Romanus (Robert-Jules) DECLERCQ – 1897-1983

Impressions pour une vêture.
« Vous dirais-je les sentiments d’admiration devant la splendeur déployée
des rites pour cette belle journée du 28 septembre 1930?Je suis coutumier
de ces choses, à chaque vêture je les revois et les revis. Je vais
féliciter les parents du nouveau novice, Ils ne savent que me répondre.
Parmi les 19 candidats qui demandent à la Congrégation la miséricorde
divine, tous
sont dans l’éclat de leur jeunesse: ce sont des jeunes gens de 18 à 20 ans.
Chacun d’eux, en prenant comme des deux mains sa vie et ses espoirs et en
les portant sur l’autel, a la joie de tout offrir. Ils ne veulent pas
offrir à Dieu les ‘restes’ d’une vie gardée pour soi. J’aime cette oblation
de jeunes qui se donnent intensément et qui regardent en haut, malgré les
voix séductrices d’en bas. Une métamorphose s’accomplit. Tel grave novice
arbore ce
jour sa cravate blanche comme s’il se rend à une noce: son
âme se fiance au Christ pour lui appartenir. Une petite tenue ne serait pas
de mise. Avant d’ensevelir le vieil
homme avec ses habitudes, ne faut il l’étaler encore un jour dans sa
splendeur pour dire qu’il la quitte?… ».
P Romanus D

Romanus (Robert-Jules) DECLERCQ

1897-1983

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Premier flash: l’apprentissage.

Robert Declercq voit le jour le 15 janvier 1897 à Staden, dans la Flandre belge occidentale, au diocèse de Bruges. Après son école primaire il entre à l’alumnat de Zepperen (1910-1913) puis à celui de Taintegnies (1913-1915). Il prend l’habit sous le nom de Frère Romanus à Sart-les-Moines le 4 juin 1916 et commence son temps de noviciat sous la conduite du P. Eustache Pruvost, dans les conditions un peu spéciales de cette époque troublée de la guerre, rendant inaccessible le noviciat constitué de Limpertsberg (Luxembourg). Il doit donc en fait attendre la reconstitution d’un noviciat canonique à Louvain en 1917 pour prononcer ses premiers vœux le 19 mai 1918. Il poursuit à Taintegnies (1919-1920) et à Louvain ses études ecclésiastiques (1921-1925). Le Frère Romanus devient profès perpétuel le 19 mai 1921 avec les encouragement très favorables de ses formateurs: « Religieux fidèle, régulier, dévoué, dont on n’a qu’à dire du bien, peut-être un peu timide par excès de délicatesse, et auquel on peut faire toute confiance. Il n’a jamais versé dans le nationalisme aigu de quelques-uns de ses compatriotes et il supporte avec calme leur défiance injustifiée ». On peut comprendre ces remarques à propos des querelles du bilinguisme, le Frère Romanus, parfait néerlandophone, utilise volontiers le français. Il est ordonné prêtre le 26 juillet 1925. La confiance de ses Supérieurs se manifeste sans tarder puisqu’il est nommé professeur de droit canonique et d’histoire de l’Eglise à Louvain (1925-1929).

Deuxième flash: le P. Romanus, maître des novices.

De même lui est confiée très tôt, à 34 ans, la charge de maître des novices à Taintegnies, de 1929 à 1935,

responsabilité lourde pour le nombre annuel de postulants et de novices approchant de manière habituelle la cinquantaine. C’est pourquoi il se préoccupe de faire construire la nouvelle aile du noviciat de Taintegnies, cette ancienne fabrique de bière transformée, selon l’expression des gens du pays, en ‘fabrique de curés’. La maison du Sacré-Cœur, fondée en 1891 comme alumnat, a connu bien des vicissitudes et des transformations à cause, notamment, de la première guerre mondiale: occupée par les Allemands en 1915, elle peut être réaffectée aux étudiants de philosophie de 1919 à 1924, puis comme noviciat inter-provincial de 1924 à 1927 sous la conduite du P. Savinien Dewaele, enfin comme noviciat réservé à la Province de Belgique-Hollande avec les PP. Aubain Colette et Romanus Declercq. De 1935 à 1936, le P. Romanus est nommé supérieur de Kapelle-op-den-Bos, poste dont il démissionne au bout d’un an.

Troisième flash: au service du Congo (1936-1956).

En 1936 le P. Romanus part au Congo où, très vite, il devient le bras droit du P. Piérard à cause de sa science du droit canonique. Il fait fonction de vicaire général et d’inspecteur lorsque ce dernier est nommé administrateur apostolique puis évêque de Béni. Il exerce encore la responsabilité de supérieur régional de 1947 à 1952. Homme intelligent, cultivé, méticuleux, ayant le sens aigu des responsabilités, il encourage la fondation d’écoles selon les possibilités financières. Il est également professeur au petit séminaire. Distingué, volontiers journaliste et observateur, il ne fréquente guère la brousse dont les conditions de vie concrètes le rebutent. Ses confrères, habitués au contact rugueux de la vie précaire, se moquent gentiment des ‘manières ou habitudes plus sélectes’ de celui qu’il regarde parfois comme un vestige du haut clergé.

Quatrième flash: Retour en Europe. De 1956 à 1958, le P. Romanus vit à Rome où il est traducteur de l’Osservatore romano. Il regagne ensuite la communauté de Bruxelles où il fait fonction de chapelain à l’église de la Madeleine (1958-1961). De 1961 à 1963, il rend un service d’aumônerie dans un home d’handicapés à Court-Saint-Etienne. La Province de Belgique-Sud lui demande encore le service du secrétariat provincial de 1963 à 1970. Parvenu au grand âge, il entre comme aumônier à la clinique de Sleidinge (1970-1980) et se retire ensuite à Saint-Vaast, home des ‘Buissonnets’ où il meurt le Il février 1983 dans sa &7ème année. Les obsèques ont lieu à Saint-Gérard le 15 février suivant et le P. Romanus est inhumé dans le petit cimetière réservé aux religieux de la Province de Belgique-Sud.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 79-80. Belgique-Sud-Assomption, 1983, n° 140, p. 1972-1974 et n° 141-142 p. 1995-1996. Marc Champion, Religieux défunts du la Province du Zaïre (1929-1994), Butembo, 1994, p.47- 48. L’Assomption et ses œuvres 1931, n° 357 p. 72-73 et n° 359, p. 102-104. Le P. Romanus Declercq a laissé dans les archives romaines de nombreuses traces de ses activités: correspondance (1913-1959), chroniques et rapports du Congo (1946-1966). on lui doit également de nombreux articles dans les bulletins et revues: ‘Qu’Il règne’, ‘L’Afrique Ardente’, ‘Ontwakend Afrika’. Notices Biographiques