René LE BOULLEC – 1924-1976

Méditation.

« Il y a quelque chose de beaucoup plus important que les yeux, c’est le
regard, Je me demande si l’une des manières
1es plus vraies pour nous de vénérer Marie Immaculée ne consisterait pas à
changer de regard. Le regard est toujours le ref1et du c?ur. Le regard est
ce qu’est le c?ur. Il y a dans le regard ce qu’il y a dans le c?ur.
J’aimerais avoir le temps de vous dire tout ce que je lis et que je lis
très imparfaitement, pour ma part, dans le regard de ses yeux bleus: dans
le regard dont elle regarde Dieu, Jésus; dans le regard dont elle regarde
ses semblables, dans le regard dont elle regarde le monde, la vie,
l’Eglise, dans le regard dont elle se regarde elle- même, dans le regard de
sa foi, dans le regard de son espérance, dans le regard de son amour. C’est
une découverte que vous pouvez, que vous devez faire vous- mêmes, pour peu
que vous ayez le souci de la conversion du c?ur, en la contemplant, en
l’écoutant à travers l’Evangile, en profitant de l’expérience
que vous avez d’elle du fait de vos pèlerinages à la Grotte de Lourdes ».

P. René Le Boullec, homélie du 8 décembre 1975.

Religieux de la Province de Bordeaux, transféré aux O.C.F., assistant provincial (1973).

De la lande bretonne.

René Le Boullec, deuxième enfant d’une famille qui en comptera huit, est né ‘Aux Saints’, petit hameau de cinq fermes, situé à 1 km 5 de Granchamp (Morbihan). Ses parents exploitent une petite propriété agricole. Elevé dans la foi et la pauvreté, René ressent très tôt l’appel à la vie sacerdotale. À l’école, il aime le jeu et le rire. C’est le prêtre ou recteur de sa paroisse qui lui fait connaître la maison de vocations tardives de Blou (Maine-et- Loire), de 1938 à 1942, et l’alumnat de Saint-Maur (1939-1944) et, à nouveau, Blou (1942-1944). Intelligent, studieux, lui qui ne connaît que le breton, rattrape son retard et réussit son baccalauréat. Il entre au noviciat à Pont-l’Abbé- d’Arnoult (Charente-Maritime) où il prend l’habit le 8 décembre 1944. Il prononce ses premiers v?ux le 9 décembre 1943. Il arrive alors à Layrac (Lot-et- Garonne) pour ses études de philosophie (1945- 1948) et de théologie (1948-1952). Profès perpétuel le 8 décembre 1949 à Layrac, il est ordonné prêtre le 8 mars 1952 dans la chapelle du collège Saint- Caprais en Agen. On remarque chez lui ardeur pour sa formation religieuse, sérieux dans les études, goût pour les sports. Il s’intéresse à l’évolution des années d’après-guerre. Le souci de ce que vivent les gens, le besoin d’être simple et direct s’affinent pour donner à sa parole, à sa plume et à son action cette manière bien à lui qui accroche l’attention.

Premières armes, renouveau.

Le P. René est nommé professeur de troisième à l’alumnat de Cavalerie (Dordogne). Son entrain, le sérieux de son travail et cette faculté de communication avec les autres lui attirent la sympathie de ses confrères.

En 1955, il est désigné comme supérieur de l’alumnat de Saint-Maur où il a fait une partie de ses études secondaires. Il entend donner à l’abbaye et à la formation des jeunes une plus grande ouverture. Il accueille l’équipe de football du S.C.O. d’Angers et n’hésite pas à chausser les crampons avec les élèves pour disputer des parties mémorables. Il se montre prêt à l’écoute et attentif aux besoins des jeunes. Animateur des pèlerinages à Notre-Dame de Salut. En 1958, le P. Gervais Quenard le nomme Directeur de l’Association Notre-Dame de Salut. Dans son premier éditorial du Trait d’Union, il annonce clairement le but qu’il se propose de suivre: travailler avec un nouvel élan d’optimisme, prier, témoigner, agir ensemble dans l’unité. D’entrée, il prend connaissance de l’ensemble complexe que constitue l’Association. Il montre sa clairvoyance, sa ténacité, sa diplomatie, son dynamisme. En 1960, ses supérieurs lui confient la direction du Pèlerinage national et de l’Hospitalité Notre-Dame de Salut. Il inaugure ses nouvelles fonctions pour le 87ème National (1970). Mgr Théas, à cette occasion, salue le P. Le Boulice qui, nouvel Elisée, a reçu le manteau sur ses épaules le manteau d’Erie et l’esprit si pastoral de son prédécesseur, le cher P. Régis [Escoubas] qui va l’initier aux belles et difficiles fonctions de directeur de Pèlerinage. Désormais la vie du P. René va se confondre avec celle du National, sans oublier les autres pèlerinages et croisières ‘Sur les pas de saint Paul’. Plus que jamais, il est à l’écoute des besoins de son temps qu’il ressent avec profondeur. Il suit de près le renouveau demandé par le Concile de Vatican II et les thèmes abordés par l’épiscopat français. Au fil des années, il y puise les thèmes du National, s’ingéniant à faire évoluer les esprits et les pratiques, tout en s’efforçant de les imprégner de la sève évangélique. Il sait approfondir et présenter le message de conversion transmis à Bernadette, en l’harmonisant avec celui du thème retenu. Dès le début, il se préoccupe de la place des jeunes dans le National, y suscite la participation des jeunes religieux, religieuses et laïcs pour l’animer. Il veut rester fidèle aux intuitions qui sont à l’origine de l’institution, mais aussi les rendre crédibles aux hommes de notre temps. Grâce à un esprit tonique, il sait vaincre avec tact les résistances et les inerties des traditions. Son souci de travailler en équipe et son désir d’associer des laïcs à la préparation et au déroulement du National le conduisent à former des groupes d’animation pour les salles d’hôpitaux, dans la mesure où le manque de prêtres se fait de plus en plus sentir. Il comprend cette évolution non comme une simple solution de secours ou de rechange, mais dans la ligne des responsabilités à développer chez tous les membres du Peuple de Dieu. Dans cet esprit, il prépare le 103ème National, prend contact avec Mgr Polge, archevêque d’Avignon, pour le présider, mais la maladie le terrasse le dimanche 18 janvier 1976. Il meurt à 53 ans d’une hémorragie interne foudroyante alors qu’une opération à la vésicule est prévue pour le lendemain. Le P. Emmanuel Brajon préside la cérémonie des obsèques à la chapelle de la rue François 1er, le jeudi 22 janvier, suivie de l’inhumation au cimetière Montparnasse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption (I) 1975-1980, p. 22-23. L’Assomption et ses (Euvres, 1976, n° 585, p; 30; n° 586, p. 20-21. Trait d’union des associés de Notre-Dame de Salut, avril-juin 1976, n° 70, 23 p. Nouvelles de la Province de France, 1976, n° 31, p. 1-2. La Croix, 24 janvier 1976, p. 10. Le Pèlerin du 1er février 1976. Voulez-Vous? (bulletin de Layrac), 1976, n° 96, p. 25. On doit au P. René Le Boullec de nombreux articles dans le Trait d’Union (N.D.S.), dans l’Echo de Saint-Maur; dans les ACR sont conservés de lui des rapports sur Saint-Maur (1955-1958), des rapports d’activité sur l’Association N.D.S. (1968-1972), de la correspondance (1955-1972).