Sulpice (Léopold-Jean) GALLOY – 1890-1959

Un Fondateur.
« C’est en 1923 que La Croix de Belgique se présenta au public. Le tirage
de Noël 1923 porte le numéro 1 de la première année. Il serait trop long de
vous redire les péripéties de cette aventure. Car il n’était pas question
encore de lancer un journal paroissial, mais un hebdomadaire. Il suffit de
suivre les comptes-rendus des Conseils d’administration,
pour s’apercevoir de la somme de dévouement et de don de soi que le P.
Galloy lança dans son œuvre. Il railla autour de cette fondation des
milliers de chrétiens enthousiastes. Tous, depuis l’avocat jusqu’à
l’ouvrier, se mirent au travail pour amener au journal de nouveaux
lecteurs. Arrêtons- nous un instant à l’idéal qu’il a toujours voulu faire
triompher. Nous retrouvons dans le premier numéro d’après guerre, à la date
du 24 septembre 1944 et dans son adieu à La Croix de Belgique, lorsque la
maladie le contraignit au repos partiel, l’écho fidèle du message qu’il
voulait faire passer: « Reconquérir la société au Christ, restaurer tout
dans le Christ. Aider le Christ à régner dans les âmes, dans la famille, à
l’école, dans les milieux de travail, dans la société ». A. Collard, La
Croix de Belgique
2-08.1959.

Sulpice (Léopold-Jean) GALLOY

1890-1959

Religieux de la Province de Belgique, économe et assistant provincial.

Origines.

Léopold Galloy naît le 29 avril 1890 à Seraing-sur- Meuse (Belgique). « Son humour jovial et bonhomme trahit ses origines liégeoises, arrondissant les angles d’un caractère naturellement autoritaire qui au demeurant, cache un cœur d’or ». Il fait ses études secondaires à Bure (1901-1902, 1903-1905) et Taintegnies (1905-1907), son noviciat commencé à Louvain (11 septembre 1907) et terminé à Gempe (12 septembre 1909, profession perpétuelle) et sa philosophie à Louvain (1909-1912). Après deux ans de professorat à Louvain et à Taintegnies (1912- 1914), la guerre de 1914-1918 le retient 4 ans sur l’Yser comme brancardier. Victime d’une attaque au gaz il reste privé d’un poumon. Son courage et son héroïsme lui valent plusieurs distinctions militaires. En 1919, Léopold, devenu Frère Sulpice, rejoint Louvain où, trois ans plus tard, l’ordination sacerdotale vient couronner tant d’années d’attente, de sacrifice et de préparation (23 juillet 1922).

Fondateur de La Croix de Belgique.

Au lendemain de son sacerdoce, le P. Sulpice enseigne la rhétorique à Sart-les-Moines (1922-1924), inculquant à ses élèves, avec les belles lettres, l’amour de l’Assomption dont il est pénétré. C’est à cette époque qu’il entre en relation avec un ancien condisciple d’alumnat M. Marette qui projette la fondation d’un journal catholique. A la suite de pourparlers, la formule d’un hebdomadaire prend corps et, pour Noël 1923, paraît le premier numéro de La Croix de Belgique dont le P. Sulpice est pendant trente ans l’animateur. Tout en dirigeant le journal le P. Galloy qui réside à Bruxelles depuis 1924, occupe des fonctions importantes: économe provincial (1928- 1946), puis, simultanément,

premier assistant provincial et supérieur de la communauté de Bruxelles (1946-1952). Homme exigeant, il sait se montrer cordial et attentif aux besoins des autres; mais autoritaire par nature et sans doute par fonction, il s’attire aussi quelques animosités tenaces. Il pratique envers des amis une serviabilité dont certains vont abuser. Mis en cause pour sa gestion financière et des placements aventureux – Mgr Piérard estime qu’ils lèsent la mission au Congo – le P. Sulpice est déchargé, après plaintes et enquêtes, de toutes ses fonctions en 1952, y compris de la direction du journal. Le coup lui est rude, mais il sait en cette occasion manifester des sentiments religieux qui ouvrent une perspective d’avenir: « Permettez-moi, écrit-il à son nouveau Provincial, le P. Stéphane Lowet, de me mettre à votre entière disposition pour l’emploi que vous voulez bien me proposer ». Il a la simplicité de demander pardon à la communauté de Bruxelles pour les mauvais exemples donnés, les peines causées: qu’elle m’accorde la charité d’un memento fraternel afin que Dieu daigne accepter mon sacrifice et me permette de faire du bien dans mon nouvel emploi.

Aumônier des Petites Sœurs de l’Assomption.

Le P. Sulpice consacre ses dernières forces à l’aumônerie des P.S.A., au Stimont, près d’Ottignies. Dans le repos et le calme, il fait bénéficier pleinement les religieuses de ce cadre, nouveau pour lui, en faveur d’une vie religieuse régulière qui centre les énergies sur la vie intérieure des âmes, leurs progrès dans la voie spirituelle, les œuvres de la Province belge et l’avenir de la Congrégation. « Je continue dans le bonheur ma vie de paix et de ferveur semblable à celle d’un noviciat ». Avec les années, le cœur s’est usé. Le 3 juin 1956, il est terrassé par une crise cardiaque. Cette alerte lui est accordée comme un délai. En avril 1959, il prend quelques temps de repos dans sa famille, à Marche-en-Famenne, d’où il est transféré dans une clinique voisine. A partir du mois de juillet, deux frères de Dure viennent le veiller régulièrement la nuit. Le P. Sulpice meurt le 19 juillet à la clinique, dans sa 70ème année. Les obsèques sont célébrées à Bute le jeudi 23 juillet 1959. Son corps est inhumé à Bure.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1960, p. 97. Lettre à la Famille, 1959, n’, P. 265-266. Contacts, n° 100 (août 1959). La Croix de Belgique, 2 août 1959 (Adieu au R.P. Galloy). Dans les ACR, correspondances du P. Sulpice Galloy (1908-1952) rapports sur Bruxelles (1949-1952), dossier sur la gestion financière du P. Galloy pendant et après son mandat d’économe provincial. Notices Biographiques