encourager les jeunes religieux dans leur vocation propre. Ouvert à toutes leurs questions, triant entre le bon et le moins bon, il fait preuve de mesure et de confiance.

1971: il est nommé directeur de l’école Sainte-Barbe à Toulouse. Très vite il découvre dans sa nouvelle tâche la joie de constituer et de travailler avec une communauté éducative de parents et de maîtres dont beaucoup demeureront ses amis. La communauté quitte l’avenue Duportal, s’établit Allée de Barcelone, puis à Blagnac, enfin rue du Cagire où il est supérieur de 1981 à 1986.

1986: le 10 décembre, le P. Raphaël est nommé supérieur de la Vice-Province de l’Ouest. Libéré de la direction de Sainte-Barbe à l’été suivant, il ne rejoint la communauté de Pessac qu’en septembre 1987. Ayant été conseiller viceprovincial et connaissant les personnes et les situations, il se met au travail aussitôt. Le 23 décembre 1988, il apprend qu’il est atteint d’une leucémie. Commence alors un rude combat qui va durer trois ans et durant lequel, par ses lettres, il informe les religieux de son expérience spirituelle: « ce n’est pas un voyage à travers un continent lointain, mais une traversée d’un pays intérieur que, j’en suis sûr maintenant, beaucoup de malades connaissent et vivent sans rien dire. Me sentir pauvre, à la merci, je ne l’oublierai jamais. C’est une expérience inexprimable qui atteint le plus profond de ce que l’on est et qui transforme radicalement la perception des autres et aussi la relation à Dieu: les mêmes mois dans la prière n’ont plus tout à fait le même contenu quand on n’a plus que sa pauvreté! J’ai peut-être appris en faisant chaque jour confiance au personnel médical, à me remettre aussi entre les mains de Dieu ». Il meurt dans un hôpital de Bordeaux le 19 novembre 1991. Les obsèques sont célébrées le vendredi 22 novembre à Layrac, présidées par Mgr Saint- Gaudens, évêque d’Agen. Le corps du P. Raphaël repose au caveau de l’Assomption à Layrac.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 49-51. Assomption-France, Nécrologie année 1991, p. 236-240. Ce que je dirais à un nouveau Provincial par le P. Raphaël Le Gleuher. Du P. Raphaël Le Gleuher, dans les ACR, correspondances (1964-1990), rapports de profession de religieux, rapports sur le collège Sainte-Barbe de Toulouse (1973), dossiers de vice-provincial (1986-1990), lettres aux religieux de la Vice-Province de l’Ouest … On doit au P. Le Gleuher un Recueil de pensées du P. Emmanuel d’Alzon, Pont-l’Abbé- d’Arnoult, 1968 (copie dactylographiée).