Richard (Léo Richard) MANDEVILLE – 1932-1990

Dissentiment sur une mutation.
« J’ai parlé au P. Provincial
[Moquin] concernant votre demande de m’attirer à Rome. Il n’est pas de cet
avis, disant que nous sommes très peu de Frères ici et qu’il n’entend pas
me laisser partir. Le Supérieur par contre [P. Blanchette] a un avis
contraire: pour lui, c’est la volonté de Dieu à laquelle il faut se
soumettre. J’ai aussi cette pensée en tête depuis longtemps et je ne peux y
voir une tentation. Je prie pour que vous m’ éclairiez et me fassiez part
de votre pensée. Ma vie religieuse, j’essaie de la mener le mieux possible.
Chaque
jour je fais l’expérience de ma vocation en quelque sorte. Ces temps-ci je
passe par un temps de sécheresse et à la longue cela finit par me devenir
pénible. La prière ne me dit
pas grand’chose, mais je tiens cependant à faire mes exercices religieux.
Autant
que je m’en souvienne, chaque année, je passe par une phase semblable
depuis l’époque de ma profession. Je vous demande de prier pour moi, car
j’en ai bien besoin. Je souhaite que tout se passe bien pour vous et je
prie Dieu chaque jour en ce sens à votre intention afin que votre charge ne
soit pas trop lourde ». Richard Mondeville.

Religieux de la Province d’Amérique du Nord.

Au service des communautés U.S.A.

Léo Richard Mandeville, franco-américain, est né le 30 mai 1932 à Southbridge (U.S.A.) dans l’état du Massachusetts. Il accomplit sa formation intellectuelle dans sa ville natale, d’abord à l’école primaire Joanne of Arc (Grammar school), puis à l’école supérieure Mary Welles (cours commercial). Il prend l’habit religieux, à 21 ans, sous le nom de Frère Richard, le 29 mars 1953, au noviciat assomptionniste d’Hyattsville (Maryland). Il y prononce ses premiers vœux en tant que frère convers, le 3 avril 1954, le jour de la fête de son saint patron. Le P. Frédéric Richard, son maître de noviciat, l’estime pour son intelligence pratique et sa facilité à appréhender tous les métiers. Sans lui donner de travaux trop lourds, il conseille de l’orienter vers l’animation d’œuvres sociales et de catéchèse. Le Frère Richard prononce ses vœux perpétuels, le 19 mars 1959 à l’Assomption Preparatory School à Worcester. « La vocation du Frère Richard a été suffisamment éprouvée à Hyattsville, Saugerties et ici à Worcester pendant trois ans. Il a certaines faiblesses de tempérament et de caractère contre lesquelles il a semblé lutter avec un certain succès. Malgré de nombreuses petites épreuves, il persévère avec fermeté dans son désir de vie religieuse pour de bon ». D’après sa fiche de renseignements personnels, voici quelle est la liste de ses différentes affectations et de ses différents emplois.

en 1954, il participe à la vie du noviciat à Hyattsville.

En 1955, puis à nouveau en 1968, il fait partie de l’équipe d’encadrement au noviciat de Saugerties.

En 1960, le Frère Richard est affecté à l’ Assumtion Preparatory School, à Worcester.

Il est en outre économe de la communauté.

En 1974, il se trouve à la communauté de la résidence assomptionniste du n° 246, Salisbury Street à Worcester. Il y est particulièrement chargé des anciens du collège.

En 1977, il fait fonction de cuisinier à la maison provinciale, à New- York. En 1978, il est détaché pour le service de la Congrégation, à la maison généralice à Rome ‘Due Pini’. En 1980, il retrouve son pays natal et passe à la communauté qui a en charge la paroisse Nostra Segnora de Esperanza à New York, pour le service des Hispanos de la mégapole.

En 1985, il est à nouveau envoyé au service de la maison provinciale à New York, puis à Milton. Il y est chargé de la cuisine et de l’entretien. En 1989, il passe au centre assomptionniste de Brookline. En 1990 il retrouve Worcester, mais cette fois à Old English Road. Le Frère Richard est décédé à Worcester, le 19 mai 1990.

Un homme simple et fraternel.

« J’espère que ma lettre ne sera pas une trop grande surprise pour vous. J’espère que votre santé est bonne. Pour moi, cela va bien. Je crois que vous auriez besoin d’un bon cuisinier pour la maison de Rome. J’ai entendu dire cela et, si c’est vrai, je voudrais bien être choisi pour remplir ce poste. Cela Ihit déjà plusieurs années que je songe à aller en Europe. C’est mon grand désir et cela l’est encore davantage en sachant que c’est pour vous retrouver. Je suis en tout cas prêt à quitter ma famille et mon pays pour servir Dieu. Vous connaissez mes aptitudes. la cuisine, la sacristie, la confection de soutanes, l’entretien. J’en ai parlé à plusieurs religieux d’ici et lis M’ont dit que, si je le pense vraiment, je ferais bien de vous l’écrire. Aussi je prie Dieu tous les jours pour que votre réponse soit positive. Je demande à Dieu de vous bénir et à notre Mère du ciel de vous protéger dans l’accomplissement de votre charge ».

Lettre du Frère Richard au P. Wilfrid Dufault, septembre 1957.

Bibliographies

Bibliographie et documentation. Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 95. Lettre du Frère Richard Mandeville au P. Wilfrid Dufault, Worcester, 30 octobre 1967. Assumptionists Deceased in North America, 1995, p. 15. Dans les ACR, du Frère Richard Mandeville, trois correspondances (1957-1964).