Saint-Hélier (Marcel) LELIEVRE – 1922-1995

Fumel, 1965.
« Au nom de notre communauté de Fumel-Libos, au diocèse d’Agen, je viens
filialement vous offrir, ainsi qu’à tous nos Pères de la Curie, nos
meilleurs v?ux pour l’année 1966. Nous formulons des v?ux de santé et
confions dans nos prières vos personnes pour que le Seigneur vous donne la
force de diriger la Congrégation.
Nous espérons nous mettre de plus en plus au service de l’Eglise dans le
champ d’apostolat que votre autorité paternelle nous a confié. Nous sommes
actuellement sept religieux travaillant dans le secteur en collaboration
avec des prêtres du clergé
diocésain. Nous nous aidons et encourageons mutuellement à organiser cet
immense secteur marqué par une vie ouvrière intense. La communauté y met
tout son c?ur et toute sa
bonne volonté, s’inspirant fréquemment des directives précises des Règles
capitulaires. Je suis heureux de pouvoir vous offrir comme gerbe de v?ux ce
travail apostolique d’une
communauté ouverte à tous les prob1èmes de l’heure. A
moins d’empêchement majeur, je pense participer à la session des nouveaux
supérieurs du 10 au 15 janvier prochain ».
P. Lelièvre.

Religieux de la Province de France.

Formation en dents de scie.

Né à Saint-Séglin (Ille-et-Vilaine) le 8 août 1922, Marcel Lelièvre est baptisé le même jour. Au terme de ses études commencées à Saint-Maur (Maine-et- Loire), de 1935 à 1939, poursuivies à Blou (Maine- et-Loire), de 1939 à 1942, il opte pour le séminaire de Rennes et y est admis à la condition d’être bachelier en septembre. Le 21 novembre 1942, il prend l’habit religieux à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime), sous le nom de Frère Saint- Hélier (1). Il doit, peu après, retourner au pays natal pour échapper au S.T.O. Il prononce ses premiers v?ux, le 7 juin 1944. Le P. Régis Escoubas le présente « comme un excellent sujet, sérieux et consciencieux, d’un bon esprit, soucieux de se dévouer auprès de ses frères et dans les divers travaux de la maison. Il est d’une grande confiance et d’une grande ouverture à l’égard de ses supérieurs. Il a supporté, avec un grand esprit surnaturel et une grande énergie, l’épreuve d’une interruption forcée et prolongée de son noviciat. Il s’acquitte avec intelligence de sa charge de socius ». Le Frère Saint-Hélier part pour Cavalerie (Dordogne), une année (1944-1945), où une méningite faillit l’emporter au cours de l’hiver. Les obligations militaires le rattrapent. En 1946, il peut reprendre des études à Layrac (Lot-et-Garonne). Avez seize autres compagnons de la Province de Bordeaux, il est ordonné prêtre par Mgr Andrew Beck, le 17 février 1951. Il a préalablement prononcé ses v?ux perpétuels, le 14 février 1948 à Layrac.

Services et ministères.

Pendant deux ans (1951-1953), le P. Saint-Hélier qui, par la suite, reprendra son prénom de baptême, Marcel, enseigne à la maison des vocations tardives de Blou.

Puis les paroisses deviennent le cadre définitif de son apostolat sacerdotal. Il y déploie ses qualités d’animateur et d’organisateur. De 1933 à 1961, il est vicaire à La Rochelle-Laleu (Charente-Maritime). Suit une année de formation à l’E.M.A.C.A. de Lille (Nord). En 1962, il est nommé à Fumel (Lot-et-Garonne), principale ville industrielle du département. Il y est supérieur et curé de 1963 à 1971. Il retourne à La Rochelle, dans la paroisse populaire de Tasdon, en 1973. Il est supérieur de la communauté de 1976 à 1982. Après la réorganisation pastorale de 1983, il reste au service du secteur Tasdon-Aytré. En 1991, l’évêque, Mgr Jacques David, le nomme aumônier du Centre de détention de Saint-Martin de Ré. En 1992, il rejoint la communauté de la rue Tessereau qu’il quitte au cours de l’été 1993. Ce sont au total 28 ans de service pastoral passés dans le diocèse de La Rochelle. Ce sont des accidents cérébraux qui le condamnent à l’inactivité et à l’éloignement. Après un séjour à Layrac, il est nommé à Pont- l’Abbé-d’Arnoult en septembre, mais il vit plus à l’extérieur que dans la communauté. Il meurt subitement le 22 mai 1993 à Moutiers-les-Mauxfaits en Vendée. Présidées par Mgr David, ses obsèques sont célébrées à Pont-l’Abbé le 28 mai suivant, suivies de l’inhumation dans le caveau de la propriété. Mgr David évoque le long apostolat du Père Marcel en termes chaleureux: « Notre reconnaissance est grande pour la longue présence et la bonté de cet homme qui nous a donné le meilleur de lui-même. Maintenant c’est à ses supérieurs que nous disons notre reconnaissance. Et, plus encore, c’est à Dieu que nous exprimons ce qu’elle nous inspire. Le Père d’Alzon disait: ‘Allons aux dernières limites du c?ur’. C’est Dieu qui peut abattre toutes les cloisons, toutes les barrières que la faiblesse met en nous. Nous lui demandons d’envahir de la joie de sa lumière jusqu’aux dernières limites du c?ur le P. Lelièvre… ». (1) Saint-Hélier est sans doute plus connu comme nom de la ville principale de l’île de Jersey. Le Martyrologe connaît un saint Hélier, fêté le 16 juillet, natif de Tongres, dans le Limbourg belge, au VIème siècle. Il vécut en ermite dans l’île de Jersey et fut assassiné par des païens qu’il essayait de convertir.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 95-96. Assomption-France, Nécrologie, année 1995, p. 317-318. Lettre du P. Marcel Lelièvre au P. Wilfrid Dufault, Fumel, le 29 décembre 1965. Du P. Saint-Hélier (Marcel) Lelièvre, dans les ACR, une correspondance de 1965 au P. Wilfrid Dufault et un rapport annuel (1966) sur la communauté de Fumel.