Séverin (Auguste-F.) AZEMA – 1872-1957

Evocations.

« En présence de toute la colonie française, lecture solennelle vient
d’être faite de l’acte ministériel nommant le frère Séverin Azéma officier
d’Académie. Jusqu’à la proclamation de son nom, le bon Frère était le
premier à applaudir le nouvel élu. Il a fallu lui remettre le papier
officiel entre les mains pour le convaincre qu’il s’agissait bien de lui.
Malgré sa confusion, le Fr. Séverin a dû convenir que la distinction était
bien placée. Trente-cinq ans de vie de mission, d’humble mais
fécond apostolat dans l’enseignement, voilà un actif qu’il fait bon avoir à
son compte. On se réserve pour une nouvelle manifestation, à l’heure des
toasts ».
Du P. Humbert, le 9 juillet
1925.
«Le Fr. Séverin a célébré ses noces d’orde profession. De Rome, le P. Rémi
Kokel lui a fait parvenir une bénédiction du pape. Jugez de l’émoi du cher
jubilaire lorsque, après le chant de l’évangile, le célébrant lut le texte
de cette bénédiction. Après la messe de minuit, il aurait prolongé très
longtemps son action de grâces si le vieux domestique qui, lui désirait se
coucher, ne l’avait invité à ne pas retarder son réveillon ».
A.Gayraud, 1951.

Religieux français de la Province de Lyon.

Un compatriote viganais du P. d’Alzon.

Auguste-François est né le 17 juin 1872 au Vigan (Gard), rue des Casernes. Il y fait ses classes primaires à l’école des Frères des Ecoles chrétiennes pour laquelle le P. d’Alzon dans les années 1840 s’est entremis auprès du sous- préfet. Auguste entre à l’alumnat de Roussas (Drôme) de 1886 à 1888, mais il ne semble pas très heureux dans sa scolarité. Il demande à 18 ans à entrer à l’Asssomption en se présentant comme postulant à Livry (Seine-Saint-Denis) le 25 avril 1890 où l’accueille le maître des novices de l’époque le P. Emmanuel Bailly qui le juge très favorablement: « excellent, très généreux, très ouvert, très docile ». En septembre 1891, sous le prénom religieux de Séverin, il est envoyé au noviciat d’Orient à Phanaraki (Turquie), mais les appréciations du P. Ernest Baudouy et du P. François Mathis lui sont cette fois très nettement défavorables, ce qui explique le décalage de sa première profession le 25 avril 1891. Il lui est signifié en 1893, alors qu’il est en poste à Ismidt, que la Congrégation ne peut le recevoir comme futur prêtre, mais qu’il a la liberté de poursuivre comme religieux coadjuteur. C’est à Brousse en Turquie que le P. Marie-Xavier le reçoit comme profès perpétuel le 25 décembre 1901, le jour du cinquantième anniversaire de la profession du fondateur, son compatriote.

Au service de la Mission d’Orient.

Bien que sa formation ait été écourtée, le fr. Séverin s’adonne aux joies de l’enseignement de très longues années: Ismidt, Brousse (1895- 1908) où il excelle à l’école préparatoire et particulièrement dans les disciplines musicales (chant grégorien, instruments de la fanfare), Eski-Chéhir (1908-1914). On sait que les hostilités militaires de la grande guerre,

Notices Biographiques A.A Page : 111/111 rangeant la Turquie dans le bloc des alliances de la Triplice, mettent alors à mal toutes les implantations missionnaires de l’Assomption.

De longues obligations militaires.

Il est lui-même mobilisé pour de longues années dans de nombreux postes et emplois comme réserviste: infirmier à Nimes (1914-1915). Bien que réformé en janvier 1915 -il est affecté quelque temps pour la fondation de Saint-Maur- il est rappelé comme auxiliaire à Aix-en- Provence, passe à Pélisanne (1916), puis en Arles (1917), toujours dans les Bouches-du-Rhône. D’une de ses visites en permission dans sa famille au Vigan, le P. Paul de la Croix Journet a retenu une anecdocte significative: « Voici une aventure qui m’a été racontée par l’archiprêtre du Vigan [Garienq] et dont le fr. Séverin est le héros, lors de sa dernière permission au pays natal. Pour avoir plus de recueillement clans sa visite au Saint-Sacrement, le bon Frère est monté aux tribunes; le soir venu, le sacristain ne l’aperçoit pas et ferme les portes. Vers 22 heures, des passants attardés entendent des coups redoublés dans l’église. En toute hâte, on avertit le curé qui accourt, accompagné d’une bonne garde. On craignait quelque effraction, on ouvre le portail avec précaution et l’on est tout étonné de trouver un tapageur si édifiant! ».

De retour en Orient, médaillé de l’Académie.

Après la guerre, Séverin est à nouveau nommé professeur en Orient, en Bulgarie à Varna (1924), en Turquie à Konia en 1925 où en juillet il est honoré de la médaille d’officier d’Académie pour trente-cinq années de service d’enseignement, puis à Zongouldak, enfin à Ankara en 1932. Il a la joie en décembre 1951 de fêter, après soixante ans de présence en Orient, son jubilé d’or de profession et ses quatre-vingt ans. En 1953, vu son âge, il peut se retirer à la maison de repos de Lorgues. Il y meurt le 18 juillet 1957, dans sa quatre-vingt cinquième année dans la simplicité et l’esprit de dévouement qui ne se sont jamais démentis.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation B.O.A. octobre 1958, p. 29. Lettre à la Dispersion, 1917, no 436, p. 107; 1925, no 149, p. 624. Lettre à la Famille, 1952, no 128, p. 12. Pendant le temps de son service militaire dans le Midi (Avignon, Aix, Marignane, Mélissanne …) , le fr. Séverin a donné à la Lettre à la dispersion, année 1917, de nombreuses chroniques, informant de sa vie à la caserne et de ses activités, mais aussi de ses recherches sur des religieux assomptionnistes disparus au front ou supposés disparus.