Robert (René) GUIDAL – 1918-1967

Premier accident, 1962.

«Le P. Robert Guidal, curé de Laleu-La Rochelle, a été victime d’un
accident dans le courant du mois de mars
[1962]. L’auto qu’il conduisait a capoté sur une route glissante, aux
portes de Bordeaux.
Le Père a eu une épaule contusionnée et le bras gauche immobilisé pour
quelques semaines,
Son compagnon de route, le Père Provincial [Tanguy Jointer], s’en est tiré
avec quelques côtes froissées et le bras gauche endolori mais rien de cassé
et pas de traumatisme».
Lettre à la Famille 1962, n°
337, p. 277.

Deuxième accident, 1967.

«Dès la confirmation du drame, le P. Claude Guenneau, supérieur de
Caudéran, est parti pour St Etienne de Baïgorry. C’est à l’hôpital de
Bayonne qu’il a vu les restes sanglants du P. Robert. A la différence de
son compagnon dont la tête avait éclaté, la figure du P. Robert n’est pas
trop abîmée.

Mai 1962, A.T.L.P.

Robert (René) GUIDAL

1918-1967

Religieux de la Province de Bordeaux.

Curriculum vitae.

René-Corentin-Marie est né à Brest-Recouvrance (Finistère), le 25 août 1918. Elève de Saint-Maur (1931-1934), de Melle (1934-1935) et de Cavalerie (1935-1936), il arrive au noviciat en août 1936 à Pont-l’Abbé d’Arnoult où il prend l’habit le 27 septembre, sous le nom de Frère Robert. Dans la liste de ses compagnons de noviciat , nous trouvons les FF. Héon, Elias, Racine, Raynaud, Bleuzen, Paul et trois autres qui ont quitté au cours de leurs études. Après le noviciat, ce sont les études de philosophie à Layrac (Lot-et-Garonne) et à Scy-Chazelles. Les années 1939-1941 sont prises par les obligations militaires. De 1941 à 1946 il peut achever son temps de théologie à Lormoy (Essonne). Profès le 28 septembre 1937, le Frère Robert est profès perpétuel le 3 octobre 1943 et ordonné prêtre le 24 mars 1946. Professeur de 5ème à Sainte-Barbe (Toulouse) pendant quatre ans (1946-1930), il s’entend un jour dire par son supérieur: « Un homme comme vous ne peut pas moisir toute une vie dans une chaire de cinquième! ». Le P. Montembault se hâte de le promouvoir à des études supérieures de droit canonique auxquelles le P. Robert aspire. Il fréquente donc les Facultés catholiques de Toulouse et emporte une licence en Droit Canonique. Il est prévu pour lui un doctorat à Rome, mais pour une raison inconnue il ne reste qu’un an à Rome (1933-1934) et revient à Layrac. On trouve bon alors, après l’avoir soustrait de l’enseignement (1954-1957), de l’envoyer en paroisse comme curé, d’abord à Bordeaux-Caudéran (1957-1960), puis à Laleu-La Rochelle (1960-1963). Toujours disponible, comme tout le monde se plaît à le remarquer et à l’admirer, il essaie loyalement du ministère pastoral mais sans jamais réussir à vraiment s’y adapter.

Avec la même disponibilité, il accepte les fonctions d’aumônier militaire à Angoulême en 1963. Muté à Bordeaux en août 1966, il semble trouver là le plein épanouissement de son âme sacerdotale et religieuse. Ses confrères de l’aumônerie militaire sont sensibles à son investissement de vie en équipe. D’un abord facile, fiant, le P. Robert est apprécié pour le charme de sa conversation animée, son intelligence cultivée et sa grande finesse d’esprit. Religieux d’humeur égale, prévenant et toujours disposé à rendre service, il se trouve à l’aise dans le cadre de la communauté bordelaise provinciale.

Accident mortel.

Tout comme le P. Jean Babin, le P. Robert Guidal trouve la mort sur la route, à Ispéguy, près de Saint-Etienne-de-Baigorry, où il a accepté de suivre le P. Mandin, son camarade d’aumônerie, pour lui tenir compagnie. Leur intention est de rendre visite à Mme Iriarthe, la mère d’un aumônier militaire de Pau. Mais en descendant du col en 2 CV, le soir du samedi 22 avril 1967, la voiture quitte la route et s’abîme dans un ravin, après une chute de plus de 120 mètres. Un douanier a vu de loin l’accident, donne l’alerte et dirige les premiers secours. Les deux occupants de la voiture sont morts, sans doute tués sur le coup. On ne saura jamais les causes exactes de cet accident. Les corps des deux prêtres sont transportés en hélicoptère jusqu’à Bayonne. Une cérémonie militaire a lieu le mardi 25 avril dans l’église Saint-Eloi. Tandis que la dépouille de l’abbé Léon Mandin prend la direction de la Vendée natale, le corps du P. Robert est acheminé à la chapelle assomptionniste de Bordeaux-Caudéran. L’office est célébré, en raison de l’affluence, le mercredi 26 avril, dans l’église Notre-Dame de Salut. Le P. Robert est inhumé au cimetière de Caudéran, dans le caveau de l’Assomption.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1968, p. 216-217. Eclair-Pyrénées, 24 avril 1967. Sud-ouest Dimanche, 23 avril 1967. A Travers la Province (Bordeaux), mai 1967, n° 151, p. 13-16. Du P. Robert Guidal, dans les ACR, rapports sur caudéran (1957-1960), Laleu-La Rochelle (1960-1962), une correspondance de Satory (1939). Notices Biographiques