Rodolphe (Léon René) MARTEL – 1886-1978

Le Vigan, 1965.
« Le 12, c’est la St Wilfrid, les Sœurs m’ont rappelé la fête, qui font
dire une messe pour vous. Je m’unis au concert de vœux qui va retentir à
vos oreilles pour vous souhaiter toutes sortes de biens. Je prie Dieu qu’il
vous conserve la santé, qu’Il vous donne lumière et force pour conduire
notre famille dans la
réalisation de sa raison d’être. J’imagine que ce n’est pas facile au
milieu de toutes les initiatives qui se font jour. Ce n’est pas facile non
plus dans l’Eglise, mais il semble que Paul VI tient le gouvernail d’une
main ferme et assurée. Par ailleurs il faut progresser, redevenir plus
évangélique. Je me maintiens pour le moment. En décembre j’entre dans ma
80ème année. En juillet j’ai perdu ma sœur que j’avais revue juste douze
jours avant sa mort. On s’attendait à ce dénouement depuis plus d’un an. Je
reste le dernier de ma famille. Après ce sont les neveux et nièces.
Pourriez- vous faire rapporter des Etats- Unis une serrure de porte, comme
celle qui était sur la porte de la chambre que j’occupais, il y a deux ans
dans le nouveau collège? Je vous réglerai la dépense. Le P. Armand
[Desautels] viendra bien à Rome, donc en France, à titre de Provincial. Mes
salutations au P. Paul Charpentier ».

Religieux de la Province de Paris.

Cadre biographique.

Né le 17 décembre 1886 à Thiennes, canton d’Hazebrouck (Nord), Léon René Martel fait ses études à l’alumnat d’Arras (Pas-de-Calais), puis à celui de Taintegnies (Belgique), de 1898 à 1903, avant d’entrer au noviciat de Louvain en octobre 1903. Le 18 octobre 1903, le P. Roger des Fourniels lui donne l’habit assomptionniste, sous le nom de Frère Rodolphe. Ce dernier prononce ses premiers vœux, le 13 juillet 1904: « Le Frère Rodolphe a fait une bonne année de noviciat même s’il a un tempérament plutôt mou. C’est un religieux intelligent, surnaturel et très ouvert, quelquefois un peu trop familier » consigne le P. Benjamin Laurès son maître de novices. A Louvain encore, le Frère Rodolphe étudie la philosophie (1905-1908), y prononce ses vœux perpétuels le 7 juin 1907, étudie la théologie deux ans (1910-1912), après deux années consacrées à enseigner à l’alumnat de Bure (1908-1910). Il commence sa théologie à Louvain, mais la poursuit à Jérusalem où il est ordonné prêtre le 13 juillet 1913, et la termine à Rome (1913- 1914). Le P. Rodolphe a un profil d’enseignant. Il suit ce tracé dans les différents lieux où il est nommé: professeur d’apologétique à Louvain (1914), il passe à Taintegnies pour la classe de rhétorique (1915), vient au noviciat à Louvain 1916- 1917 , passe à la maison toute voisine pour la philosophie (1917-1919), est envoyé à Vinovo en Italie pour les humanités (1919). C’est en 1920 qu’il quitte le vieux continent: ses supérieurs l’envoient d’abord à Québec (Bergerville-Sillery) d’où il passe très vite au collège de Worcester aux U.S.A. où il enseigne de 1920 à 1929. Il revient à Bergerville en 1929, pour revenir comme supérieur de la communauté à Worcester, de 1935 à 1946. Il repasse l’Atlantique pour prendre en main la maison d’Arras (Pas-de-Calais)

dont il est supérieur de 1946 à 1949. Nouveau changement en 1949. le P. Rodolphe est nommé supérieur du collège de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il y reste 6 ans supérieur (1949-1955) avant d’être conseiller spirituel jusqu’en 1961. De 1962 à 1978, il est aumônier des Orantes au Vigan (Gard), toujours actif jusqu’au dernier jour. Bon professeur de rhétorique, supérieur dynamique, prédicateur apprécié, soucieux de formation spirituelle et des vocations alors nombreuses à Worcester, le P. Rodolphe a accepté dans la foi des obédiences parfois difficiles et une véritable reconversion à son retour en Europe à 60 ans. Le P. Rodolphe est mort à l’hôpital de Mende (Lozère), à 92 ans le 26 juillet 1978. Il repose au cimetière de Chanac (Lozère).

Une vie bien remplie.

« J’ai demandé un jour au P. Rodolphe de rédiger lui-même son curriculum vitae. Il me répondit avec la fermeté que vous lui connaissez que c’était l’affaire du bon Dieu parce que Lui connaissait sa vie. Je reste impressionné par la fécondité de son existence. J’ai toujours trouvé dérisoire de retracer en quelques pages les lignes d’une vie sacerdotale et religieuse, car elle recèle tant de misères, de souffrances, de grandeurs et de grâces! Les premières années du P. Rodolphe coïncident avec celles du début du siècle, passées à Louvain. Il faut surtout mentionner ses 26 ans de professorat au collège de Worcester au titre d’enseignant puis de supérieur. De retour en France, il assura trois années de supériorat à l’orphelinat d’Arras avant d’aller rejoindre, le collège de Perpignan. Enfin il termina sa vie dans la maison natale du P. d’Alzon comme aumônier des Orantes où il a laissé un profond souvenir… Le collège de Worcester lui adressa un message de fraternité pour ses 50 ans de sacerdoce en 1963: « Epris de liturgie et de piété solide, le P. Rodolphe a animé de sa voix riche nos cérémonies et offices. Son zèle pour la beauté de la maison de Dieu lui a fait entreprendre et mener à bien la construction de notre magnifique chapelles dédiée au Chhst-Roi, qui restera le plus beau témoignage de son activité. Directeur consciencieux, prédicateur recherché, il reste en mémoire vénérée de tous ceux qui ont bénéficié de son enseignement spirituel. Sa personnalité vigoureuse a marqué fortement notre maison qui a pu, grâce à lui et à ses anciens, s’adapter aux exigences nouvelles sans perdre le trésor de nos traditions familiales ». Le P. Rodolphe fut un homme d’action spirituelle, mais aussi de formation. Il sortit quelques 157 prêtres de Worcester jusqu’à son départ, en 1946! Nous savons par des membres de sa famille qu’il avait demandé pendant ses études de devenir Chartreux.. ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 63-64. Paris-Assomption, novembre 1978, n° 156, p. 13-14. Lettre du P. Rodolphe Martel au P. Wilfrid Dufault, Le Vigan, 10 octobre 1965. Dans les ACR, du P. Rodolphe Martel, correspondances (1904-1967) rapports sur Worcester (1935-1939), rapports sur Arras (1946-1949), rapports sur Perpignan (1949-1955). Le P. Rodolphe a écrit des articles publiés dans l’Assomption de Worcester et dans le bulletin Vers l’idéal.