Remy-Emile DESOMER – 1874-1904

Faire-part.
« La maison d’études est frappée d’un nouveau deuil. Le F. Remy-Emile
Desomer vient de s’éteindre à la chapelle
Saint-Joseph, après avoir souffert une année à peine du mal qui a emporté
le F. Maixent [Pruvost] et le F. Gérald [de Mul]. Robuste et déjà avancé en
âge -il avait dépassé la trentaine –on pouvait croire un moment qu’il
résisterait à la maladie en
dépit des symptômes alarmants qui se déclaraient dès le mois de juillet.
Sur la Côte d’Azur où il était allé se reposer, sa santé déjà si ébranlée
baissa rapidement. Il reçut, il y a quelques jours, les derniers Sacrements
et fit le sacrifice de sa vie avec une simplicité admirable. Il rendit son
âme à Dieu en pleine connaissance le samedi 13 février à 10 heures du
matin. C’était un religieux très
dévoué et très édifiant, qui savait en toutes choses se remettre au bon
plaisir de Dieu. Il avait surtout un grand désir de travailler à la
conversion des pécheurs: du haut du ciel il protégera les persécutés».
P. Pierre-Fourier Merklen, Louvain, le 18 février 1904.

Remy-Emile DESOMER

1874-1904

Religieux Français.

Du sabre à la plume.

Remy-Emile Desomer est né à Hondschoote (Nord). Vers l’âge de 11 ans, il entend un premier appel pour le sacerdoce, mais diverses circonstances de famille l’empêchent de correspondre à ce choix du cœur. Après ses études primaires, il est placé comme domestique au collège de Merville, accomplit son temps de service militaire à Dunkerque et devient représentant d’une maison de commerce. C’est le curé de la paroisse de Templeuve (Nord), l’abbé Carlier, qui lui fait connaître la maison des vocations tardives de Montfort (Yonne) où il étudie de 1898 à 1900. Très actif, laborieux, ne perdant jamais une minute, il peut se livrer d’arrache pied au régime de la vie scolaire à laquelle son passé ne lui a pas donné droit. Il sait mettre aussi de l’ardeur au travail manuel, dans les travaux agricoles de la propriété. On admire sa ,robustesse et son énergie qui lui permettent de se lever matin pour aller, aux temps de la fenaison et de la moisson, faucher les surfaces vertes et cultivées dont les revenus font vivre la maison. Son esprit d’initiative est apprécié, comme son expérience acquise longuement dans la pratique commerciale. De sa belle voix de basse, il soutient la schola, n’oubliant pas qu’il a fait partie d’une fanfare municipale, s’adapte au plain-chant et rend de nombreux services aux paroisses environnantes. Il a plus de 30 ans quand il vient frapper à la porte du noviciat des Frères convers à Gemert (Hollande). Le 18 septembre 1900, il prend l’habit à Gemert.

Au plaisir de Dieu.

Son temps de noviciat accompli, il prononce ses premiers vœux l’année suivante (1901) et entreprend le parcours des études philosophiques à Louvain,

sous la direction du P. Merkien. Il prononce ses vœux perpétuels le 28 septembre 1902 et commence son parcours vers le sacerdoce. Mais en juin 1903, il tombe malade, atteint par la tuberculose. Le 30 juin, il est envoyé, sur prescription médicale, à la maison de Gempe (Belgique), petite solitude à la campagne, près de Louvain. Le calme, l’air pur, le repos ne manquent pas de lui faire du bien. Cette vie d’inaction lui pèse un peu et il se reproche à lui- même de rester allongé sur une chaise longue, enveloppé dans une couverture des journées entières. L’annonce de son appel aux premiers ordres de la cléricature le remplit de joie. Le 24 juillet 1903, il peut rentrer à Louvain et, deux jours après, le 26, il reçoit la tonsure et les trois ordres mineurs du lectorat, de l’acolytat et de l’exorcisme. Ce n’est pas sans fièvre qu’il attend le jour espéré de son ordination. Mais la maladie le précède sur ce calendrier de l’avancement aux Ordres. Il est envoyé en novembre 1903 à la maison de Menton (Alpes-Maritimes) pour bénéficier du climat méditerranéen. Le 28 décembre 1903, le P. Eloi Genoux, supérieur de Menton écrit au P. Emmanuel Bailly: «Le Frère Remy-Emile s’affaiblit de plus en plus: la tuberculose des intestins se développe chaque jour. Le pauvre patient n’est plus qu’un squelette. Il me charge de vous dire qu’il accepte de bon cœur la volonté de Dieu et qu’il offre ses souffrances et sa vie pour vous ». Désormais les jours du Frère Remy-Emile sont comptés. Il meurt le 13 février 1904. Ses derniers moments sont évoqués par le P. Eloi au P. Achille Vandepitte, dans une lettre de Menton, datée du 14 février: « Le télégramme du P. Reynaud vous a appris la mort du Frère Remy-Emile. C’est hier matin, samedi, sous les auspices de la Vierge Marie que le cher défunt a rendu son dernier soupir. Vous connaissez l’âme généreuse du Frère. Il n’avait qu’une ambition, se dévouer à Notre-Seigneur ». Le Frère est inhumé au cimetière de Roquebrune, situé à flanc de colline, au-dessus de la commune de Menton et du Cap Martin.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Souvenirs 1904, n° 24, p. 125. L’Assomption, 1904, n° 87, p. 43-44. Circulaire du P. Merklen, Louvain, 18 février 1904. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Notices Biographiques