Renaud (Jean-Baptiste) BURDIN – 1881-1964

Témoignage.

« Le bon Père Renaud est notre aumônier depuis 13 ans. C’est un vrai et
saint religieux, d’une régularité parfaite et exemplaire, toujours levé à 5
heures du matin, ponctuel, discret, disponible à tout ce qu’on lui demande
et à tous les changements d’horaires. Il prépare consciencieusement sa
messe, son office, les disant avec recueillement.

S’il doit chanter la messe, il réclame toujours la musique pour les
intonations et les répète la veille au soir dans sa chambre. Il est
remarquablement soigneux, méticuleux même, a toujours son bureau en ordre,
ne laissant rien traîner et surveillant ses vêtements pour les faire
raccommoder à temps. Jusqu’à 80 ans, il
apprend par cœur ses sermons du dimanche et c’est un rude travail pour sa
pauvre mémoire. Les dernières années seulement il consent à les 1ire. Les
quelques personnes et familles amies qu’il fréquente gardent un souvenir
touchant de ses visites et de son amabilité. Il se plaît à parler souvent
de son séjour dans les missions d’Orient. Jamais il ne se plaint et pendant
des années je n’ai pas su ce qu’il préfère dans nos modestes repas ».

Sœur M. Saint-Claude, P.S.A.,
1964.

Religieux de la Province de Lyon, économe provincial (1938-1951).

Un savoyard de la Maurienne.

Né le 11 avril 1881 à Lanslebourg au pied du Mont-Cenis, Jean-Baptiste, après la communale, se rend à l’alumnat de grammaire de Notre- Dame des Châteaux (Savoie) de 1892 à 1895, puis à l’alumnat d’humanités de Brian (Drôme) de 1895 à 1897. Il prend l’habit à Livry le 8 septembre 1897 et le nom de Frère Renaud. Il y prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1898, ses vœux perpétuels l’année suivante à la même date mais à Jérusalem: « Frère Renaud, un bon novice un peu timide, excellent esprit, sérieux, intelligent, appliqué. On peut lui donner des charges de confiance, il s’en acquitte avec fidélité et dévouement » note le P. Ernest Baudouy. Ce sont ensuite les années d’études de la philosophie à Jérusalem (1899-1901). Le Fr. Renaud fait ses premières armes dans l’enseignement à Eski-Chéir en Turquie (1901- 1904). Il retourne aux études pour la théologie à Kadi-Keuï (1904-1903), à Phanaraki (1905- 1906) et à Jérusalem (1906-1907) où il est ordonné prêtre le 8 mai 1907 par Mgr. Camassei. Il est envoyé comme professeur au collège de Worcester aux U.S.A. (1907-1912) puis à Locarno en Suisse (1912-1914) où le surprend la guerre.

Le lourd tribut des années de guerre.

Mobilisé en août 1914 à Modane, le P. Renaud, après de courts séjours à Chambéry et Donzère (Drôme), monte au front d’Artois (1914-1915). Malade et blessé, il est hospitalisé à l’arrière dans l’Orne et la Mayenne (1915-1916) puis il est de nouveau affecté à des casernes de dépôt: Chambéry, Donzère avant d’être envoyé au front (1917-1918) dans les Vosges, la Champagne et l’Aisne, accomplissant au total plus de quatre années de service actif.

A la Mission d’Orient, à nouveau et retour en France.

Rendu à la vie civile, il est à nouveau envoyé en service dans la mission d’Orient, ;à l’alumnat de Karagatch (Turquie) comme professeur de 1919 à 1923 et comme supérieur de 1923 à 1924. Il passe à Haidar-Pacha, sur la rive asiatique d’Istanbul (1924-1935). Il rentre alors en France prendre les rênes de la communauté de Menton-Carnolès (Alpes-Maritimes) de 1935 à 1938. Le P. Maximilien Malvy, nouveau Provincial de Lyon en 1938 lui confie l’économat (1938- 1951). De 1951 à 1964, il assure le service de l’aumônerie de la communauté des Petites-Sœurs de l’Assomption à Firminy (Loire).

Jubilé des fêtes de dimant de vie religieuse.

En octobre 1969, le P. Renaud fête ses 60 ans de vie religieuse. Il écrit: « Laissons à Dieu le soin de réaliser votre souhait ‘ad multos annos, s’il le juge bon. Quand on arrive à cet âge, on ne peut oublier que 1.heure approche où il faudra répondre à l’appel du Divin Maître et songer dès lors plus sérieusement que jamais à se préparer à cette divine rencontre. On est heureux de pouvoir compter sur l’aide que nous apportent les ferventes prières de ses frères. Que les jours qu’il plaira à Dieu de me donner encore en ce monde soient de mieux en mieux employés à son service. Merci pour l’image du pape Jean XXIII. J’aime tout particulièrement notre Pape actuel parce que j’ai eu l’occasion d’approcher souvent de lui lorsqu’ïl était en Turquie et d’apprécier sa bonté et son affabilité ».

Le dimanche 10 mai 1964, ne pouvant plus assurer son service d’aumônerie, le P. Renaud est conduit en voiture à Lorgues (Var) où il est heureux de retrouver des ‘vétérans’ de la Mission d’Orient. Mais le temps des retrouvailles est court: le mercredi 13 mai, frappé d’une attaque qui le paralyse et le laisse sans voix, le P. Renaud doit être hospitalisé et le dimanche 25 mai, fête de la Sainte Trinité, il meurt à 83 ans. Il est inhumé à Lorgues.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1965, p. 78. Lettre à la Famille 1964, n° , p. 638-639. Rhin-Guinée, juillet-août 1964, n° 54, p. 4-6. Le P. Renaud a laissé dans les archives de Rome une correspondance assez copieuse, entre 1904 et 1962, ainsi que des rapports sur Carnolès (1935-1938) et sur Firminy (1962).