Stéphane (Jean-Dominique) LAPORTE – 1898-1969

De l’enseignement à la vie pastorales 1938.
« Le P. Stéphane Laporte, professeur à Cahuzac (Gers), est nommé curé à
Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente- Maritime), à la place du P. Yves-Gilbert
Loiseau que des accidents de santé ont obligé de mettre au repos ».

Lettre à la dispersion, 1938, n°
765, p. 187.

«Nous lisons dans Le Bulletin religieux de La Rochelle du 6 octobre 1938:
‘Par décision de Mgr Liagre, M. l’abbé Laporte
(P. Stéphane) est nommé curé de Pont-l’Abbé d’Arnoult et chargé du service
de Sainte- Radegonde, en remplacement de M. l’abbé Loiseau, le P.
Yves-Gilbert, retiré du saint ministère pour raison de santé
».
Lettre à la dispersion, 1938, n°
767, p. 207.

Pont-l’Abbé d’Arnoult est la commune-paroisse sur laquelle est situé le
noviciat de la Chaume ‘Séminaire des Missions’. Cahuzac est le nom d’un
sanctuaire du Gers, à Gimont, où est établi un alumnat. Sainte-Radegonde
est un village proche de Pont- L’Abbé d’Arnoult (Charente- Maritime). Mgr
Louis Liagre est évêque de La Rochelle de
1938 à 1955.

Religieux de la Province de Bordeaux.

Un enfant des Pyrénées.

Jean-Dominique Laporte est né le 25 février à Cauterets, station thermale des Hautes-Pyrénées. Son enfance est éblouie par la merveilleuse blancheur des sommets enneigés. Il se laisse griser par les descentes vertigineuses: n’est-il pas champion de ski dans la catégorie des minimes? Enthousiasmé par d’autres sommets, en 1911 il passe la frontière franco-espagnole pour se rendre à l’alumnat d’Elorrio, en Biscaye au pays basque. Il y demeure jusqu’en 1914. Ses humanités, il les fait à Ascona en Suisse, de 1914 à 1916. Durant l’été de cette même année 1916, il entre au noviciat de Lumières, dans le Vaucluse, près d’Avignon, où il prend l’habit le 26 juillet, sous le nom de Frère Stéphane. Au bout de neuf mois de noviciat, il est soustrait à la vie religieuse par les obligations de la vie militaire (avril 1917). Démobilisé, il ne rejoint pas le couvent mais reste dans le monde. Une crise de conscience pénible mais bénéfique lui permet plus tard de faire un choix libre et personnel qui l’engage tout entier.

Une .seconde entrée’.

Travaillé par la grâce, Jean sollicite à nouveau, cinq ans plus tard, son admission au noviciat de l’Assomption. Il franchit les portes de celui de Saint- Gérard, le 11 juin 1922. Ce n’est plus le P. Léonide Guyo qui guide ses pas, mais le P. Rémi Kokel qui écrit de lui: « Le Frère Stéphane est ici depuis un an et je n’ai eu qu’à me louer de son bon esprit et de son bonne volonté. Il reste toujours impressionnable et a besoin d’être soutenu, mais c’est un religieux très dévoué, aimable, un excellent élément dans une communauté nombreuse et régulière ». Frère Stéphane prononce ses premiers v?ux annuels le 17 juin 1923 à Saint-Gérard.

Il écrit: « Dieu m’appelle réellement à la vie religieuse, c’est le seul milieu qui convienne à ma sanctification et à l’utilisation de ma vie ». Il commence sa philosophie à Taintegnies (1923- 1924), la poursuit à Saint-Gérard (1924-1925), selon la nouvelle affectation des maisons à cette date. Profès perpétuel le 12 juillet 1926, il étudie la théologie à Louvain (1925-1929) où il est ordonné prêtre le 9 juin 1929.

Affectations.

La vie du P. Stéphane est consacrée, dans l’obéissance, à l’éducation des jeunes en alumnat ou à la pastorale paroissiale. Il fait ses premières armes à Saint-Maur (Maine-et-Loire), 1929 à 1930, puis Cahuzac (Gers), de 1930 à 1938. Il a la charge de la paroisse de Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime) de 1938 à 1946, période coupée par la guerre de 1939-1940 qui le réquisitionne comme infirmier à Toulouse. De 1946 à 1951, il devient aumônier au pensionnat des S?urs Oblates à Jalesnes. Supérieur de la maison de vocations tardives à Blou (Maine-et- Loire) de 1951 à 1954, il tente ensuite avec quelques religieux d’acclimater l’Assomption à Fougères (Ille-et-Vilaine), de 1954 à 1956. Fumel (Lot-et-Garonne) est son dernier poste: après 12 ans, il le quitte à la fin de l’année 1968 pour se préparer à la mort. Il meurt le 16 janvier 1969 à Agen et est inhumé à Layrac (Lot-et-Garonne).

Personnalité.

Le P. Stéphane est un homme aimable, souriant, accueillant, plein d’humour discret. Il vibre d’une sensibilité profonde qui le trahit parfois: le dimanche de la Passion 1930 à Saint-Maur, jeune prêtre, il donne un libre cours à ses larmes, l’obligeant à planter là son jeune auditoire quelque peu étonné. Il a surtout le culte de la distinction et attire naturellement la sympathie. Dans sa vie, il a besoin de ressentir une certaine chaleur humaine dans une atmosphère d’amitié qu’il sait empreindre de l’amour de Dieu. Sa vie est simple, ordinaire, sans fracas. Il semble à ses compagnons l’avoir conduite toute droite, à l’aise, comme la trajectoire d’un skieur sur les pistes blanches de Cauterets. Sa voie, il la suit tracée par l’obéissance et la foi. Sa conviction d’être aimé de Dieu l’a conduit à témoigner de cet amour par toute une vie donnée dans l’exercice d’un ministère ordinaire.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 137. A Travers la Province (Bordeaux), 4 février 1969.