Saint-Pol (Eugène-Marie) SAILLOUR – 1907-1993

La Rochelle, 1963.
« J’ai eu la douleur de perdre ma mère ces jours-ci. Elle est morte d’un
cancer le 29 octobre, à l’âge de 81 ans. J’étais près d’elle 8 jours avant
sa mort et j’ai eu la joie de la voir recevoir les derniers sacrements en
pleine lucidité d’esprit et dans d’excellentes dispositions. Je la
recommande à vos prières et à celle des religieux de l’Assomption. A
l’occasion de ce décès, un partage de la succession entre les quatre
enfants est envisagé. Je crois que ma part sera un immeuble d’une valeur de
5 à 7 millions d’anciens francs et une somme liquide de quelque 200 ou
300.000 francs. Je vous écris mes projets sur une feuille à part. Si, après
votre consentement, une autorisation du Saint-Siège était nécessaire, je
vous
remercie de me la procurer. Je cède l’usage de
l’administration de mes biens à ma sœur tout en gardant la propriété, je
lui abandonne l’usage et l’usufruit de ces biens pour sa vie durant, je
veux lui faire don de l’argent liquide pour qu’elle puisse établir la
succession. Ces dispositions modifient le testament fait au cours de mon
noviciat. Je vous demande l’autorisation de faire les actes de propriétaire
et signatures exigés par la loi ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Une longue course. Eugène-Marie Saillour est né le 16 juin 1907 à Saint-Pol de Léon, dans le Finistère. Il passe par les alumnats de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de 1919 à 1924, du Bizet en Belgique (1924-1925) et d’Arras (Pas-de-Calais), de 1925 à 1926. Le 5 novembre 1926, il prend l’habit à Taintegnies, sous le nom de Frère Saint-Pol. Profès annuel le 6 novembre 1927, il accomplit trois années d’étude de la philosophie à Saint-Gérard (1927-1930). Après son service militaire à Rennes (Ille-et-Vilaine), entre 1930 et 1931, il commence sa théologie à Louvain en 1931 et la termine à Lormoy (Essonne) en 1934-1935. Il est profès perpétuel le 21 novembre 1932 à Louvain et ordonné prêtre le jour de Noël 1934 à Lormoy. Les activités apostoliques du P. Saint-Pol se résument ainsi: 24 ans au service des jeunes, 26 ans à celui des paroisses et des aumôneries, soit un total de cinquante années. En 1935, sa première obédience l’affecte au scolasticat de Layrac (Lot-et- Garonne). L’année suivante, il est professeur de mathématiques à l’alumnat de Cahuzac dans le Gers (1). De 1937 à 1946, il est professeur et économe à Cavalerie (Dordogne), près de Bergerac. Il revient ensuite à Cahuzac avec la double fonction d’économe et de curé de Montiron. À partir de 1950, il parcourt le Sud-Ouest avec sa bicyclette pour recruter des alumnistes et assurer des prédications. De 1954 à 1959, il est professeur à la maison des vocations tardives de Blou, dans le Maine-et-Loire. En 1959, le P. Saint-Pol passe au ministère paroissial. Il accomplit 26 années à La Rochelle (Charente-Maritime), à Laleu d’abord, près du port de La Pallice. À Tasdon, dans le quartier de la gare ensuite, à partir de 1966. Il assure aussi des aumôneries, jusqu’à quatre à une époque, notamment celle des Petites Sœurs des Pauvres A.A qu’il édifie pendant plus de vingt ans. Il quitte La Rochelle en 1985, passe deux ans de semi- activité à Pont-l’Abbé-d’Amoult (Charente-Maritime), rejoint les Pères aînés de Layrac en 1987. Il laisse le souvenir d’un apôtre saisi par le Christ, d’un homme priant, humble, fraternel, courageux dans l’épreuve. Dans l’après-midi du jour de Noël 1993, à la clinique Saint-Hilaire d’Agen, le P. Saint-Pol accueille le Christ venu à lui par l’eucharistie. Comme à chaque visite quotidienne, il a visiblement manifesté sa foi et sa joie, un bonheur profond suivi d’une action de grâce très recueillie. C’est sa dernière communion. Le lendemain dimanche, 26 décembre, en fin de matinée, le Christ accueille son bon et fidèle serviteur (2). Les obsèques sont célébrées à Layrac le mardi 28, en présence de son frère Eugène, venu du Vigan (Gard). De l’homélie du P. François Rumeau. « Sur les divers champs d’apostolat où l’obéissance religieuse l’a envoyé, le P. Saint-Pol s’est montré heureux d’accomplir ce ministère, actif, plein d’initia tives, rempli aussi de l’énergie qui caractérise sa personne. J’ai entendu parler de ses longues randonnées à vélo. J’ai ouï dire qu’il avait laissé ébahis, figés d’admiration, ses paroissiens de Montiron en escaladant le clocher pour sceller la croix que la tempête avait arrachée. Quand on lui rend visite dans sa chambre, au prieuré, on le trouve toujours le chapelet à la main. Ses yeux sont trop fatigués pour lire. Mais à longueur de journée, il médite les mystères joyeux, douloureux, glorieux de la vie du Christ et de sa mère. Il prie chaque jour le rosaire entièrement. Egrenant les Pater et les Ave, il rencontre Dieu toujours à découvrir, la Vierge Marie, et l’Eglise dans le monde de ce temps » (2). (1) Cf du P. Rémond M.-E (sic)., Notre-Dame de Cahuzac et les sanctuaires du Gers, 1960, 24 pages, tiré à part de la revue Sanctuaires et Pèlerinages. (2) De l’homélie du P. François Rumeau, le jour des obsèques du P. Saint-Pol.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 135-136. Assomption, France, Nécrologie années 1992-1993, p. 295-296. Lettre du P. Saint-Pol Saillour au P. Wilfrid Dufault, La Rochelle, le 7 novembre 1963. Dans les ACR, du P. Saint-Pol Sailloür, rapports sur Blou (1957-1959), corres- pondances (1930-1963). Notices Biographiques