Richard (Stephen-John) LEPPARD – 1905-1991

Demande d’admission.
«Je vais bientôt terminer mon année de probation dans le noviciat des
Essarts.
Pendant ce temps, j’ai étudié soigneusement les Règles et les Constitutions
de la congrégation.
C’est donc en pleine connaissance des obligations et en toute liberté que
je viens solliciter auprès de vous humblement la faveur d’être admis à la
première profession dans votre Congrégation.
Je veux faire cette première profession en vue du saint sacerdoce auquel je
me sens appelé.
Dans l’espoir de mon admission, soyez assuré, mon Révérend Père, de mes
ferventes prières à votre intention.
Croyez à mon religieux dévouement en Notre-Dame de l’Assomption.

Frère Richard Leppard, Les
Essarts, 24 septembre 1937.

[Dans le dossier du P. Richard, nous ne trouvons que
3 dates de profession:

1ère: 19 octobre 1936,
2ème: 28 septembre 1938,
3ème, profession perpétuelle:
10 octobre 1940. Il n’est pas resté sans v?ux entre 1939 et
1940…

Religieux de la Province d’Angleterre.

Venu à l’Assomption depuis d’autres horizons.

Stephen-John (Etienne-Jean) Leppard est né à Birmingham, le 12 mars 1905, de parents étrangers au milieu catholique (1). Il se convertit au catholicisme en 1922, à loge de 17 ans, lors de ses études secondaires faites dans sa ville natale à Birmingham. Il entre dans la Congrégation des Frères de la Miséricorde (2) où il exerce des fonctions d’enseignant et où il prononce des v?ux perpétuels. En 1936, son désir du sacerdoce le conduit à l’Assomption. Stephen-john est envoyé préalablement à la maison des vocations tardives de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), de 1934 à 1935 et à l’alumnat de Chanac (Lozère), de 1935 à 1936 pour s’initier à la langue latine, perfectionner son français avant le temps du noviciat et y rendre le service de l’enseignement dans deux matières, les mathématiques et l’anglais. Il prend l’habit assomptionniste au noviciat des Essarts (Seine- Maritime) en octobre 1936, sous le nom de Frère Richard, et il prononce ses premiers v?ux, le 19 octobre 1936. Le P. Marie-Albert Devynck le présente comme un religieux, animé d’une grande volonté, d’un esprit sérieux et réfléchi, d’un bon jugement, un peu lent, tout à fait digne d’être encouragé ,dans sa vocation. En mai 1940, il se trouve à la maison d’études de Lormoy (Essonne), mais il se trouve dans l’obligation de gagner une maison du Midi, dans la zone libre, pour échapper aux tracasseries policières. C’est donc à la maison de l’Assomption de Nîmes (Gard) qu’il prononce ses v?ux perpétuels le 10 octobre 1940 et au grand séminaire qu’il poursuit ses études théologiques. Il est ordonné prêtre par Mgr Girbeau, à Nîmes, le 21 mars 1942. La zone sud, dite de Vichy, est elle- même envahie par les Allemands en novembre 1942. Comme tous ses confrères d’origine étrangère, le Père Richard doit fuir la France

par l’Espagne et le Portugal pour regagner l’Angleterre.

Apostolat dans l’enseignement et la vie pastorale.

Pendant 25 ans, le P. Richard est professeur de menuiserie d’abord à la Becket School à Nottingham et ensuite au collège Saint-Michaël à Hitchin. Il se lance dans l’apostolat paroissial à l’âge de 63 ans (1968). Il est nommé à Peacehaven, près de Rickmansworth, jusqu’à ce que soit fermée cette implantation. Il prend alors la responsabilité d’une petite paroisse de campagne à Barton-in-the-Clay, près de Hitchin. En deux ans, il y fait construire une nouvelle église pour remplacer le bâtiment en bois qui avait servi jusque là de lieu de culte pour la communauté catholique. En 1972, il est nommé aumônier des Religieuses de la Providence à Seaford. Il y reste 14 ans (1972-1986).

Dernières années, Personnalité.

La santé du P. Richard s’affaiblit: il séjourne quelque temps à Brockley, puis en maison de repos chez les S?urs de Nazareth à Mammersmith (Londres). Il accepte alors de ne plus faire d’apostolat actif, pourtant il célèbre chaque jour l’eucharistie pour les résidents de son étage. Il continue à vivre sa vie très ordonnée, fidèle au bréviaire et au chapelet. Un infarctus l’emporte le 22 octobre 1991, à l’âge de 87 ans. le P. Richard est inhumé à Leytonstone. Le P. Richard a toujours été bon compagnon. Il n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait, surtout s’il se considérait en face d’un cas d’injustice. On lui reconnais aussi un sens de 1.humour tout à fait sui generis (3).

(1) La fiche de renseignements porte seulement la mention: ‘de parents protestants’, sans autre précision.

(2) On connaît au moins trois Congrégations de Frères de la Miséricorde, respectivement celle des Frères de Notre-Dame de la Miséricorde, fondée en 1830, celle des Frères de la Vierge Mère de Miséricorde de Tilburg, fondée en 1844 aux Pays-Bas et celle des Frères de la Miséricorde, congrégation d’origine allemande, fondée en 1856. Mais nous n’avons pas d’indices pour préciser le premier choix congréganiste d’Etienne-Jean Richard. (3) Selon le témoignage du P. Andrew O’Dell.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 44-45. Lettre du P. Andrew O’Dell, octobre 1991. Dossier personnel ACR.