Reinold (Henk) THIJERT (THYERT) THIJERT – 1929-1999

Congo, 1961.
« Nous restons ici comme religieux 51 Pères et 7 Frères; de ce nombre il y
a 8 Pères au séminaire, 5 à l’E.T.S.A.V., 6 dans nos écoles de moniteurs et
1 au collège. Le moyen de maintenir dès lors nos 21 postes de mission, avec
un total de 300.000 chrétiens? Je ne puis, bien entendu, oublier nos 9
prêtres congolais, mais comme dit l’apôtre Philippe à Jésus. ‘sed quid hoc
inter tantos? C’est à en perdre le sommeil. En janvier nous avons connu un
état de choses où le désordre était roi et où l’on pouvait s’attendre à
tout. Puis un calme relatif s’est
produit. Depuis la Conférence, tout est de nouveau à l’optimisme partout.
L’affaire paraît réglée, mais nous n’en sommes pas tellement
certains. Nous en remercions Notre-Seigneur. Partout ici, jusqu’à ce jour,
les choses ont été assez calmes. Puissions- nous mériter un peu plus de foi
et de générosité, que notre chrétienté n’ait pas à souffrir
davantage! Nous devons nous garder de maugréer, même si nous trouvons des
vers dans la farine et si nous buvons notre café sans lait ni sucre… Du
reste, jusqu’à présent, la nourriture est telle que personne ne souffre
d’anémie par privation. Mais voici le moment de sentir et de pratiquer la
pauvreté… ».

Religieux de la Province des Pays-Bas. Parcours de formation. Henk Thijert ou Thyert est né à Deurningen (Pays- Bas), le 26 juillet 1929, dans une famille profondément chrétienne où il fait bon vivre. En 1943, il part pour Boxtel où il commence ses études secondaires à l’école apostolique et missionnaire Sainte-Thérèse. À la fin de noviciat, il prononce ses premiers vœux à Halsteren, le 25 septembre 1951, sous le nom de Frère Reinold. De 1951 à 1958, il fait ses études de philosophie et de théologie à Bergeijk et il est ordonne prêtre le 8 décembre 1957. Missionnaire au Congo. Le P. Reinold qui redevient le P. Henk veut être missionnaire et son souhait est exaucé: le 17 octobre 1958, il part pour le Congo. Il est nommé à Mulo pour y apprendre le swahili et être introduit dans le travail paroissial par le Père Monulphus Bastiaens, ce qu’il apprécie beaucoup. Après 10 mois d’acclimatation et d’apprentissage, il est nommé pour la jeune mission de Mavoya où il va travailler jusqu’en 1963. Il y fait construire un couvent pour les sœurs de la mission. Il devient ensuite curé à Biambwe, une mission rude. À cause de son accès impossible, ce poste est considéré comme le bout du monde. La population doit puiser de l’eau à 2 km de là. Le P. Henk découvre que sur la montagne, il existe une source. A l’aide d’un simple niveau, il estime avec un collègue qu’il y a suffisamment de dénivelé et de pression pour alimenter le village. Il peut ainsi tracer une conduite d’eau, creusée sous sa direction par la population locale. Il consacre encore l’argent récolté à l’occasion de son 50ème anniversaire (1979) pour réparer un pont sur une rivière, de façon à rendre possible l’accès à ce village et achète du riz massivement au profit de la population. Page : 55/55 Le P. Henk jouit d’une forte constitution physique, mais il est la douceur même pour les indigènes. Il cherche à connaître tous les habitants par leur nom et leurs liens familiaux. Sa force physique et sa douceur sont à l’origine du surnom affectueux qu’on lui a donné, ‘Kiboko’ (hippopotame). Grand travailleur, dévoué corps et âme au bien de ses fidèles paroissiens, il mérite à juste titre le nom de ‘vrai missionnaire’. Vie pastorale à Rossum. En 1988, à 59 ans, il décide de rentrer aux Pays-Bas. Il est alors nommé curé à Rossum, dans sa région natale de Twente. Il orne la façade de la cure du texte swahili ‘Karibu’, bienvenue. Cette inscription, vestige de sa vie missionnaire, symbolise sa proximité au peuple. Pendant 10 ans, il se dévoue à ses paroissiens et il n’est pas étonnant que l’on ait recueilli autant de témoignages de reconnaissance de leur part que de celle des Congolais. Il est réputé comme un prêtre simple, peu bavard, mais très actif. Accueillant à tous, il sait répondre à toutes les demandes. Il sait compatir aux peines et aux joies. Très religieux, il connaît le sens relatif des choses dans la vie. Homme d’écoute au grand cœur, homme social et prêtre pasteur, il participe à toutes les manifestations locales, fidèle supporter du club de football local, le R.S.C. Il aime la visite gratuite des enfants au presbytère et stimule toutes les bonnes volontés et initiatives. Un homme peut plus qu’il ne pense est son slogan favori. On comprend que la population de Rossum se soit attachée à ce prêtre dévoué et serviable. Ses 40 ans de sacerdoce en 1997 sont l’occasion d’une belle manifestation de foi et de sentiments d’amitié. il bénéficie d’un pèlerinage en Terre Sainte. La maison de ses parents lui tient à cœur, il s’y rend le dimanche après-midi, élargissant ses relations aux jeunes générations des nièces, neveux, petits neveux et petites nièces. Il aime la nature et entendre le son des cloches du village. il a encore beaucoup de projets en tête quand, de façon tout à fait inattendue, il prend congé de sa paroisse, succombant à une crise cardiaque, le ler juin 1999. Ses funérailles sont célébrées le 5 juin suivant. Il est inhumé au cimetière de Rossum. Page : 56/56

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomptions, Nécrologie (VIII) 1998-1999, 1999, p.116-118. De Schakel, juli 1999, p. 158-168. Situation au Congo d’après une correspondance du 24 mars 1961, publiée dans Lettre à la Famille, juillet-aout 1961, n° 317, p.114. D’après les ACR, le P. Henk Thijert a donné plusieurs articles à la revue De Schakel depuis le poste mission de Biambwe (1964-1965).