Réginald (Louis Lucien) BONNET – 1881-1955

Un supérieur démissionnaire et maintenu.

« Au sujet de ma nomination au poste de supérieur de l’alumnat de
Lambersart
[1948], j’ai fait au P. Merry Susset les objections qu’il vous présente
sans doute. J’ai déjà été chargé de cette responsabilité à la maison de
Lille, un long mandat prolongé au delà des 6 ans
jusqu’en 1944, 9ème année de mon supériorat dans la même résidence.
Mes objections n’ont pas varié: elles font état de mon âge, 67 ans, et de
mon inexpérience en matière de direction d’un alumnat. Et à Lambersart, il
s’agit d’une fondation, ce qui est plus délicat. Je n’ai jamais vécu dans
les alumnats depuis que j’en suis sorti comme élève en
1899, il y a bientôt cinquante ans!
Un homme plus jeune, au courant de l’œuvre et de son fonctionnement, ferait
bien mieux l’affaire. J’ai cru devoir vous écrire cette lettre en toute
liberté ».
P. Réginald, 25 septembre
1948.
Le P. Merry Susset écrit à Rome: « J’ai vu le P. Réginald sur place à
Lille, il y a quatre jours, je n’ai absolument personne à mettre à cette
place. Insistez ».
27 septembre 1948, Paris.

Religieux de la Province de Paris.

Une nature sensible et affective.

Louis-Lucien est né le 18 novembre 1881 à Le Lauzet (Alpes de Haute-Provence). Il fait ses classes primaires à Urtis et Le Lauzet puis connaît la vie des alumnats, trois ans à Notre- Dame des Châteaux (Savoie) de 1894 à 1897 et deux ans à Brian (Drôme) de 1897 à 1899. Il prend l’habit sous le nom de Réginald à Livry le 8 septembre 1899 et achève son noviciat à Phanaraki en Turquie par sa profession le 8 septembre 1900. Le P. Antoine reçoit sa profession perpétuelle l’année suivante, le 8 septembre 1901: « jeune de nature très sensible, il manifeste un caractère dominé par le côté affectif. Il apporte un esprit de piété très intense et une grande délicatesse d’âme, y compris dans ses ,relations avec ses confrères. Il va parfois jusqu’au scrupule, mais il garde les limites grâce à une docilité absolue. C’est un esprit noble et distingué, une nature discrète, consciencieuse, de grande ouverture de cœur » tels sont les éléments du rapport dressé par le P. Benjamin Laurès sur son compte. Le Fr. Réginald entame ensuite sa formation supérieure: études de philosophie à Jérusalem (1902-1903), professorat à Eski-Chéir (1903- 1905) et à Varna (1905-1907), études de théologie à Jérusalem (1907-1910) où il est ordonné prêtre le 10 juillet 1910 par Mgr. Picardo, auxiliaire du patriarche latin.

En Amérique.

Le P. Réginald, pratiquant l’anglais, est affecté au collège de Worcester (1910-1923) où il s’adonne prioritairement à un ministère de prédication. Il paie un lourd tribut à la guerre 1914-1918, étant mobilisé pendant 3 ans (1914- 1919) dans un régiment d’infanterie qui le ramène en Orient où il sert également comme infirmier.

Un supérieur démissionnaire et maintenu.

« Au sujet de ma nomination au poste de supérieur de l’alumnat de Lambersart [1948], j’ai fait au P. Merry Susset les objections qu’il vous présente sans doute. J’ai déjà été chargé de cette responsabilité à la maison de Lille, un long mandat prolongé au delà des 6 ans jusqu’en 1944, 9ème année de mon supériorat dans la même résidence. Mes objections n’ont pas varié: elles font état de mon âge, 67 ans, et de mon inexpérience en matière de direction d’un alumnat. Et à Lambersart, il s’agit d’une fondation, ce qui est plus délicat. Je n’ai jamais vécu dans les alumnats depuis que j’en suis sorti comme élève en 1899, il y a bientôt cinquante ans! Un homme plus jeune, au courant de l’œuvre et de son fonctionnement, ferait bien mieux l’affaire. J’ai cru devoir vous écrire cette lettre en toute liberté ». P. Réginald, 25 septembre 1948. Le P. Merry Susset écrit à Rome: « J’ai vu le P. Réginald sur place à Lille, il y a quatre jours, je n’ai absolument personne à mettre à cette place. Insistez ». 27 septembre 1948, Paris.

Notices Biographiques A.A Une de ses correspondances au P. Joseph Maubon du 20 mars 1919 restitue cette période de sa vie: « Mon voyage de retour d’Orient a pris fin avant hier je suis parti de Salonique si précipitamment que je n’ai pu vous donner les renseignements demandés par votre circulaire du 16 décembre, datée de Rome. Voici les étapes des lieux de ma période militaire: Digne, Marseille, le vicariat d’Alexandrie en Egypte, Athènes et Salonique. Je suis actuellement à la Crau d’Hyères chez une tante qui m’a élevé, je dois visiter mon vieux père à Gigors dans les Basses-Alpes ». Rendu à la vie civile, il reprend son poste à Worcester jusqu’en 1925. Il passe ensuite au Canada, à Bergerville-Sillery près de Québec (1925-1932) où il est nommé supérieur de 1929 à 1935. On utilise ensuite ses aptitudes à l’enseignement dans le scolasticat de Louvain en Belgique (1932-1934).

Dans le Nord français et la région parisienne.

La troisième partie de la vie ministérielle du P. Réginald se déroule ensuite à Lille (1934-1948) où il est également supérieur à partir de 1933. Le Provincial de Paris, le P. Merry Susset lui demande encore de diriger la fondation toute proche de l’alumnat de Lambersart (Nord) de 1948 à 1951 avant de gagner celui de Soisy-sur Seine (1951-1953). Il termine son existence comme aumônier des Oblates de l’Assomption à l’établissement scolaire de La Ville-du-Bois dans l’Essonne (1933-1955). Il meurt le 25 janvier 1955, à l’âge de 74 ans, à Longjumeau. La courte notice que lui consacre le Bulletin officiel de l’Assomption est très laconique, sèche même, à son habitude. Elle semble surtout en retrait par rapport aux espérances portées sur le Réginald d’avant guerre par son maître des novices: « Modèle de régularité, d’une amabilité très accueillante, le P. Réginald manifestait peu de sens administratif et d’initiative en face de certaines responsabilités. Par contre, il fut heureux de consacrer sa vie à la prédication, surtout dans les communautés religieuses, soit en Amérique du Nord, soit en France ». Quoi qu’il en soit, rien ne justifie cet apparent ostracisme dont souffre sa mémoire dans les revues du temps. Etait-il mal connu du fait qu’après 1923, la Congrégation divisée en provinces, le P. Réginald soit passée de l’orbite de Lyon à celle de Paris?

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1956, p. 155. Paris-Assomption n° 26 (1955) fait état des décès des PP. Aymard Faugère, Réginald Bonnet et du Fr. André Le Stang. ‘Une notice est en préparation sur eux, à paraître dans La Lettre à la Famille, . C’est effectivement exact pour les P. Faugère et le Fr. Le Stang, mais les tables analytiques de l’année 1955 restent désespérément muettes sur le P. R. Bonnet. Qu’en déduire? Y-eut-il un numéro spécial qui aurait échappé à la collection des ACR? ]. Les archives de Rome gardent un bon lot de correspondances du P. Réginald, entre 1900 et 1951, la Lettre à la Dispersion en a publié quelques-unes, notamment des chroniques pendant la guerre 1914-1918. Le P. Réginald a fourni quelques articles dans la revue québécoise ‘L’Apôtre du Sacré-Cœur’