Rémy (Charles-Augustin) COMMUN – 1845-1903

Appréciations.
« Vous me demandez par l’entremise du Frère Boulet ma manière de voir
chacun des enfants qui composent l’alumnat de Nice. L’appréciation varie
selon le point de vue où l’on se place et le but que l’on veut atteindre.
Si on regarde la santé et les facilités ou aptitudes, il y en a plusieurs
parmi ceux qui doivent rester qui n’ont pas ces conditions. Ainsi le petit
Florentin Delabastide a un poumon attaqué, mais c’est un enfant distingué
et très pieux. Le pauvre Jacques Millo a une bonne santé mais fera un bon
prêtre séculier. Charles Bonnel est intelligent mais encore un peu
indolent. La question est de savoir s’il ne faut conserver que les sujets
hors ligne ou s’il faut travailler les terrains un
peu ingrats, mais peut -être fertiles par la suite. Vous le savez bien mon
Père: les plus savants ne sont pas toujours les meilleurs prêtres ou
religieux! Pons est admis à Alès. Alexandre et Jean Millo au Vigan. En
résumé, ce n’est pas parfait, mais il n’y a pas non plus de grands sujets
de plainte. Une pensionnaire des R.A. vient de mourir et la rougeole ne
veut pas qu ter leur maison ».
Abbé Rémy au P. d’Alzon, Nice, 4.12.1876 ,1876.

Religieux français.

Un postulant-novice sur les chantiers.

Charles-Augustin Commun est né le 28 avril 1845 à Warmeriville (Marne) au diocèse de Reims où il suit les cours du petit et du grand séminaire. Il est ordonné prêtre à Reims à la fête de la Trinité de l’année 1870, le 12 juin. Il entre comme postulant au noviciat de Paris en 1876 où l’accueille le P. Picard. Comme il est déjà prêtre, on a besoin de lui à Nice (Pâques 1876). Le 28 mai 1877, le P. Picard l’admet à la prise d’habit en notant: « L’abbé Commun n’a pas pu faire un postulat en règle, mais l’année passée à Nice et le mois 112 de postulat réel peuvent suffire. Le P. Alexis [Dumazer] estimait beaucoup ce bon Père, les Religieuses de l’Assomption l’ont aussi en grande estime et les enfants l’aiment beaucoup. Je crois qu’on peut l’admettre à la prise d’habit ». Le P. Picard, supérieur provincial à Paris, maître des novices également, peut observer de près ce novice un peu particulier quand, sous le nom de P. Rémy, l’abbé Charles-Augustin vient faire son temps de noviciat réglementaire à Paris (1878-1879)… où il est surtout occupé par les travaux d’aménagement de la maison de Sèvres! « C’est un excellent prêtre qui a beaucoup d’aptitudes pour les occupations matérielles, les surveillances de travaux, l’économat, les constructions et les achats. Sa santé est déplorable, il souffre d’une maladie du foie et se ronge. Il n’est pas expansif, parfois ombrageux et broie du noir, mais son caractère est bon quand il se porte bien ». Ce rapport un peu expéditif ouvre cependant au P. Rémy la porte de la profession perpétuelle, faite le 3 octobre 1879.

Un supérieur-fondateur d’alumnats.

Au lendemain de sa profession,

il est déjà désigné comme supérieur pour la fondation de l’alumnat de Mauville (Pas-de-Calais) avec douze alumnistes emmenés de Clairmarais. La maison n’est pas pauvre, mais vieille et délabrée. Plus d’une fois la toiture est emportée par des rafales de vent et le matin on se réveille avec deux doigts de neige sur les couvertures des lits. Le P. Rémy est un homme austère, énergique, maladif aussi et légèrement excentrique. Ne s’avise-t-il pas de faire entrer les alumnistes dans un four d’où ils sortent noirs comme des ramoneurs, sous prétexte de les distraire à peu de frais? De Mauville où il reste de 1879 à 1883, le P. Rémy passe supérieur à Notre-Dame des Châteaux (Savoie) de 1883 à 1886. Le travail n’y manque pas: « Nous avons des monceaux de neige. Nous avons fait des tranchées dans la cour, c’est amusant pour jouer à barres cachées mais peu commode pour les transports. Samedi dernier on n’a pu aller à Beaufort qu’à cheval. L’ordre et la tranquillité règnent dans la maison depuis que les Sœurs sont parties. La lingerie est trois fois mieux tenue, nous avons même une machine à coudre. J’ai fait un escalier qui va de la lampisterie à la cuisine, de sorte que maintenant sans sortir on peut aller dans toute la maison. A la place de la petite baraque en bois pour le porc, il y a une magnifique écurie en pierres de 17 m. de long sur 6 de largeur. J’ai échangé une portion de bois avec Vaucier, une pointe qui pénétrait sur nous. Je lui ai donné à la place un numéro tout au bout de notre propriété en allant sur La Pierre. Nous avons commencé un chemin de ronde pour le chariot. Le noviciat des Frères prospère et augmente, ils sont 20 sans compter Claudet. Après ces travaux d’Hercule, le P. Rémy est encore le fondateur de la maison de Villecomtesse dans l’Yonne de 1887 à 1894. jusqu’en 1903, il se consacre à l’animation spirituelle depuis la chapelle de la rue François 1er. Il veut se rendre utile jusqu’à épuisement. Il décède à 58 ans, le 19 janvier 1903 à Aulnay-lès-Bondy, près de Paris où, depuis la dispersion, il exerce les fonctions d’aumônier chez les Sœurs du protectorat de Saint-Joseph. Il y est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption 1903, n° 76, p. 52-53. Souvenirs, 1903, n° 13, p. 49. Lettres d’Alzon, t. XIII (1996), p. 442. Lettre du P. Rémy Commun au P. Paul-François, 21 décembre 1884. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. On n’a conservé aux ACR que quelques correspondances du P. Rémy Commun aux plus anciens Religieux de l’Assomption: PP. d’Alzon, Picard, Alexis Dumazer et E. Bailly (1876-1889). Sont conservées également neuf lettres du P. d’Alzon au P. Rémy.