Romaric (Antoine) DARDICHON – 1883-1974

Un Choix difficile.
«J’opte ‘ad nutum superiorum’. Je ne vois pas d’autre moyen de sortir de
l’embarras dans lequel la nécessité d’opter me place. Il fut un temps où
j’aurais volontiers adopté l’option par silence. Mes dispositions se sont
modifiées. Est-ce infidélité de ma part? C’est possible.
J’ai pensé ensuite à la Province de mon diocèse d’origine, Lyon. Mais je me
sens incapable de faire acte personnel d’option. Je ne désire bien qu’une
chose: préparer mon éternité en me sanctifiant et en faisant le plus de
bien possible. Il me semble que je ne puis me consacrer davantage à ce
double but depuis que je ne suis plus économe, charge par trop compliquée e
t complexe pour ma pauvre santé.
Que la Vierge à laquelle j’ai renouvelé ce matin ma consécration totale
vous inspire et m’aide à me sanctifier en faisant la volonté de Dieu ».

P. Romaric.

P.S. J’apprends à l’instant par le P. Dautrebande que vous avez obtenu une
relique de Ste Thérèse pour les Carmélites de Saint-Chamond. Je m’en
réjouis doublement.

Romaric (Antoine) DARDICHON

1883-1974

Religieux de la Province de Lyon.

Une vocation contrariée.

Antoine est né le 12 mars 1883 à Izieux, près de Saint-Chamond (Loire). Après ses études primaires chez les Frères Maristes d’lzieux (1894-1898), il entre au petit séminaire de Verrières-en-Forez (Loire) de 1898 à 1900. Il devient alumniste à Brian (1900- 1901). Le 25 septembre 1901, il prend l’habit assomptionniste à Louvain sous le nom de Frère Romaric et prononce ses premiers vœux le 4 octobre 1902 à Phanaraki (Turquie). C’est alors qu’il décide, en accord avec ses Supérieurs, de partir chez les Trappistes de El-Aitroun, dans la Palestine turque de l’époque. Depuis toujours il se sent attiré par une vie de prière plus contemplative. De plus il ne croit pas pouvoir affronter les études philosophiques et théologiques. Sa santé ne peut lui permettre de suivre la vie rude de la Trappe, car il ne peut jamais s’habituer au régime austère de l’Office de nuit. Il demande donc à revenir à l’Assomption: nous le trouvons à Louvain de 1907 à 1910, puis à Sart-les- Moines comme économe (1910-1913). Le 15 août 1911, il est reçu comme profès perpétuel à Gempe. Pendant la première guerre mondiale, il se trouve à Bordeaux comme ‘étudiant-sacristain’, de 1913 à 1918. Il est envoyé à Rome pour un complément de formation théologique (1919) et à Lou vain (1920) où il est ordonné prêtre le 1er août 1920, après des temps d’études très pénibles, en raison de violents maux de tête. Il a alors 37 ans. Il est nommé économe de Sart- les-Moines (1920-1925).

Le service de l’économat et de l’animation spirituelle à Douvaine. En 1925, le P. Romaric est envoyé à l’orphelinat de Douvaine (Haute-Savoie) avec le P. André Pruvost, prendre la direction de cette institution que l’évêque d’Annecy, Mgr. Du Bois de La Villerabel,

presse l’Assomption d’accepter. Le P. Romaric est chargé aussi bien des tâches matérielles que des tâches spirituelles. Il aime les enfants, sait se mettre à leur portée dans ses causeries du dimanche et ses instructions religieuses. Il émaille volontiers ses sermons d’anecdotes piquantes et d’histoires drôles qu’il puise le plus souvent dans des récits de vies missionnaires. Ce talent d’adaptation et d’éveil au monde des enfants lui vaut une grande estime de leur part. Pendant la seconde guerre mondiale, il est en plus sollicité par le Directeur d’un préventorium voisin de Douvaine pour prendre en charge son animation spirituelle. Il réussit aussi bien avec les petits malades qu’avec les orphelins de Douvaine. Le Père Romaric s’intéresse à beaucoup d’aspects de la vie pratique de la maison: la reliure, la menuiserie… Il a appris tant à Louvain qu’à la Trappe ces métiers d’art où il cherche sans cesse à se perfectionner et sa réputation de parfait artisan n’est pas usurpée, si l’on en croit sa clientèle occasionnelle. Religieux très surnaturel qui voue un véritable culte à la ‘petite Thérèse’ de Lisieux, il n’est pas toujours compris par ses confrères, mais il sait garder par son silence et sa modestie cette tranquillité d’âme que critiques ou moqueries ne peuvent entamer. Seule ombre à la vie quotidienne, de violentes migraines et de douloureux rhumatismes qui limitent ses possibilités de vie active.

Au temps du grand âge, Lorgues.

Le 16 juillet 1971, le P. Romarie, arrivé à l’âge de 88 ans, est dirigé sur la maison de Lorgues. il a déjà fait plusieurs séjours à l’hôpital de La Roche (Haute-Savoie), à la suite d’une congestion cérébrale qui l’a laissé une vingtaine de jours entre la vie et la mort. En septembre 1972, il est atteint d’un oedème au poumon. Devenu sourd à la suite d’un coma, il ne peut guère participer à la conversation et à la vie de tous les jours. À 91 ans, il meurt le samedi 16 février 1974, à la suite d’une petite grippe intestinale, comme une chandelle usée arrivant à sa fin. Ses obsèques sont célébrées le lendemain, dimanche 17 février par le P. Morand Kieiber, Provincial de Lyon.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A. mars 1975, p. 264-265. Lyon-Assomption, avril 1974, p. 18-20. Lettre du P. Romaric au P. Gervais Quenard, Sart-les-Moines, 25 mars 1925. Dans les ACR sont conservées quelques correspondances du P. Dardichon (1914-1950), la plupart concernant la première période de sa vie. Notices Biographiques