Raynald Barreaux – 1921-2005

Origine

Richard Barreaux est né à Saint-Gérard (Mettet), le 31 mars 1921.

Son père était électricien, cabinier pour la Régie d’Auvelais : un homme très joyeux et grand farceur: une donnée importante pour le futur P. Barreaux : plus tard, elle favorisera ses contacts avec le personnel enseignant de Bure et avec les gardiens et les détenus du Centre Pénitentiaire de Saint-Hubert.

Sa mère était femme au foyer, douce, réfléchie et pieuse, plutôt effacée. Il avait une sueur, épouse de M. Béguin, membre de la B.S.R. Celui-ci fut prisonnier en Allemagne durant la guerre 40-45. c’est là qu’il a appris à se confier à la Vierge Marie et fut fidèle à son chapelet quotidien jusqu’à sa mort, tenant à prier pour les souffrants dans leur corps et dans leur coeur. Et par leurs deux enfants : Richard (Médecin) et Maire-Bernadette (enseignante), la famille s’est fortement agrandie : 9 neveux et nièces, plus leurs nombreux enfants).

Préparation

Son école primaire terminée à Saint-Gérard, il entre à l’« Alumnat de Bure », milieu favorable à l’éclosion de vocations de jeunes d’origine modeste et désireux de se préparer à l’engagement chrétien dans la vie religieuse, sacerdotale conventuelle ou diocésaine ; plusieurs resteront dans la vie civile, vivant riches de profondes convictions chrétiennes.

Ses humanités terminées à Sart-les-Moines (près de Charleroi), il choisira de s’engager dans la vie religieuse assomptionniste. Le 24 septembre 1939, il commencera son noviciat à Taintignies (Tournai) sous le nom de Fr. Raynald C’est là aussi il prononcera ses premiers voeux le 27 octobre 1940 (décalage dû à la guerre).

Philosophie et théologie : dans son propre village natal, à l’Abbaye de Saint-Gérard de Brogne. Il y sera ordonné prêtre par Mgr Charue, le 4 avril 1947.

Son engagement apostolique : sera double : l’école à Bure et l’aumônerie au Centre de Détention de St-Hubert (dernière dénomination du lieu).

1. Engagement en communauté scolaire

Durant l’année &nbps;1947-1948: il enseigne à l’Alumnat M. Médiatrice de Bure : classe de 7ème préparatoire aux humanités (pour des jeunes garçons qui ont besoin d’affermir leurs connaissances avant d’entamer des études littéraires). Plus tard, alors qu’un autre religieux s’essaie à l’économat, durant une année, (ce ne sera pas un succès), le P. Raynald prend en charge la formation accélérée de jeunes gens candidats au sacerdoce alors qu’ils ont dépassé l’âge des élèves d’humanité.

Dès septembre 1948, il devient économe de l’école (internat ouvert aux garçons de milieu modeste) – alors que les effets de la guerre se font encore douloureusement sentir: il n’est pas rare que soit plate la « bourse » de l’économat. Heureusement qu’il y a de généreux bienfaiteurs contactés par le P. Liguori, … et beaucoup de services bénévoles rendus par des personnes de Bure et de la région.. Les élèves entretiennent eux-mêmes leurs locaux, épluchent les pommes de terre, font la vaisselle,… Une façon aussi de développer l’esprit d’initiative !

Avec le pacte scolaire, la vie devient plus aisée, mais il faut s’exercer à une comptabilité plus exigeante.

Tout doucement, alors que la population scolaire est moins axée sur l’engagement sacerdotal, le nombre d’élèves s’accroît: il faut transformer les bâtiments, en construire    des neufs : nouveaux problèmes financiers ! Mais des personnes généreuses sont sensibles aux problèmes de l’économe. Alors, tout doucement, se présente un équilibre plus aisé. Le P. Raynald, dont la dénomination de « Père Econome » lui survit, gardera la responsabilité des finances du Collège jusqu’au 1er juin 1994.

A noter que pour la Communauté d’Awenne, il gérera l’ économat du 17 décembre 1989 jusqu’au 10 mars 2004.

2. Engagement comme Aumônier

Les lois linguistiques de 1970 font que les francophones de Merxplas doivent vivre en Wallonie, de nouveaux bâtiments sont construits et le 1er octobre 1971, le P. Barreaux devient aumônier sur le même site de l’E.I.S : Établissement pour Inadaptés sociaux autrement dit: Centre rassemblant ceux qu’on appelait vagabonds (c.à.d. des personnes qui manquent à la fois de toit, de métier et de ressources financières. Lorsqu’une de ses trois réalité devient positive, la personne peut retrouver sa liberté). Une mesure en faveur de leur propre protection et de celle de la société. Au Centre, ils ont la possibilité de se former à un métier, de gagner un peu d’argent et finalement, retrouver leur liberté, par leurs propres efforts. Encore faut-il avoir retrouvé aussi une stabilité suffisante.

L’E.I.S. s’accompagne bientôt du C.D. (Centre de Détention). Le P. Barreaux restera l’aumônier de l’ensemble jusqu’au 1er octobre 1997, ce qui ne l’empêchera pas de revenir visiter ses amis gardiens et détenus.

3. Homme de relation

Le P. Raynald Barreaux ne fut jamais un homme de sciences ni un artiste ni un inventeur, mais plutôt un homme de coeur malgré une certaine carapace d’exigence qu’il affichait en tant que responsable financier. Mais avec professeurs, éducateurs, ses «hommes de Saint-Hubert», les gardiens et le personnel, il était chaleureux et blagueur: c’est en grande partie cela qu’il mit à l’aise tant de monde en rapport avec lui. Un grand moyen: les résultats du football. Tout le monde savait qu’il était un partisan acharné du Sorting d’Anderlecht, alors quand le Standard devançait son équipe, il se laissait taquiner en disant calmement : « Si on recule, c’est pour mieux avancer! » Mais il y avait plus, il savait se rendre proche des uns et des autres, prenant intérêt aux nouvelles de leur famille, en les félicitant pour les bonnes nouvelles et les compatissant pour les plus pénibles.

Humour: Comme son Père, souvent au début d’une rencontre, il manifestait beaucoup d’humour. Par exemple, il commençait par: « Tu sais la dernière ? Il raconte. Et son interlocuteur de lui présenter une blague plus récente encore. Gros rire amical… Puis: «Passons au sérieux maintenant ? »

Pour affirmer son respect et honorer « ses hommes » ceux de SaintHubert, il a toujours voulu se présenter à eux en veston et cravate. Personne n’a jamais été étiqueté par les raisons qui l’ont amené sur le plateau de St-Hubert. Les gardiens étaient ses amis : il connaissait leur famille, il a baptisé certains de leurs enfants, béni des mariages, compati à leurs souffrances. La grande qualité d’un chrétien, c’est d’humaniser l’humanité. Là, Raynald, tu as réussi: Dieu était avec toi! Envers les habitants de Bure et de la région, il s’est toujours montré très reconnaissant pour l’aide reçue lors des fancy-fairs, pour le nettoyage des bâtiments en fin des grandes vacances, pour le labour du jardin, etc … en retour, combien de fêtes et activités culturelles et spirituelles at-il favorisées par le prêt de salles (théâtre, St-Nicolas, cinéma ou autres, activités liturgiques, mouvements de jeunes (J.A.C, Patro, ACRF, Vie Féminine ; retraites spirituelles diverses). Aussi insistait-il pour que soient prêtés les locaux scolaires ou d’internat ! Une belle vie en symbiose: Collège-Village(s) !

Le P. Barraux est décédé Bouge (Centre d’accueil St-Luc) où il vivait entouré de soins et d’affection depuis un an et demi : c’était le 15 septembre 2005. Les funérailles ont été célébrées en l’église de Bure, le 21 septembre. Le Père est inhumé dans la concession assomptionniste du cimetière de Bure.

Et maintenant ? Quand saurons-nous la « Dernière » qu’il aura racontée à Dieu, à son entrée dans l’éternité ? Après avoir bien ri, Dieu lui aura répondu: Reste avec moi: tu fus bon et charitable, tu as continué mon oeuvre créatrice en rendant plus humains ceux qui ont croisé ton chemin. Pour moi, bien sûr, comme pour toi, tout homme est sacré. Raconte-moi une des grosses farces de ton Papa par exemple, celle des poireaux repiqués, puis disparus durant la nuit: ce sera dans l’éternité ton premier grand rire avec moi ! ».


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Bibliographies