René (Jean-Auguste-René) PARIS – 1870-1954

Editeur de musique liturgique.
« Le P. Stéphane Chaboud m’a écrit pour me dire que vous désiriez être mis
au courant de l’œuvre liturgique que j’ai entreprise. Je m’ empresse de le
faire. Ni vous ni la Bonne Presse ni Desclée n’ayant osé
se charger de l’édition du manuel des Bénédictions à cause de la méthode
R.P., c’est du P. André Pruvost que finalement je reçus
l’autorisation de la faire. Cela me fut un peu marchandé puisque
l’autorisation n’a été accordée qu’à la condition sine qua non de trouver
un don et non un prêt de 20.000 francs. Je ne pus m’empêcher d’y voir autre
chose qu’un refus présenté aimablement. La Providence veillait et, d’une
façon miraculeuse, j’ai trouvé
le don auprès des Petites Sœurs de l’Assomption. L’ouvrage tiré à 20.000
ex. chez Desclée me coûte en feuille 44.088 f., la reliure ne se fait que
sur commande. A moi seul, à ce jour, j’ai vendu
6818 exemplaires. J’en ai fourni à la Bonne Presse
2.977, mais j’ignore ce qu’elle a vendu. Pour l’instant j’ai réalisé un
bénéfice de 26.000 f. On me demande d’entreprendre la publication d’un
Paroissien complet.
L’Assomption pourrait prendre rang dans l’œuvre de diffusion du chant
grégorien ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Un professeur. Jean-Auguste-René Paris est né le 4 avril 1870 à Paris. Il connaît plusieurs établissements scolaires parisiens, les collèges Sainte-Marie et Stanislas (1879-1882), Sainte-Croix au Mans (1882-1887), les collèges Jésuites de la rue de Vaugirard (1887- 1888) et de la rue des Postes (1888-1889). Le 24 octobre 1889, il prend l’habit religieux à l’abbaye de Livry (Seine-Saint-Denis), sous le nom de Frère René. Son noviciat se poursuit à Phanaraki (Turquie) où il prononce ses vœux perpétuels le 24 octobre 1891. Il étudie et enseigne à Phanaraki (1891-1896). Il est ordonné prêtre à Kadi-Keuï le 10 août 1896. On l’envoie enseigner à la maison d’études de Notre-Dame de France à Jérusalem (1896-1900), puis à Louvain (1900-1901). Il est désigné ensuite pour la mission des OEuvres de Mer comme aumônier du bateau Saint-François (1902). Il fréquente l’Institut catholique de Lille (Nord), comme étudiant de 1902 à 1903, passe deux ans à Paris, toujours comme étudiant à l’Institut catholique (1904-1906), avant de retrouver l’enseignement en Orient, au collège Saint-Augustin de Philippopoli (1906-1919), sauf pendant la guerre (1916-1918) durant laquelle il sert comme infirmier radiographe à la Croix-Rouge. Esprit clair, positif, doué d’un don de simplification qui lui fait ramener toutes choses à l’essentiel, préoccupé d’être compris par les derniers de sa classe, le P. René possède une sorte de génie inventif pour illustrer ses leçons de façon inattendue et de façon la plus suggestive. Il est vraiment professeur dans l’âme. Il ai-rive d’ailleurs à passionner ses élèves pour les matières les plus arides dont la chimie et à les intéresser aux questions les plus abstraites comme celles des dogmes. Il est encore professeur au scolasticat de Taintegnies en Belgique de 1919 à 1923. A.A Après avoir été longtemps enseignant, on lui demande d’être formateur de professeurs. C’est dans ce but qu’il est envoyé à Phanaraki (Turquie) en 1923. La redistribution de la Congrégation en Provinces, son option adoptée pour la Province de Paris le font désigner comme curé de la paroisse parisienne Saint-Christophe de Javel. Le professeur devient directeur de patronages (1924-1930). Il connaît encore une autre structure scolaire, au collège de Pontlevoy (Eure-et-Loir), en 1930, puis le collège de Sens (Yonne) en 1931. A partir de 1932, il retrouve la paroisse de Javel. Un artiste. Les goûts artistiques du P. René se sont déployés principalement sur le plan du chant sacré. Il réussit à transporter les neumes du plain-chant sur une portée de musique à cinq lignes, avec la clé de sol, sans accident à la clé. Personne avant lui n’y a songé. On trouve son procédé à la fois simple et pratique, de là le succès de son fameux Manuel édité une première fois en 1920. Il réédite la formule en remplaçant également les traditionnels neumes par des signes conventionnels pour la mélodie des psaumes, le Vespéral neumatique, édité en 1928. Enfin le Missel grégorien, édité en 1933, complète cette révolution dans l’écriture du plain-chant adopté ainsi par les plus modestes chorales qui trouvent un instrument approprié de lecture facile. Religieux de joyeuse compagnie, très habile comédien à l’époque de sa jeunesse étudiante, le P. René Paris est tout naturellement musicien. Les Oblates de Hollande lui doivent une prédication originale, donnée sous forme de séances de marionnettes. Toujours animateur, serviable, il se trouve au moment de l’exode de 1940 dans une colonie de filles de la paroisse de Javel, au Monteil-au-Vicomte (Creuse). Il l’ouvre à l’afflux des réfugiés qui y trouvent un temporaire refuge providentiel. En 1951, de Javel, il passe à l’alumnat de Soisy-sur-Seine (Essonne). Il est terrassé à partir de novembre 1954 par une pleurésie purulente. Conduit à l’hôpital parisien de Notre-Dame de Bon-Secours, il y meurt le 11 décembre. Les obsèques sont célébrées à la paroisse de Javel le 14 décembre en l’église Saint-Christophe. Il est inhumé dans le caveau de l’Assomption au cimetière Montparnasse (tombe Bailly), aux côtés du Frère Léon Vallette, décédé deux mois plus tôt, son ancien compagnon de Javel.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1955, p. 109. Lettre à la Famille 1955, n° 186, p. 69-72, 89. Le Passeur (paroisse Saint-Christophe de Javel), janvier 1955, n° 51, p. 4-5. Note du P. René Paris, non datée, au Supérieur Général de l’Assomption [Joseph Maubon]. Dans les ACR, du P. René Paris, correspondances (1889-1950). Le P. René Paris est l’auteur très connu d’une méthode de lecture du chant grégorien en clé de sol. Il a édité plusieurs livres liturgiques dont le Manuel des Bénédictions et processions du Saint-Sacrement, la Méthode d’harmonie grégorienne pour les séminaires. Notices Biographiques