Roger (Auguste-Michel) EBEL – 1915-1997

Apaisement.
« Bien des inconvénients auraient pu être évités, si de part et d’autre on
s’était mieux compris. Pour ma part je m’excuse humblement de toutes mes
paroles virulentes contre la Congrégation, à qui je dois toute ma formation
religieuse. Mon aff aire, dont Mme Costantini, d’après ce qu’elle écrit,
vous a entretenu, est terminée depuis des mois. Je ne reviens pas sur ce
qui s’est passé depuis, ma susceptibilité était peut-être trop grande, mon
équilibre rompu. Je reconnais simplement que j’ai mal jugé de la sincérité
de mes Supérieurs, surtout du Provincial [P. Filliol]. Je sais que, si
aujourd’hui je reviens à de meilleurs sentiments, c’est uniquement grâce
aux prières de mes confrères et peut-être aux souffrances du P. Marie-
Germain [Filliol]. Vous savez qu’actuellement je travaille en diaspora
allemande. J’ai eu l’autorisation pour 6 mois. Je demande simplement de me
renouveler l’autorisation, cela
me permettra de me reprendre complètement. Les autorités ecclésiastiques
d’ici me sont très favorables, car dès le premier jour j’ai pu faire
complètement mon travail: 20 heures de catéchisme par semaine, 3 messes
chantées le dimanche ».

Roger (Auguste-Michel) EBEL

1915-1997

Religieux de la Province de France.

Peu connu à 1’Assomption dont il était devenu un ‘lointain satellite’, le P. Roger Ebel est décédé, dans une clinique de Chambéry (Savoie), le samedi 25 octobre 1997 en fin de matinée, à 1’âge de 63 ans. Le P. Roger est décédé des suites d’un occident de la circulation, sa voiture débouchant sur la Nationale 201 à Tresserve, près du Bourget du Lac (Savoie), ayant été percutée par une autre et projetée sur une troisième. Les obsèques ont été célébrées à Tresserve par Mgr Perrier, évêque auxiliaire de Chambéry le 28 octobre 1997. Le Père Ebel repose dans le caveau familial.

Un enfant de l’Alsace.

Auguste-Michel Ebel est né le 9 mai 1915 à Brumath (Bas-Rhin), au diocèse de Strasbourg. Après ses études primaires à Brumath, il commence sa scolarité secondaire à l’alumnat Sainte-Odile de Scherwiller (Bas-Rhin), de 1927 à 1932 et la poursuit à l’alumnat de Notre-Dame du Rosaire à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1932 à 1934. Le 30 septembre 1934, il prend l’habit religieux au noviciat de Nozeroy (jura) sous le nom de Frère Roger. Le P. Gausbert Broha, maître des novices, le présente très favorablement pour l’admission aux premiers vœux, le 1er octobre 1935: « jeune homme paisible, d’une grande égalité d’humeur, mais trop peu ouvert. Je le crois cependant sincère et on a confiance en lui ». Le Frère Roger commence ses études de philosophie à Layrac (Lot-et- Garonne) en 1936 et les poursuit à la maison Saint- Jean à Scy-Chazelles (Moselle) de 1937 à 1938. En octobre 1938, il est requis par le service militaire. Prisonnier à la débâcle de 1940, il n’est libéré que le 13 juillet 1940. C’est alors qu’il peut rejoindre Lormoy (Essonne) pour ses études de théologie et il y est ordonné prêtre à la fin de sa 3ème année, le 12 juin 1943.

Il est profès perpétuel depuis le 3 octobre 1941. Le P. Athanase Sage le remarque de façon positive: « Une vocation excellente, une conduite qui a donné pleine satisfaction, un travail sérieux sans attirer l’attention sur lui ». Les premiers pas apostoliques du P. Roger sont dans l’enseignement: Briey (Meurthe-et-Moselle) en 1944-1945, Scherwiller en Alsace (1945-1948). Nommé vicaire à Ben-Arous dans la banlieue de Tunis en 1948, il doit rentrer en France en 1950, victime d’une odieuse machination qui le place tout d’abord dans une situation très difficile sur tous les plans et le conduit finalement à un isolement continu.

Une aventure compromettante.

Le P. Roger est conscient d’avoir commis une grave imprudence en cachant dans sa cellule pendant trois jours, à l’insu de ses confrères, à Mégrine, une jeune fille se disant persécutée par son père, sicilien. Sur la pression de la famille en question qui a en fait tout manigancé, il se voit ou se croit contraint de signer un acte de mariage civil, pour lui fictif mais légal, ce qui le place ensuite dans une situation juridique et canonique presque impossible. Il fait reconnaître sa bonne foi de prêtre abusé, car il n’entend pas renoncer à ses obligations sacerdotales. Revenu à Marseille, il séjourne dans diverses communautés (Mongré) et s’exile dans le diocèse de Münster en Allemagne en 1952 où il fait du ministère pastoral. Pressé de régulariser une situation insolite, il ne fait que passer à Scy-alumnat en 1955 (Moselle) et choisit la formule de l’exclaustration (1956-1957). C’est ainsi que vivant isolé, mais jamais incardiné, il remplit les fonctions d’aumônier militaire jusqu’en 1974, en Algérie (1957-1962), en Allemagne (1962- 1967), à Toul (1967-1968) et enfin à Colmar. De 1974 à 1989, il réside chez une de ses sœurs à Turckheim (Haut-Rhin), et de 1989 jusqu’à sa mort, il vit retiré chez une autre de ses sœurs, Mme Vve Reymund, à Tresserve, sur la rive orientale du lac du Bourget. Dans l’une et l’autre paroisse, retraité et pensionné, il aide le prêtre dans les différents actes du ministère. Suite à un accident de circulation, il meurt à Chambéry, le 25 octobre 1997.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 95. Assomption France, Nécrologie 1997, p. 400. Dans les ACR, neuf correspondances du P. Roger Ebel (1950-1953). Dossier personnel. Lettre citée du P. Roger Ebel, Brake, le 12 septembre 1952 (Le destinataire n’est pas nommé: il s’agit d’un Assistant général). Notices Biographiques