Saint-Vanne (François) SAINT-VANNE – 1891-1913

11 mars 1911.
« Je ne cesse de me poser cette question: quelle est la volonté
de Dieu? Que faut-il que je fasse? Mes années de grammaire touchaient à
leur fin, quand, soit au contact de religieux qui nous avaient toujours
édifiés, soit sous une autre impression de la grâce d’en haut, je sentis
naître en moi le désir d’embrasser l’état religieux, la vie parfaite. Ce
désir, quoique continuel depuis lors, n’était pas à mon avis, le signe
manifeste de ma vocation religieuse. J’attendais un appel direct du ciel,
lorsque, un soir, vous remîtes en ma mémoire le Qui vult venire post me.
C’était mon cas. Je voulais et voulais ardemment me faire religieux. Dès
lors, à quoi bon hésiter? Aussi n’hésité-je plus, et
depuis cet entretien avec vous, je demande à la Vierge de garder en mon
cœur l’amour
de la vie religieuse et le courage d’y parvenir. Mais quelle route choisir
pour arriver à la perfection?… S’il fallait consulter mes goûts et mes
aptitudes, si petites qu’elles soient, je préférerais entrer dans un Ordre
contemplatif au dans les missions, plutôt que dans une Congrégation
exclusivement enseignante. Toutefois si vous croyez que je doive me
sanctifier ici ou là, je m’en remets à votre pensée sur moi
».

Notices Biographiques A.A

Religieux français. Un parfum et une réputation de sainteté. Enfant de la Bretagne et du diocèse de Vannes (Morbihan), François Saint-Vanne est né à La Gacilly, le 27 octobre 1891. Il ai-rive dans le circuit des alumnats en 1904 et débute pendant quelques mois à Courtrai (Belgique). Il est ensuite d’octobre 1904 à juillet 1907 élève au Bizet qu’il quitte pour aller accomplir ses humanités en Espagne. Il reste à Elorrio de septembre 1907 à juillet 1909. Il fait preuve là comme partout d’un naturel excellent, légèrement timide. On garde de lui l’impression d’un enfant bien élevé, distingué, réservé, digne de la plus grande confiance. Il dispose d’une intelligence peut-être ordinaire, mais cultivée sans prétention, et d’une heureuse mémoire. Sa piété, sérieuse et docile au jugement de ses maîtres, fait impression comme son amour pour la liturgie. Entré au noviciat de Gempe en août 1909, il a le bonheur de recevoir l’habit des mains du P. Emmanuel Bailly. Deux ans plus tard, le 15 août 1911, il prononce ses vœux perpétuels entre les mains du P. Emmanuel Bailly, sous le nom de Frère Saint-Vanne, réplique de son patronyme. Ses années de probation s’écoulent dans une humilité et un dévouement à toute épreuve. Il reste exemplaire au point de vue de la rectitude de l’esprit, du tact, de la délicatesse. On ne l’a jamais vu faire de peine à personne. Il s’applique à tenir et à vivre une résolution prise à la fin de ses années d’humanités et retranscrite sur l’un de ses carnets: « je viens à la vie religieuse chargé de plus de défauts que de vertus, mais avec le ferme souci de travailler à devenir un saint ». Pendant plus d’un an, il remplit auprès de ses confrères la charge de socius. A la fin de son temps de noviciat, en septembre 1911, il entre à la maison d’études de Louvain. Malgré son goût pour l’étude, il ne peut guère suivre les cours de façon régulière. A.A Sa santé, compromise à la suite d’un pèlerinage en Palestine en mars-avril 1911 auquel il prend part à titre de novice de seconde année, laisse à désirer dès les premiers mois de son séjour à Louvain. jusque-là, elle n’a point demandé de soins particuliers. Sa bonne mine ne permet pas de soupçonner alors chez le Frère Saint-Vanne une future victime de la tuberculose. Or il porte en lui des germes héréditaires de la terrible maladie. Après un court semestre, il souffre d’un premier vomissement de sang, le 21 janvier 1912. Il prend à Louvain même un repos prolongé, nécessaire. Un mieux se produit et en novembre, pour la fête de la Présentation de Marie, il reprend assez de santé pour de nouveau goûter les joies et les horaires de la vie commune, mais ce répit ne dure que quelques mois. Le mal s’aggrave progressivement et au mois de juillet 1913 il est obligé de garder la chambre et le lit. Les inquiétudes sont telles qu’il reçoit le sacrement des malades le 10 juillet. D’améliorations passagères en rechutes, les alertes ne manquent pas. Le Frère Saint-Vanne, conscient de la gravité de son mal, demande de lui-même de recevoir à nouveau le sacrement de l’Extrême-Onction et de renouveler ses vœux. A partir du 19 novembre 1913, il doit être constamment veillé. C’est le 25 novembre dans la soirée qu’une nouvelle alerte très grave avec tous les symptômes de l’agonie laisse penser que la fin est proche. On lui injecte de l’huile camphrée et on lui donne de l’oxygène pour faciliter la respiration et soutenir le cœur. Il laisse transparaître ses grands sentiments de foi, son amour pour Dieu et toute la mesure de sa confiance en Lui: « Mon Dieu, je vous aime bien, du moins je crois que je vous aime bien. J’ai toujours voulu vous aimer. J’ai confiance en vous, vous me pardonnerez tous mes péchés ». Le regret de ses fautes obsède sa pensée, éclairée par l’amour de la Vierge. Le Frère Saint-Vanne décède le dimanche 30 novembre 1913, dans la matinée. Son corps repose au cimetière de Parc, à Louvain, où il est inhumé le 2 décembre. Sa vie toute simple et généreuse dans le choix accompli sans retour laisse à ses jeunes confrères le souvenir et le parfum d’une douceur, d’une droiture et d’une délicatesse qui sont l’apanage des saints.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption, 1914, n° 205, p. 23-25; n° 206, p. 40-44. Polyeucte Guissard, Portraits Assomptionistes, p. 300-312. Circulaire du P. Possidius Dauby, Louvain, 2 décembre 1913. Les Saints-Anges, Annales du Prieuré Saint-Michel, 1931, n° 73, p. 8-13. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Billet du Frère Saint-Vanne au P. Eugène Monsterlet, Elorrio, Il mars 1909. Du Frère Saint-Vanne Saint-Vanne, lettre de Gempe au P. E. Bailly , ler septembre 1911. Notices Biographiques