Roman Ban – 1914-2002

Un destin marqué par l’histoire de l’Europe de l’Est.

Roman naît le 6 mars 1914 à Cergaul-Mare en Roumanie, dans le département d’Alba. Il est l’aîné d’une famille de 7 enfants et ses parents sont agriculteurs. Roman est baptisé le 8 mars 1914 selon le rite byzantin. Il commence ses études primaires dans son village et en 1926 il est inscrit au lycée gréco-catholique de Blaj en Transylvanie. Après deux années scolaires, en 1928, et pour cinq ans, il est admis comme

alumniste chez les Assomptionnistes de la Casa Domnului, continuant ses études au lycée pour les terminer en 1933 avec l’obtention de la première partie du baccalauréat. Il est exempté du service militaire et peut s’inscrire comme étudiant au grand séminaire d’Oradea-Mare, ce qui lui permet d’entrer au noviciat de l’Assomption.

Il prend l’habit le 17 octobre 1933 sous la direction du Père Austin Treamer, maître des novices. Les rapports pour les différentes professions du Frère Ban le désignent comme un bon élément, très pieux, manquant un peu de ponctualité, avec un tempérament un peu lent et une langue bien pendue, ce qui ne déplaît pas à ses compagnons de vie. Le 18 octobre 1934, le Frère Roman prononce ses premiers vœux à Blaj et rejoint sans tarder le scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne) pour l’année d’études complémentaires préparant à la deuxième partie du baccalauréat.

&nbps;:De 1935 à 1937, il étudie la philosophie scolastique à la maison Saint-Jean de Scy-Chazelles (Moselle).

Il est reçu à la profession perpétuelle, émise le 18 octobre 1937 entre les mains du Père Gausbert Broha. Après son engagement définitif, il rejoint le scolasticat de Lormoy (Essonne) pour les études de théologie. En 1941, le Frère Roman retourne en Roumanie, à Blaj, où il reçoit dans le rite oriental le diaconat le 27 juillet 1941. D’un tempérament plutôt timoré et scrupuleux, il décide de ne pas poursuivre jusqu’au sacerdoce.

En 1941, le Frère Roman est surveillant et professeur à Lugoj, puis de  :1942 à 1944 à Beius. Durant les quatre années suivantes, &nbps:de 1944 à 1948, il est professeur à Blaj. En 1948, il est ‘exclu’ des listes de la Répartition des Missionnaires, selon les termes du Provincial de Lyon de l’époque (Père Filliol). La Roumanie est entrée sous le joug communiste dans une longue nuit de silence et de souffrance. L’ex-Frère Roman se retire dans son village natal, sans doute à cause des événements. Ce n’est qu’en 1966 que le Frère Roman refait surface dans l’histoire assomptionniste. En juillet 1966, le Père Judicaël Nicolas, le rescapé de Onze ans au paradis, peut voyager en Roumanie, un pays qu’il connaît bien.

A son retour, il apprend au Provincial de Lyon de l’époque, le Père Noël Bugnard, que le Frère Roman est rentré dans nos rangs, si l’on peut dire, étant donné la dispersion forcée des religieux du pays. Mais le Frère Roman, profondément troublé par les événements vécus depuis 20 ans, décide de rester dans son village et d’aider sa famille en travaillant à la ferme, activité qu’il va poursuivre encore après 1990.

La chute sanglante du communisme en Roumanie a rendu à nouveau possible la vie religieuse en communauté pour les quelques Pères et Frères roumains qui subsistent alors, mais tant d’années d’isolement rendent le Frère Roman inapte à la vie communautaire. Cela ne l’empêche pas de temps en temps de faire un séjour à Blaj pour y retrouver ses Frères assomptionnistes, en particulier le Père Stef.

En 1986, il éprouve le désir, en accord avec l’évêque local, soutenu par le Père Stef, de recevoir le sacerdoce, plus d’ailleurs pour recevoir une récompense que pour exercer un ministère. Cette demande n’est pas prise au sérieux par le Provincial de France et le Conseil Général, mais le Frère Roman peut dans les dernières années de sa vie rendre quelques services comme diacre de l’Eglise gréco-catholique. Devenu malade, le Frère Roman est transporté à Blaj où il s’éteint le 25 janvier 2002, à l’âge de 88 ans. L’enterrement a lieu le 28 janvier. Le corps du Frère repose à Blaj, au milieu de tous ses confrères qui ont œuvré pour que renaisse et refleurisse l’Assomption roumaine. D’après le témoignage du Père Stef.


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Bibliographies