Salvator (Klaas) MOERKERKEN – 1919-1979

L’Assomption hollandaise. C’est dans le vieux castel de Stapelen à Boxtel
que l’Assomption hollandaise a pris naissance en 1917. On y accède par un
pont-levis, remis à neuf, qui enjambe un large fossé rempli d’eau. C’est
de ce poste de commandement que le Provincial dirige sa province, suaviter
et fortiter. C’est là aussi que le P. Procureur travaille à alimenter en
florins la caisse provinciale par les moyens les plus variés: expositions,
bulletin, calendriers, oeuvres etc… Boxtel a abrité longtemps une école
apostolique, imposante bâtisse rectiligne construite en
1927. Une autre fondation importante de la Province hollandaise est celle
de Nimègue, maison de formation avec la revue Het Christeiijk Oosten en
Heneniging (L’Orient chrétien et l’unité). Le noviciat a migré plusieurs
fois. Bergeyk (1939,
ancien couvent des Ursulines), Halsteren, Steenbergen… On connaît aussi
la résidence de Herkenbosch, regroupement de religieux en service pastoral.
Les religieux Hollandais ont grandement participé à la vie missionnaire de
l’Assomption. au Congo belge, en Nouvelle-Zélande, au Liban, dans diverses
aumôneries militaires (Java), dans l’Est de la France, en Allemagne…

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Renseignements biographiques.

Né à Rotterdam aux Pays-Bas, le 17 avril 1919, Klaas Moerkerken accomplit toute sa scolarité à Boxtel (1932-1938). Il entre au noviciat de Taintegnies en Belgique, le 25 septembre 1938, sous le nom de Salvator, et prononce ses premiers vœux à Bergeyk le 25 septembre 1939. Le P. Domitien Meuwissen est son maître des novices. En raison des hostilités en Europe, c’est à Bergeyk qu’il passe les deux derniers mois de son noviciat avec trois autres novices comme ‘anges gardiens’, dans ce qui est le premier noviciat hollandais. Sa formation se poursuit ensuite à Bergeyk où est rassemblée toute la jeunesse de l’Assomption hollandaise pendant la guerre (1). Il prononce ses voeux perpétuels le 26 septembre 1942 et il est ordonné prêtre le 15 avril 1945. Voici la liste des emplois du P. Salvator: de 1945 à 1955, il est nommé curé à Pareld en France, dans le diocèse de Verdun (Meuse). De 1955 à 1961, il est économe de l’école apostolique Sainte-Thérèse à Boxtel. De 1961 à 19677 il est désigné économe du scolasticat à Bergeyk. De 1967 à 1971, il est nommé curé à Koeur la Petite, commune de la Meuse en France, et depuis 1971 à Maxey-sur-Vaise, également commune de la Meuse dans le canton de Vaucouleurs. De 1972 à 1978, il est nommé supérieur de la communauté régionale des religieux A.À. hollandais en travail pastoral en France. En 1978, il doit rentrer en Hollande pour se faire soigner d’un cancer. Il meurt le 1er juin 1979 à l’hôpital de Boxtel. Les obsèques se déroulent le 6 juin dans l’église paroissiale Saint-Pierre de Boxtel et l’inhumation se fait dans le caveau de l’Assomption à Boxtel.

Personnalité du P. Moerkerken.

« Touché par le terrible mal du cancer,

le Père Salvator, à l’âge de 60 ans, a lutté une année entière, tantôt dans l’espoir d’une guérison, tantôt dans la conviction que le mal l’emporterait. Avec un réalisme surprenant, il s’est préparé à chacune de ces deux éventualités, ne cessant de former des projets d’apostolat pour l’avenir, mais en même temps en s’apprêtant à tout donner. Tous ceux qui l’ont approché durant les derniers mois de sa vie, et notamment ses confrères religieux, ont été impressionnés par la façon dont il a vécu sa mort. Elle a été à l’image de sa vie. Il n’a jamais reculé devant la difficulté dans son travail de prêtre et de religieux, ce qui faisait déjà dire à ses camarades de classe qu’il était plus que têtu. Mais pour lui cette opiniâtreté était le signe de la fidélité à la parole donnée. Pendant les quarante années de sa vie religieuse et les 34 années de prêtrise, le Père Salvator a cherché à vivre les traits caractéristiques de la spiritualité du fondateur, le P. d’Alzon: l’amour inconditionné pour le Christ et l’Eglise, une dévotion exceptionnelle pour la Vierge Marie et un attachement sans faille à sa famille religieuse. Au contact direct avec les hommes de son temps, spécialement avec les plus défavorisés dans ses paroisses pauvres, il a appris très tôt à rencontrer et à servir le Christ dans ses frères. Personne mieux que ses paroissiens de la Meuse ne pourraient dire cet amour et cet accueil qu’il savait partager avec eux. La porte de son presbytère restait toujours ouverte. Si en entrant, on ne le trouvait pas, on pouvait le chercher à l’église ou dans une famille où il était en visite. Sa dévotion pour Marie est bien connue de tous; le chapelet ne le quittait pas. Cette prière l’accompagnait au pèlerinage des malades à Lourdes dont il était un animateur fidèle pour tout le diocèse de Verdun. Dans la compagnie des malades, il a sans doute beaucoup appris à porter la souffrance. Le P. Moerkerken était très attaché à sa famille religieuse. Il a connu la crise des congrégations après la deuxième guerre mondiale, la baisse des vocations, la défection de religieux dont il a été affecté. Il réagissait avec vigueur contre toutes les formes de dispersion et de dissolution de la vie religieuse. Il a gardé foi en l’avenir et sa sollicitude pour tous a été une forme de stimulation pour ses confrères ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 79-60. De Schakel, 1979, p. 85-88, In memoriam Pater Klaas Moerkerken. Documents Assoption, 1980, n° 5, p. 352-353. Témoignage sur le P. Moerkerken par le P. Arnould Bressers. Dans les ACR, du P. Salvator Moerkerken, cluelclues nouvelles reproduites dans De Schakel (1948-1964). (1) Aperçu sur cette implantation de l’Assomption néerlandaise: L’Assomption et ses Oeuvres, 1955, n° 508, p. 3-11.