René LALANNE – 1913-1991

Villefranche-du-Périgord
(Gers).
La suppression de la maison de Cavalerie (1966) conduit à l’abandon du
secteur pastoral desservi par les religieux aux alentours de l’alumnat. Sur
proposition de l’évêque de Périgueux, Mgr Jacques Patria, un secteur
pastoral en milieu rural est pris en charge par l’Assomption dans
l’archevêché d’Auch, ayant Villefranche-du-Périgord
(Gers) pour centre, chef?lieu de canton de 877 habitants, à
23 km au nord du secteur de Fumel (Lot-et-Garonne). Les paroisses ou lieux
à desservir sont en outre Besse (246 h.), Loubéjac (349 h.), Mazerolles
(443 h.), Saint-Cernin de l’Herm (315h.), Lavaur
(151h.), soit un total de 2.341 habitants sur un rayon de 7 km. Le
presbytère de Villefranche se compose, en plus des communs, de 6 chambres à
l’étage, avec un garage, un jardin et une salle de catéchisme. Le P. Guinal
Hascouët reçoit la responsabilité du groupe des 4 religieux nommés. La
communauté est érigée en maison autonome en
novembre 1967. Une s?ur du P. François Bernard, rédacteur à La Croix, Mme
Hayter, habite le château voisin de Sermet et facilite l’insertion
des religieux. L’Assomption se retire du secteur en 1999.

Religieux de la Province de France.

Curriculum vitae.

René Lalannç est né le 10 avril 1913 à Sainte- Gemme (Gers), dans une famille d’agriculteurs. Il fait partie de la J.A.C., est brancardier à Lourdes, exploite une propriété jusqu’en 1939. Appelé sous les drapeaux, il est fait prisonnier et travaille, cinq ans durant, dans une ferme en Autriche. C’est là, semble-t-il, que mûrit sa vocation religieuse. Il prend l’habit le 18 mars 1947 au noviciat de Pont- l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime) et fait profession le 19 mars 1948. Il y reste ensuite comme responsable de la ferme. Son supérieur, le P. André Tournellec, écrit de lui en 1951: « Le Frère René a sur ses frères une forte influence par sa patience, son humilité et son dévouement ». Le Frère René est profès perpétuel le 19 mars 1931. En 1958, il est nommé à la maison des vocations tardives de Blou (Maine-et-Loire) qui va bientôt changer d’orientation et il y exploite la ferme pendant deux ans. En 1960, il arrive à l’alumnat de Cavalerie (Dordogne) où il continue à travailler à la ferme jusqu’à la fermeture de la maison en 1966. A l’automne 1966 s’ouvre la communauté de Villefranche-du-Périgord (Gers). Elle est composée de trois Pères, Guinal Hascouet, Mélaine Le Menthéour et Ronan Guéguen, qui desservent une douzaine de clochers, et du Frère René qui, pendant 23 ans, est le bon serviteur, souriant, humble et silencieux. La communauté se trouve implantée dans le Périgord dit Noir (l’adjectif ‘noir’ ne signifie nullement que cette région est triste!), aux vallonnements boisés où champignons et châtaignes comptent pour beaucoup dans les revenus des paysans. La population est très clairsemée, à peine 13 habitants au km2. Quant au presbytère, il est aussi misérable que celui du Curé d’Ars! Au cours de l’été 1989, le Frère René est opéré du colon.

Il rejoint la maison de repos de Layrac (Lot-et-Garonne) où il meurt sans bruit dans la nuit du 2 au 3 juin 1991. Ses obsèques sont célébrées le 5 juin suivant.

Témoignages sur le Frère René.

« Ne disposant plus que d’un petit carré de terre, le Frère René devient naturellement l’homme à tout faire: cuisine, ménage, mécanique, jardin et le reste… On a besoin de lui partout. Faut-il filer à la gare, dépanner une voiture, ajouter un couvert? René est toujours là, disponible. J’aime à croire qu’il a trouvé sa place dans ce passage de l’Evangile où l’officier romain dit, parlant de ses subordonnés: ‘je dis à l’un, va et il va; à un autre, viens et il vient; à mon esclave, fais ceci et il le fait’. Fidèle aux exercices de la communauté, premier levé, le Frère René nous attend pour la prière du matin: office, méditation et messe, ayant déjà mis en route la cafetière. Et le soir, s’il vous arrive de pousser la porte de la cuisine ou de la salle à manger à une heure plus tardive, vous risquez de le surprendre, seul dans le noir, égrenant son chapelet. Peut-être comme celui-là qui reconnaissait avoir plus de peine à parier de ses frères qu’à prier pour eux; plus de peine aussi, peut-être, à s’arrêter pour parier avec les gens qu’il rencontre tous les jours dans la rue qu’à les gratifier d’un bon sourire devenu légendaire. Plus d’un le prennent pour le domestique du presbytère. Il le sait sans doute, mais ne paraît pas s’en offusquer: il est là pour servir, c’est sa vocation, sa façon de témoigner. Les habitants de Villefranche se souviendront longtemps de son sourire. Les familles, les hôtes qu’il nous arrive de recevoir se souviendront de son accueil à la fois aimable et discret. Et les religieux qui ont vécu avec lui dans cette communauté se souviendront longtemps de son dévouement à leur service. Sa famille religieuse peut lui dire… » (1). Autre parole d’estime consonante sur le Frère René, celle du P. Raphaël Le Gleuher: « je rends grâce pour la vie du Frère René, serviteur humble, discret et souriant… ».

(1) Extrait de l’homélie du P. Michaél Le Bec pour les obsèques du Frère René Lalanne.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 20-21. Assomption-France, Nécrologie, année 1991, p. 207-209. Dossier Villefranche-du-Périgord (ACR).