Symphorien CATTEAU – 1891-1964

Nouvelles de Heathfield.

« Je tiens à vous remercier de vos félicitations et vœux affectueux,
surtout des images du P.d’Alzon pouvant me servir comme souvenirs de mes
noces d’or, Dieu m’ a donné une bonne santé en général presque toute ma
vie,
j’en ai profité pour me dévouer pour ma congrégation. Je continue à avoir
cette bonne santé, cependant un peu de rhumatisme vient me rendre souvent
visite, il se fait sentir dans les jambes. Le jour il m’incommode peu, la
nuit il m’empêche parfois de dormir, c’est un va-et-vient, une croix de
vieillesse, mais qui n’en récolte pas? Je vois par exemple le bon Père
Aidan avec son diabète. Tous les religieux d’ici se portent bien. Le Père
Hilaire doit être content de ses quatre novices qui passent par ses mains
cette année. Ils sont une promesse pour l’avenir. Ne connaissant pas
l’anglais, ma pauvre
langue a bien des fois à se résigner à se taire, l’oreille confond. Ce
n’est pas un mal puisque les saints disent que c’est par la langue que l’on
pèche le plus ».

Frère Symphorien Catteau, Heathfield, 7 avril 1963.

Le Frère Symphorien, de la province de Paris, selon la géographie
assomptionniste de l’époque,

Religieux français affilié à la Province d’Angleterre.

Un long temps de préparation.

Symphorien Catteau naît le 15 août 1891 – le jour de l’Assomption- à Deulémont dans le Nord où il est scolarisé. Tout jeune, il est placé comme domestique de ferme (1904-1909): il apprend à soigner le bétail et à cultiver la terre, menant une vie rude entièrement adonnée au travail. Il entre en contact avec un religieux de l’Assomption qui le dirige sur Sart-les-Moines en Belgique où il est admis à faire le postulat jusqu’en janvier 1910. Le P. Pierre Fourier Merklen le reçoit alors à Louvain de 1910 à 1912 et note sur son bulletin: « Le Frère doit encore faire son service militaire, il appartient à une excellente famille d’ouvriers. Il a une sœur à la Visitation de Roubaix. Frère Symphorien est une vocation de choix: humble, docile, pieux, mortifié, pur, un excellent jeune homme ». C’est alors qu’il entre au noviciat, à Louvain d’abord, d’avril 1910 à avril 1912, puis à Limperstberg au Luxembourg, sous la direction du P. Antoine de Padoue Vidal (1912-1919) pour une période longue à cause de la guerre. Il prononce ses premiers vœux le 26 avril 1913, mais ne peut s’engager de façon définitive que le 13 septembre 1922 à Saint-Gérard. Entre temps, le Frère Symphorien a été mobilisé à Versailles en mai 1919, démobilisé provisoirement à Sarrebourg, mais repris par les activités militaires entre 1920 et 1921. Il est alors affecté à la maison d’études de Saint-Gérard en Belgique (1921-1930) où il assure les services de la ferme et de la production agricole. De là il est envoyé, pour les mêmes emplois, au noviciat des Essarts de 1930 à 1946.

Choix de la Province d’Angleterre (1946).

n’a fait qu’un court séjour en Angleterre, à Charlton en janvier et février 1920, après avoir quitté le Luxembourg. Il ne connaît pas l’anglais et pourtant, en 1946, lorsque la mission d’Angleterre obtient le statut de province en se séparant de Paris, il éclaire ainsi son option:

« Le P. James, Provincial de la nouvelle province anglaise, me demande de donner ma décision au sujet de savoir si je veux ou rester attaché à ma province de Paris ou opter pour la sienne. J’ai bien réfléchi. D’abord j’avais pensé rester dans ma province, vu que ma mémoire refuse obstinément d’apprendre l’anglais, ce qui me cause par ce fait même parfois des mortifications forcées. Naturellement je mets à part tout ce qu’il faut dire par nécessité: pour cela aucun Père ne refuse de répondre ou de commander dans ma propre langue, car ils savent tous bien le français en général. Est-ce cette mortification qui m’a valu la grâce de recueillement que j’ai reçue depuis deux ans, je ne sais, Dieu le sait. En tout cas depuis ce temps, je puis m’unir à Dieu très souvent, le prie très souvent et le prie surtout très amoureusement. Je désire opter pour la province anglaise pour conserver et augmenter les fruits de cette belle grâce. Mortifications et privations de nouvelles extérieures me deviennent une grande facilité pour correspondre à ce recueillement, tandis que le retour à mon pays pourrait me le faire perdre ».

Le Frère Symphorien est attaché au noviciat anglais comme jardinier, dans ses différentes pérégrinations: Langford Budville, Wellington, Somerset (1946-1948), Capenor, Nutfield, Surrey (1948-1956), Heathfield (1956-1964). C’est là que la mort le surprend, le soir du 26 novembre 1964, après l’Heure sainte. A peine entré dans sa cellule, il est terrassé par une embolie. Un religieux, accouru au bruit de la chute n’a que le temps de lui donner l’absolution. Le P. Treamer, Provincial, lui rend cet hommage: « Tous ceux qui ont connu le Frère Symphorien peuvent témoigner de son esprit de prière, de sa charité, de son dévouement et du soin parfait avec lequel il s’acquittait de son travail de jardinier ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1965, p. 62. The Assomptionist, 1963, 9 d, p. 27-28 et 1965, 1, p. 20-21.