Stanislas (Alexandre) BREVET – 1894-1933

Un mobilisé inactif.

« Je serais très heureux de recevoir La Croix et les autres publications de
la Bonne Presse. Je suis ici bien isolé. Voilà deux jours, j’étais à
Rennes, au 41ème R.I. Je pouvais voir tous les jours les FFr. Marie-Paul
Lesage, Régis, Dehous et m’entretenir avec eux de la famille.
Je suis parti de Rennes proposé par le médecin de
secteur pour S.X. On m’envoie à Mamers rejoindre le 115ème et je suis
renvoyé de nouveau au Mans pour réviser la proposition dans laquelle je
suis maintenu et on m’hospitalise en attendant que je passe à la
radiographie. J’espère que la Sainte Vierge arrangera toutes les choses ».
Alexandre, Le Mans, 3 mai
1919.
« Je suis à Mamers, en attente de conseil de réforme qui doit se tenir le
27 ou le 30 du mois de mai. J’ai encore à attendre, comme vous le voyez.
Si je passe auxiliaire comme je le suis proposé, je demanderai à retourner
à Rennes. Je serais là en compagnie du Fr. Marie-Paul Lesage, et aussi plus
près de chez moi, ce serait plus intéressant ».
Alexandre, Mamers, 11 mai
1919.

Religieux de la Province de Bordeaux.

Un caractère trempé.

Alexandre naît le 17 décembre 1894, à Bains- sur-Oust (Ile-et-Vilaine). Le foyer compte 9 enfants et très tôt la mère reste seule, veuve. On comprend que l’enfance d’Alexandre ait été rude et laborieuse et que son instruction soit restée sommaire. Alexandre est atteint jeune d’une fièvre typhoïde qui lui laisse une mémoire parfois défaillante. Du moins apprend-il à cette rude école de vie les multiples savoir-faire des métiers manuels qui vont rendre son concours précieux: cuisine, menuiserie, cordonnerie, jardinage, reliure, confection. De 1907 à 1909 Alexandre passe par l’alumnat de Bure (Belgique), années qui complètent son bagage scolaire. Il se rend compte par lui-même qu’il ne peut entreprendre de longues études et il demande à être admis comme religieux frère dans la Congrégation. Le 6 mars 1910 il est reçu, en qualité de postulant, au noviciat de Louvain, le P. Pierre Fourier Merklen lui donne l’habit et le nom de Stanislas. Le temps de noviciat proprement dit se déroule à Limpertsberg au Luxembourg du 19 juillet 1912 au 6 mars 1913, sous la conduite du P. Arbogaste. La grande guerre l’y surprend et il est occupé au travail dans les fermes. Ces années de privations ont dû compter dans l’altération de sa santé. Le Frère Stanislas est aussi retenu par les obligations militaires jusqu’en 1919. Il peut prononcer ses premiers vœux le 10 mai 1920 à Saint-Gérard (Belgique). Il rend tous les services dans les différentes maisons où il est affecté: Louvain (1920-1922), Taintegnies (1922-1924), Saint-Gérard (1924- 1928) et Paris rue Camou (1928-1932) où il remplace avec tact le Frère Louis Massault, son prédécesseur. Sa profession perpétuelle est datée du 11 mai 1923 à Taintegnies. Homme très propre et très soigneux, habile de ses doigts,

ne laissant rien perdre par esprit de pauvreté, il se montre en communauté d’une parfaite discrétion et de bonne présentation. Son caractère est assez vif et même parfois cassant. Il remplit consciencieusement ses multiples travaux et n’aime pas voir d’autres être mêlés à ses services sans mandat. Son abord est plutôt rugueux: il n’apprécie guère les conversations légères et pratique la correction fraternelle avec une franchise incisive. Du moins sait-il garder les bornes d’une attitude charitable, car son pardon est sans rancune et sans arrière- pensée. Fidèle dans les observances religieuses, il sait s’ouvrir avec régularité de son intérieur. On peut attribuer cette mâle énergie plutôt rugueuse à son caractère breton, mais, comme tout homme, il peut avoir les défauts de ses qualités qui sont grandes et bien réelles. Son esprit clair et prompt lui permet de mettre à exécution sans délai les services demandés avec l’habileté qui caractérise ses aptitudes.

Une maladie tenace.

Sa santé peu résistante est à maintes reprises éprouvée. Mais si le Frère en souffre, son esprit et son travail ne fléchissent pas. En 1927, il est atteint par une pleurésie; dans l’hiver 1931-1932, à Paris, à nouveau il doit être soigné pour une pleurésie. Le 16 juillet 1932, il est envoyé à Lorgues (Var) dont le climat plus propice est approprié aux soins recommandés. Il continue, tout en se soignant ponctuellement, à réparer les chaussures. Le 20 avril 1933, il doit être hospitalisé à la clinique chirurgicale de la Croix-Rouge à Toulon, en vue d’une opération. Un phlegmon bacillaire s’est déclaré au niveau de l’intestin. Soigné par les Petites-Sœurs de l’Assomption, il ne peut cependant être opéré en raison d’une trop forte température. Le dernier mois lui est très pénible, il ne dort guère et ne s’alimente plus beaucoup, aussi est-il très amaigri et affaibli. En 1936, il s’est offert en victime au Cœur du Christ. Ses saints préférés sont fréquemment invoqués: la petite Thérèse de Lisieux, Saint Grignion de Montfort. Il est reconduit à Lorgues le 30 avril et il s’éteint le 31 mai 1933 au matin, vers 6 h. 15, jour de la fête de Marie médiatrice. Il est inhumé dans le caveau à Lorgues. La tradition veut qu’une mésange est venu donner le signal de départ du Fr. Stanislas, en voletant de lit en lit dans le dortoir des Sœurs de Notre-Dame d’Aups qui s’installent dans l’ancienne maison réparée des Assomptionnistes à Lorgues…

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1933, n° 487, p. 193; n° 488,.p. 201-202. L’Assomption 1933, n° 386, p. 358-359. Lettre à la Dispersion, 1919, n° 570, p. 288. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy.