Sava (Ivanov) CHOVIKOV – 1885-1946

Liturgie slave.
«Je me hâte avec joie de répondre à votre bonne lettre. Je veux vous
raconter comment nous avons passé la belle fête du Sacré-Cœur. Le matin, au
lieu de la classe, nous aidons le P. Saturnin
(Aube) et les autres Pères et Frères à la construction des reposoirs. Cette
année nous en avons construit deux: un latin
et un slave. A la construction du reposoir slave dans la cour de
l’internat, sous la vigne près de la classe de St Basile, notre bien-aimé
bienfaiteur François Paris a pris part aussi.
En le regardant, on peut dire que c’est une véritable église bien ornée! Au
centre, l’image représentant le Christ au jardin des Oliviers, à ses côtés,
Sts Pierre et Paul, avec deux grands lustres comportant chacun 12 lampions,
dix candélabres et une quantité d’objets slaves. Presque tous les Grecs de
Karagatch sont venus voir. Depuis votre départ, l’ég1ise slave de Sliven
possède 3 cloches, 3 grands lustres, 14 candélabres, 1 épitaphe, 10 images,
1 petit autel pour l’image du pape ». Sava C. au P. Germain Reydon,
Andrinople, 19.
06.1906.

Religieux bulgare de la Province de Lyon.

Curriculum vitae.

Sava Ivanov Chovikov (une des transcriptions possibles de son nom slave: Chévikov, Chavikov …) est né le 13 juillet 1885 de parents orthodoxes à Seviiévo, dans la région de Tirnovo en Bulgarie. Il fait ses études primaires à Sopot et Karlovo. Le 5 août 1899 il entre à l’alumnat de Karagatch, près d’Andrinople (Turquie d’Europe) et y demeure jusqu’en 1907. Il prend l’habit le 8 septembre 1907 des mains du P. Emmanuel Bailly à Louvain (Belgique) et accomplit son noviciat sous la direction du P. Antoine de Padoue Vidai. Le 13 septembre 1909, il prononce ses vœux perpétuels à Gempe (Belgique) entre les mains du P. Vincent de Paul Bailly. De 1909 à 1911, il étudie la philosophie au scolasticat de Louvain. Il a la joie en 1911 de participer au pèlerinage national de Lourdes et, cette même année, il est envoyé pour quelques mois enseigner dans les écoles de Brousse (Turquie). Il rejoint ensuite à Istanbul la maison d’études de Kadi-Keuï (1911-1914) pour les études de théologie. Le 2 janvier 1912, il est tonsuré et ordonné sous-diacre puis diacre par Mgr Michel Mirov, selon le rite slave. Le 12 juillet 1914 il reçoit l’ordination sacerdotale par les mains de ce même évêque à Galata (Istanbul). Nous pouvons suivre ainsi sa vie apostolique, selon les indications de sa liste de religieux: il commence son service ministériel à Karagatch et à Yamboi (Bulgarie) de 1914 à 1915. Il passe ensuite à Sliven, autre ville bulgare où est implantée l’Assomption (1915- 1918). Après la guerre, l’Assomption peut reprendre disposition du collège Saint-Augustin à Philippopoli où le P. Sava assume quelques classes (1918-1922), mais aussi la charge de curé à l’église slave, près du collège. Le 16 septembre 1922, il est nommé de nouveau à Yamboi (1) où il va rester jusqu’à sa mort en 1946.

Depuis le 12 août 1924, il y assume la charge de curé pour la paroisse slave.

Quelques détails sur la mort du P. Sava.

Depuis le mois d’octobre 1945, le P. Sava souffre d’une maladie cardiaque et se réveille souvent la nuit, oppressé par des crises. Réduit alors à ne pouvoir célébrer l’eucharistie que dans sa chambre en semaine, il ne se déplace à l’église que pour le dimanche et les fêtes importantes. Le 9 avril 1946, il garde le lit pour ne plus se relever. Le 26 avril au soir, le P. Sava ne peut plus s’exprimer, sans doute à cause d’une hémorragie cérébrale qui lui a enlevé définitivement la parole. Il meurt le 29 avril 1946 vers les 17 heures. L’enterrement a lieu le lendemain 30 avril dans l’après-midi, présidé par le P. Marislav Bantchev, son collègue et ami de longue date, qui rend hommage au long apostolat du P. Sava à l’église slave de Yambol. Au cimetière, le secrétaire du cercle catholique Saints-Cyrille et Méthode prend à son tour la parole pour rappeler quelques faits de vie du P. Sava qui est le premier assomptionniste à être inhumé à Yamboi. Cette mission a été fondée en 1889 grâce à l’un des premiers assomptionnistes bulgares, le P. Ivan Pistich (ou Yvan Pistichki, selon les transcriptions). En 1946, elle ne compte plus de quatre religieux pour la desserte de l’église et les autres services liés au culte de cette paroisse slave: le P. Marislav Bantchev, le P. Méthode Oustikov que le P. Ausone Dampérat accepte de laisser partir de Plovdiv pour remplacer le P. Sava, le Frère Ivan [Yvan] Petrov et le P. Kyril Bozev. Après l’incorporation de la Bulgarie dans la sphère d’influence soviétique, à la suite de la seconde guerre mondiale, tous les religieux bulgares, vivant en Bulgarie, sont tous dispersés, soit emprisonnés, soit réduits à une activité apostolique discrète. Yamboi – autre forme, Yamboli – reste un des lieux de la mémoire assomptionniste en Bulgarie. (1) C’est le 19 décembre 1888 que fut fondée la mission de Yambollil, par l’installation de trois Sœurs Oblates, présidée par le P. Alexandre Chilier. Elles y ouvrent une école.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille 1946, p. 78. Lettre du Frère Sava Chôvikov au P. Germain Reydon Andrinople, 19 juin 1906. Archives de Yambol (Ephémérides). Note historique du P. Germain Reydon sur la fondation de Yambc>li (1888-1921), non datée. Missions des Augustins de l’Assomption, 1925, no 274, pages 28-29 [La mission d’Yamboli (sic)].