Stéphane ou Stefaan (Etienne-J.) LOWET – 1908-1982

Juillet 1961.
« Il n’y a rien d’urgent dans la lettre que je vous adresse depuis la
solitude bienfaisante de Marie la Misérable. Vous la lirez
quand vous en aurez le temps:
elle ne consacre aucun mot aux
‘affaires’ dont généralement mes lettres précédentes vous entretenaient. Je
souhaite vous donner un écho personnel des décisions récentes. Je ne saisis
pas les impressions de tristesse dont le P. Martial Ronvaux vous a fait
part à mon sujet quant à la décision de séparation des deux Belgique. Je
suis absolument certain que pour moi votre décision est une grâce et je
n’ai jamais douté de vos sentiments
à mon égard, pas plus dans le passé que maintenant. Je désire seulement me
détendre davantage et reprendre davantage contact avec le Christ dans la
prière. Cela n’est pas facile quand 1es responsabilités sont grandes. Je
suis heureux de déposer le fardeau, mais je suis très attentif à aider le
P. Martial Ronvaux pour l’aider de toutes les manières et soutenir son
autorité. Nous sommes de très bons amis et nous voulons travailler
ensemble, mais je
veux rester à ma place et ne pas me substituer à lui, simplement lui donner
les lumières que je puis avoir. Lui seul peut prendre les décisions
nécessaires, car on autorité est neuve».

Religieux de la Province de Belgique-Nord, Provincial de Belgique (1952-1961).

Premiers pas.

Etienne-Joseph Lowet naît le 24 septembre 1908 à Schalkhoven, dans le Limbourg belge, au diocèse de Liège. Alumniste à Zepperen (1921-1925) et à Sart- les-Moines (1925-1927), il entré au noviciat de Taintegnies, le 30 octobre 1927, sous le nom de Frère Stéphane. Le P. Aubain Colette est son maître des novices: « Le Frère Stéphane est un excellent religieux qui fait un bon noviciat et profile de tout pour se laisser former très loyalement. Il est sensible, délicat et poli, d’une commerce agréable, généreux pour le travail. Sa piété est solide et son sens des initiatives certain. Il souffre un peu de timidité. Plein d’entrain, il est aimé de tous ses compagnons ». Le Frère Stéphane prononce ses premiers vœux, le 1er novembre 1928. Il va étudier la philosophie à Saint-Gérard (1928-1930), puis la théologie à Louvain. Profès perpétuel le 1er novembre 1931, il est ordonné prêtre à Louvain, le 26 décembre 1934 par Mgr Van Cauwengergh.

Responsabilités de chef, en temps de crise.

Le P. Stéphane exerce d’abord trois années de professorat à Taintegnies, de 1935 à 1938. Plusieurs responsabilités lui sont confiées: il est supérieur à Zepperen (1938-1942), maître des novices à Taintegnies une dizaine d’années (19421952), supérieur provincial de l’unique province belge de 1952 à 1961. Il sait que vient l’heure de la séparation entre le Nord flamand et le Sud francophone, car cette question est constamment à l’ordre du jour depuis 1961. Lui-même accepte la décision finale, inéluctable, et écrit en juillet 1963 au P. Wilfrid Dufault: « Le problème épineux belge est tranché. Roma locula est, causa finita, au moins dans ses grandes lignes.

Tout cela vous aura causé bien des tracas, vous voudrez bien m’excuser personnellement pour la part de ces tracas dont je puis être responsable. Je souhaite faire partie de la Province-Nord. Veuille le Seigneur que cette décision soit pour un plus grand rayonnement de l’Assomption et de l’Eglise ». Il continue à assumer des responsabilités de premier plan: de 1961 à 1963, il est secrétaire et assistant provincial du P. Martial Ronvaux et, de 1963 à 1976, économe provincial de Belgique-Nord. On peut relever deux aspects de sa personnalité: d’une part c’est un religieux conscient des responsabilités qui lui sont confiées: il sait faire preuve d’audace, d’initiative et même de sévérité dans l’exercice de sa fonction; mais d’autre part c’est un homme au cœur plein de bonté et de compréhension fraternelle pour les personnes. Sous bonne garde, la province belge s’est épanouie durant son provincialat.

Les dernières années.

Vivant une vie plus ou moins retirée à Woluwe depuis 1976, le P. Stéphane, devenu le P. Stefaan, continue à étudier la Bible et l’histoire, car c’est un homme de haute culture. Mais atteint d’un mal qui ne pardonne pas en 1980, il gravit pendant deux ans le chemin de la souffrance. Hospitalisé à la clinique de Kortenberg, ses frères dans l’Assomption et sa sœur, Oblate de l’Assomption, Sr Stéphanie, lui sont un précieux soutien pour porter cette croix. Le P. Stefaan s’endort dans la paix du Seigneur le 16 octobre 1982, à l’aube de sa 75ème année. Nombreux sont les témoignages d’amitié et de condoléances de toutes les familles de l’Assomption, en réponse à la lettre de faire-part. Le P. Stefaan est inhumé au cimetière de son village natal, à Schalkhoven., le 20 octobre.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 61-62. Onder-Ons, 1982 et Belgique-Sud Assomption, 1982, p. 1228. Lettre du P. Stéphane Lowet au P. Wilfrid Dufault, Woluwé, 25 juillet 1961. Du P. Stéphane Lowet, dans les ACR, rapports sur la Province de Belgique, rapports sur Zepperen (1938-1942), sur Taintegnies (1942-1951), actes du Provincialat (1952-1961), nombreuses correspondances (1949-1968).