René-Dominique HELAOUET – 1924-1982

Témoignage.
«Le passage à Melle e du P. René Hélaouët a été marquant pour la
communauté. Il venait régulièrement partager avec nous, lui, faisant la
découverte d’un apostolat paroissial, après de longues années de présence
dans les collèges, nous, vivant une sorte de mutation au lendemain de
Vatican II. Son aide était discrète, très respectueuse de la personne en
son originalité. Il se défendait d’être un maître spirituel, il se voulait
‘frère’ cheminant avec. Courageusement sincère, il savait quand il le
fallait, remettre les rêveurs face au sérieux de la vie profane, face au
quotidien réel. Mais il était prompt aussi à accueillir l’expérience de
ceux avec qui
il échangeait, prompt à y reconnaître la part de vérité qui lui manquait ou
étayait sa propre recherche, il aimait les jeunes, essayant de comprendre
leur contestation, leur remise en question de cette société agitée de 1968.
Parfois il revenait du Lycée un peu las, après l’assaut âpre et répété de
ces démolisseurs assoiffés d’une liberté sans mesure, blasés, déçus, qui
rêvaient pourtant d’un mode neuf. Alors il appréciait de pouvoir réfléchir
avec les membres de l’A.C.O., nous assurant que cette réflexion avec les
foyers lui était vitale
».

Religieux de la Province de France.

Au service de la jeunesse.

Né le 11 avril 1924 à Quimper (Finistère), René- Dominique Hélaouët fait ses études secondaires à Saint-Maur (Maine-et-Loire) de 1936 à 1939, puis à Blou dans le même département (1939-1942), avant d’entrer au noviciat de l’Assomption à Pont-l’Abbé- d’Arnoult (Charente-Maritime) où il prend l’habit le 3 octobre 1942, sous le nom de Frère René- Dominique, et prononce ses premiers vœux le 4 octobre 1943. Il fait ses études de philosophie à Layrac (Lot-et-Garonne), de 1943 à 1945, où il revient, après une année d’œuvre à Cahuzac (Gers) pour la théologie (1946-1950). Profès perpétuel le 4 octobre 1947, il est ordonné prêtre le 4 mars 1950. Le Père René est professeur à l’école Sainte-Barbe de Toulouse (Haute-Garonne), de 1950 à 1954, puis au collège Jeanne d’Arc de Tarbes (Hautes- Pyrénées), de 1954 à 1965. Viennent ensuite quatre années dans une aumônerie au lycée de Melle (Deux-Sèvres), de 1965 à 1969. C’est là sans doute que le P. René consacre le meilleur de lui-même aux jeunes du Lycée, mais son zèle apostolique s’étend aussi à divers mouvements d’action catholique d’adultes qu’il accompagne, stimule et bouscule par fidélité à l’Evangile. Après quoi, le P. René doit se reposer un an dans sa famille. Il revient à Pont- l’Abbé d’Arnoult comme aumônier scolaire durant un an (1970-1971), puis il est chargé de la catéchèse au lycée agricole de Kerbernès (Finistère), près de Quimper. Nommé à Saint-Maur en septembre 1977, il n’y reste qu’un an. De nouveau malade, il retourne dans sa famille durant l’été 1978. Peu à peu ses forces déclinent et le réduisent à l’immobilité. Il meurt à Quimper-Penhars, le 2 mai 1982, au matin, à l’âge de 58 ans. Ses obsèques sont célébrées dans sa ville natale, le 4 mai, présidées par l’abbé Bescond, recteur de Penhars.

Une belle liturgie, introduite par le P. Joseph Henry qui, après avoir passé 8 ans à Kerbernès, connaissait bien le P. René et sa famille, regroupe des parents, amis de Quimper, Plomelin et de Kerbernès. L’abbé Bescond qui a été durant 4 ans le confident du P. René, prononce l’homélie. Une célébration-souvenir est faite à la mémoire du P. René dans la chapelle de l’hôpital de Melle, le samedi 15 mai, où plusieurs témoignages personnels expriment les sentiments de sympathie qui dépeignent le religieux et le prêtre connu vingt ans auparavant, images de sa vie sobre, émouvante, empreinte d’un climat de foi sereine.

Chemin de dépouillement.

René a dû lutter pour consentir à ce chemin qui le menait, à travers une dépendance de plus en plus totale et une impossibilité de se mouvoir, à une remise de lui-même à Dieu. Très conscient de la gravité de son mal, il s’est avancé vers la mort, les yeux ouverts, courageusement. Mais cela ne l’empêchait pas de rester profondément humain dans sa maladie. Vers la fin surtout, il a connu des moments de lassitude devant la souffrance qui n’en finissait pas, souffrance morale surtout. Il a connu l’angoisse, la peur de devoir entrer dans la mort, dans la solitude de la nuit. Cette solitude, grâce à Dieu, lui a été épargnée dans ses derniers moments. C’est ce chemin de dépouillement et de mort, cette acceptation de se perdre, qui aura conduit René à la suite de son Maître, à une plénitude de vie. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais sïl meurt, il porte beaucoup de fruit. (1)

Rentré dans sa famille pour s’occuper de sa mère infirme, Victorine née Garguet, le P. René l’a précédée dans la ‘maison du Père’. Ses dernières années ont été un long calvaire de souffrances qu’il a portées avec une patience et un courage qui ont fait l’admiration de tous ceux qui l’ont approché.

(1) Extrait de l’homélie du recteur Bescond.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 49-51. Le Carillon (Journal paroissial de Melle), mai 1982, n° 29. Témoignage par Soeur Marie-Geneviève (Melle). A Travers la Province (Paris), mai 1982, n° 21, p. 17-19. Dans les ACR, une correspondance du P. René H4laouât au P. Gervais Quenard, 1950.