Samuel DJOUNDRINE – 1920-1998

Etat du clergé catholique en
Bulgarie en 1993.

* 21 survivants du régime communiste: 3 évêques, 3 infirmes, 15 prêtres.
Leur âge moyen est de plus de 70 ans.
* 4 bulgares exilés revenus au pays: 3 Conventuels et 1
Capucin.
11 prêtres venus de l’étranger dont 2 Résurrectionnistes polonais; 6
Passionnistes italiens, 1 prêtre italien de Vicenza, 2 Capucins polonais.
* 20 séminaristes: on les trouve à Rome, chez les Capucins de Vénétie, chez
les Conventuels de Brescia et en France dans diverses communautés
Assomptionnistes.
* Religieuses: 1 carmélite de rite oriental a fait profession le
8 septembre 1993. Il y a une novice chez les Sœurs de Saint-Joseph. Aucune
autre vocation féminine parmi les Bulgares.
Six Sœurs sont venues de l’étranger: 3 Carmélites de Pologne ou de Croatie,
2
Bénédictines de Tutzing, 1
Sœur de la Charité de Zagreb,
3 Oblates de l’Assomption (1 française, 1 bulgare, 1 roumaine).

Samuel Seraphimov DJOUNDRINE

1920-1998

Religieux bulgare, évêque de Roussé-Nicopoli (1979- 1995).

Un parcours atrophié.

Samuel Djoundrine est né le 26 avril 1920 à Guénérai Nicolaevo en Bulgarie, au diocèse de Plovdiv. A onze ans, il entre à l’alumnat de Yamboi (1931-1936), puis au collège Saint-Augustin de Plovdiv (1934-1939). Il vient en France pour son noviciat, à Nozeroy (Jura) où il prend l’habit le 1er octobre 1939. Il y prononce ses premiers vœux, le 2 octobre 1940, sous le nom de Frère Samuel: « C’est un religieux exemplaire, bon confrère, avec beaucoup de bon sens ». Il suit des cours de philosophie et de théologie à Lormoy (Essonne) pendant les deux premières années de la guerre (1941-1942), prononce ses vœux perpétuels à Nozeroy le 2 octobre 1943, où il est revenu en octobre 1942 pour soigner une maladie de peau. Il est ordonné prêtre le 4 juin 1944. Au début de l’année 1947, il retourne en Bulgarie comme professeur de chimie au collège de Plovdiv, mais en 1948 toutes les écoles étrangères du pays sont fermées. Il reste quelque temps au petit séminaire situé à côté du collège, puis part aider comme vicaire le P. Assen Tchonkov en Bulgarie du Nord (Bardarski-.Guérane). Lors du processus de collectivation des terres, le P. Assen est emprisonné, le P. Samuel revient enseigner à Plovidv, au petit séminaire. En 1952, il est arrêté avec une vingtaine de prêtres actifs et les laïcs qui leur sont proches. Lors du grand procès de 1952 à Sofia, il reçoit une peine de douze ans de prison qu’il va purger sur ‘l’île de la mort’ à Belene, puis à la prison de Strara-Zagora où il travaille avec le P. Gorazd Kourtev à la menuiserie. Il finit ses années de prison à Belene en janvier 1961. Le P. Bogdan Bakalski le prend alors comme vicaire à Kaloyanovo, à 20km. au nord de Plovdiv. Il devient ensuite le curé de ce village jusqu’en 1979, date de sa nomination épiscopale. « Professeur et prêtre, il prépare soigneusement ses cours. Il prêche sans papiers, avec force et conviction ».

Un successeur de Mgr. Bossilkov, à Roussé.

La situation de la hiérarchie catholique en Bulgarie bénéficie de ‘l’Ostpolitik’, menée par le pape Paul VI et son cardinal-secrétaire d’Etat, Mgr. Casaroli. En août 1975, quelque temps après la visite de M. Jivkov au Vatican (27 juin), deux évêques latins sont nommés: Mgr Dobranov au siège de Sofia-Plovdiv et Mgr. Sereicov à Nicopoli (Roussé). Mais la mort prématurée de Mgr Sereicov en 1978 repose la question. A la demande pressante du nouveau pape polonais, Jean Paul II, le Père Samuel accepte de servir l’Eglise de son pays comme évêque de Nicopoli-Roussé, dans les conditions difficiles du régime politique communiste. Le dimanche 27 mai 1979, le pape ordonne 26 nouveaux évêques dont Mgr. Samuel qui accepte l’épiscopat dans un esprit d’obéissance et de service dans une charge qu’il n’a pas désirée et qu’il dit sans fausse modestie ne pas pouvoir refuser. Son diocèse de rite latin, dans la partie Nord du pays ne compte que 12 paroisses, desservies par 15 prêtres aidés d’une trentaine de religieuses. En avril 1995, après l’installation de son successeur à Roussé, Mgr. Petko Christov, Mgr. Samuel rejoint la communauté A.A. de Plovdiv où il cherche encore à se rendre utile par quelques services ministériels. Malgré son état de santé décline: il a perdu quasiment la mémoire. Il vient en France accomplir un dernier voyage à la fin de l’année 1997, bénéficier de quelques soins médicaux et soigner un eczéma tenace. Des complications de visa de long séjour empêchent son affectation à la maison de Lorgues (Var).

Circonstances accidentelles d’un décès, symbole d’une Eglise écrasée.

« Le jeudi 19 mars 1998, en fin de matinée, Mgr. Samuel sort pour poster une lettre. Comme il lui arrive parfois de s’égarer, on commence à s’étonner de ne pas le voir rentrer. Le P. Petar Ljubas part à sa recherche sans succès Nous avertissons la police du quartier de cette disparition insolite. Le lendemain, vers Il h., la police téléphone à la communauté assomptionniste et le P. Petar se rend à la morgue pour la reconnaissance du corps: Mgr. Samuel est méconnaissable, écrasé. C’est grâce aux vêtements et grâce au petit livre de prières retrouvé sur lui, que le P. Petar peut confirmer qu’il s’agit bien de lui. La police dit avoir retrouvé le corps la veille au soir, vers 22h. 30, sur la route de Sofia en dehors de Plovdiv. Les circonstances exactes de cette mort restent incertaines et même quelque peu mystérieuses. Le samedi 21 mars, les obsèques sont célébrées à Guénéral Nikolaevo, pays natal de Mgr Samuel [formé par la réunion administrative de deux villages sous le régime communiste suivies de l’inhumation dans le cimetière du village». Témoin et victime du martyre des chrétiens de Bulgarie, écrasés par le régime communiste, Mgr. Samuel trouve une mort qui ressemble étrangement, en les résumant, à celles de centaines de ‘confesseurs de la foi’, disparus ou mutilés dans les camps et les prisons d’après guerre, durant presque une quarantaine années d’agonie.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Biographie de Mgr Samuel par le P. Gorazd Kourtev (présentation du défunt, le 21 mars 1998). A Travers la Province, avril 1998, n° 141 p. 16-20 (circonstances du décès de Mgr. Djoundrine). Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999. Assomption-France, Nécrologie 1998, p. 425-428. L’Assomption et ses œuvres, 1979, n° 599, p. 12-13. Osservatore Romano, 28-29 mai 1979 (ordination épiscopale de Mgr Djoundrine). Osservatore Romano, 1er et 2 juin 1992, p. 9 (visite lad liminaldes évêques bulgares à Rome et cérémonie avec le pape Jean Paul II). Correspondances dans les ACR (1987-1992). Notices Biographiques