Ronan (Joseph Ronan Hervé) GUEGUEN – 1898-1978

Portrait.
Grand de taille, d’une allure un peu solennelle, d’un regard distant, à la
voix grave, le P. Ronan Guéguen est d’un abord assez intimidant, mais sous
cet aspect imposant, se cache un cœur généreux et oublieux de lui-même.
Dans son cœur règne un amour profond du Christ. Il aime la prière, la
prière chantée, la prière bien chantée, en accord avec saint Augustin. Le
P. Ronan a un sens réaliste de la vie de l’homme, de la vie du prêtre et du
religieux sur cette terre. Il aime la vie, il aime la famille. Dans ses
derniers jours, il
parle encore de son espoir d’aller passer quelques temps au milieu des
siens. Mais souvent aussi il affirme être tout à fait soumis à sa destinée.
Ni pessimiste ni trop confiant dans ses mérites, il a conscience de servir
sincèrement et avec les moyens qui sont les siens dans les différents
postes où la Providence l’a placé par les décisions de ses Supérieurs. La
vie de l’Eglise l’intéresse. Parmi ses nombreuses lectures, celles qui se
rapportent aux manifestations, aux recherches, aux difficultés et aux
espoirs de l’Eglise dans les différentes parties du monde, ont ses
préférences. Elles n’engendrent chez lui ni pessimisme ni optimisme béat…
».

Ronan (Joseph Ronan Hervé) GUEGUEN

1898-1978

Religieux de la Province de Bordeaux.

Premiers parcours.

Joseph Guéguen est né le 11 juin 1898 à Locronan, bourgade du Finistère célèbre par son église du XVème siècle, ses maisons de la Renaissance et le pèlerinage à Saint-Ronan, moine irlandais, venu à la fin du Vème siècle établir un ermitage, lok, dans la forêt voisine. Joseph fait ses études dans différentes institutions: à Locronan, Châteaulin (1907-1909), au pensionnait St-Louis de Gonzague, puis au petit séminaire de Quimper (1909-1912), enfin à l’alumnat de Bure (Belgique) de 1912 à 1917. Il pense entrer chez les Pères Spiritains. L’un de ses frères, Spiritain, venait de mourir en Afrique. Il choisit l’Assomption en entrant au noviciat à Louvain où il prend l’habit, le 21 novembre 1917, sous le nom de Frère Ronan. Profès le 24 novembre 1918, il accomplit une année de service militaire et entreprend ses études de philosophie à Taintegnies (1920-1922) où il prononce ses vœux perpétuels, le 15 août 1922. Il revient à Louvain pour la théologie (1922-1926). Mgr Petit l’ordonne prêtre le 25 juillet 1926. Pendant trois ans (1926-1929), il est professeur de 6ème à Saint-Maur (Maine-et-Loire) et entre ensuite dans le ministère paroissial qu’il ne quittera plus.

Un religieux en pastorale paroissiale.

Après trois années de vicariat à Fumel (Lot-et- Garonne), de 1929 à 1932, le P. Ronan est nommé curé de La Pallice, près de La Rochelle (Charente- Maritime), d’où il passe en 1942 à Angoulême (Charente), en 1958 à La Rochelle-Laleu et enfin, en 1950, à Libos-Monsempron. Il est supérieur depuis deux ans lorsque la communauté est rattachée à celle de Fumel en 1961. Toujours chargé de paroisses, il passe l’année 1963-1966 à Prigonrieux (Cavalerie, Dordogne).

De 1966 à 1969, il déploie son activité apostolique dans le secteur de Villefranche-du-Périgord (Gers). Agé de 71 ans, il se retire au Prieuré de Layrac (Lot-et-Garonne) où, dans l’action de grâces, il fête ses 50 ans de sacerdoce le 7 juin 1976. Décédé dans une clinique agenaise au matin du 20 janvier 1978, il repose à Layrac dans le caveau de l’Assomption. La messe des funérailles est célébrée le 23 janvier 1978 par Mgr Saint-Gaudens, évêque d’Agen.

Echos d’une vie laborieuse.

Malgré les apparences, la santé du P. Ronan n’est pas des plus solides. Grands sont le zèle, l’énergie et la disponibilité montrés dans ses différentes affectations. Il lui est arrivé d’accepter un changement sans hésitation, malgré des successions difficiles. Mais il sait aussi, dans un dialogue franc et respectueux, décliner deux postes importants pour lesquels il ne sent aucune aptitude: « Non recuso laborem, mais … ». En juin 1965, il écrit au Provincial, le P. Henri Guillemin: « Si vous désirez que je reste à Libos, je continuerai mon travail. Si vous désirez que je parte, pas de difficultés ». Et, pour éviter un trop lourd travail à son successeur, il repeint avant de partir la salle paroissiale. « Quand j’aurai terminé, j’aurai étendu, pour les deux couches, 35 kg de peinture à l’huile ». En juin 1969, il entre dans sa 72ème année: « je dis trois messes tous les dimanches, je prêche trois fois et fais chanter les assistants. je constate que c’est désormais plus lourd à porter la fatigue. En outre, il y a les kilomètres en vélomoteur durant les mauvaises saisons ». Nous savons par un témoignage direct qu’en trois ans, il dépasse avec son engin les 10.000 km! Demeuré très attaché à son pays natal, Locronan, à sa langue, à ses cantiques, il n’omet pas de participer en 1965 à la grande Troménie, procession en l’honneur de Saint-Ronan, le deuxième dimanche de juillet, au sommet d’une petite montagne qui porte une chapelle dédiée à ce saint. La grande Troménie se déroule tous les 6 ans sur un parcours de 12 km. Ses confrères bretons n’omettent pas le jour de ses obsèques de chanter le Cantique du Paradis attribué à Saint Hervé: jesus, pegen braz e plijadur an ene.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption (I) 1975-1980, p. 53-54. A Travers la Province de Bordeaux, février-mars 1978, n° 256, p. 13-15. Voulez-Vous? (Layrac), juillet-septembre 1978, n° 105, p. 17-20. Dans les ACR, du P. Ronan Guéguen, sont conservés ses rapports sur La Rochelle-Laleu (1948-1950), sur Libos-Monsempron (1954-1963) et quelques-unes de ses correspondances (1919-1961). Portrait du P. Ronan Guéguen par le P. Lucien Laurent (homélie des obsèques). Notices Biographiques