Tharcisius (Joseph-Antoine) JANSSEN – 1896-1973

Vie du P. d’Alzon en néerlandais.
« Il me semble que le P. d’Alzon, moins éloquent que Lacordaire, fut plus
que ce dernier l’homme de l’action et l’éloquence des faits reste toujours
la plus belle. Voici un jeune vicomte, un fils unique, l’orgueil de sa race
-le jeune homme riche de l’Evangile n’était pas plus riche-d’Alzon suit
Jésus sur le chemin de la perfection, et cela si généreusement, que son
immense fortune s’écoule à flots entre ses doigts. Pardessus cela, c’est un
homme assez sage pour consacrer ses ressources à des fondations qui
dureront pour
la gloire de Dieu. Relever un collège, celui de l’Assomption, le maintenir
florissant malgré mille difficultés, le confier à une Congrégation, celle
des Assomptionnistes, fondée par lui; porter les charges de cette
Congrégation naissante et celles de son développement; infuser à tous ses
religieux l’esprit qui peu à peu
consumera son cœur, esprit de dévouement héroïque à la jeunesse pour le
Christ, voilà quelques aspects de son activité surnaturelle. Tout pour la
jeunesse, la jeunesse pour le Christ, telle devait être, je l’imagine, sa
devise,
Vénérable Père d’Alzon, combien simplement je vous introduis auprès des
lecteurs flamands ».

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Une vocation éprouvée.

Joseph-Antoine Janssen est né le 23 février 1896 à Sevenum aux Pays-Bas, dans la province du Limbourg. Après ses études primaires à Griendtveen de 1901 à 1907, le jeune Joseph- Antoine entre à l’alumnat de Zepperen pour ses études de grammaire (1907-1911) avant de connaître Ascona en Suisse pour ses humanités (1911-1913). Il prend l’habit le 14 août 1913 au noviciat de Limpertsberg au Luxembourg, sous le nom de Frère Tharcisius et la direction du P. Antoine de Padoue Vidal. Profès annuel l’année suivante, il réussit en mars 1915 à rejoindre Boxtel, sous la houlette du P. Louis Antoine Verhaegen. Le 7 août 1916, il prononce ses vœux perpétuels à Boxtel, tout en assurant un professorat de 1915 à 1919 à la petite école apostolique développée sur place. De 1919 à 1921, il étudie la philosophie à Taintegnies en Belgique et entreprend ses études de théologie à Louvain à partir de 1921. Une malheureuse correspondance, entretenue avec Mme Franz Saenen, de Hasselt, lui vaut bien des ennuis: retard aux ordres, menace de renvoi. Courageusement il accepte l’épreuve du moment et est ordonné prêtre à Louvain, le 26 juillet 1925.

Une vie apostolique en mouvement.

Le P. Tharcisius commence sa vie apostolique sacerdotale dans l’enseignement: pendant 20 ans il enseigne à Boxtel (1925-1929), à Kapelle-op-den- Bos (1929-1932), à nouveau Boxtel (1932-1946). En 1946, le P. Tharcisius change de voie: il est nommé pour le travail paroissial en France, à Thonnance près de Joinville (Haute-Marne), de 1946 à 1960, puis à Revigny-sur-Ornain (Meuse), de 1960 à 1962, un groupe de paroisses dans l’Est de la France prises en charge par les religieux hollandais. En 1962, le P. Tharcisius quitte la France pour le Portugal

où il devient aumônier à Lisbonne d’un groupe de Petites Sœurs de l’Assomption (1). En 1964, à cause de son état de santé déficient, il doit à nouveau changer d’air. Il rentre en France se soigner et se reposer à Lorgues (Var). En septembre 1965, il est nommé aumônier d’un hôpital à Marseille (Bouches-du-Rhône) et, en même temps, une année plus tard, aumônier des Sœurs Orantes de la ville (2). En 1969, le P. Tharcisius se trouve à la maison de repos de l’Assomption à Chanac (Lozère), d’où il se remet en route encore souvent pour prêcher des retraites. Il est si plein de vie qu’en janvier 1973, il est encore nommé aumônier des Petites Sœurs de l’Assomption à Paris. Et pourtant à la fin du mois de juin, il arrive malade en vacances à Boxtel. Peu de jours après il est mis en observation à l’hôpital où, le 9 juillet 1973, inopinément, mais en grande paix, il meurt. Depuis le mois de février, il a franchi le cap de sa 78ème année. L’infirmière qui l’assiste à ses derniers moments ne peut que déclarer: « je ne savais pas que la mort pût être si belle ». Les obsèques du P. Tharcisius sont célébrées le 13 juillet dans la chapelle de l’internat Stapelen à Boxtel. Il est inhumé dans le cimetière de Boxtel, aux côtés de ses confrères.

(1) C’est en 1949 que les Servas dos Pobres, religieuses portugaises dont l’origine et l’inspiration sont tout à fait comparables avec celles du P. Pernet et de Mère Fage, ont été intégrées dans la Congrégation des Petites Sœurs de l’Assomption, selon leur désir. Cette fusion, entérinée par le décret romain du 15 mars 1950, eut lieu sous le mandat de Mère Marie Sainte Elisabeth, quatrième supérieure générale des P. S.A., de 1946 à 1968. Mère Marie Sainte Elisabeth, née Elisabeth Barbe, a vécu de 1890 à 1979. (2) En 1941, Marseille est la troisième fondation des Orantes en France, après leur implantation au Vigan en 1937 dans la maison natale du P. d’Alzon. Ce monastère marseillais de l’Eucharistie appartenait préalablement aux Sacramentines, religieuses contemplatives fondées en 1639 par un Dominicain, le P. Antoine Le Quien, aujourd’hui Vénérable. Cette Congrégation des Sacramentines accepte de se fondre à la Congrégation des Orantes de l’Assomption en 1941. Ce lieu a depuis été quitté par les Orantes en 1976-1977 au profit d’une fraternité dite ‘La Cabucelle’, à proximité du vieux port. L’ancien monastère de l’Eucharistie est devenu à cette époque séminaire régional.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 235-236. De Schakel, septembre 1973, n° 3, p. 118 (annonce du décès). Du P. Tharcisius Janssen, dans les ACR, correspondances (1923-1965) et rapports sur Thonnance-lès-Joinville (1948-1952). Le P. Tharcisius a écrit en néerlandais une vie du P. d’Alzon (1931) à partir d’articles écrits dans Hemelvaart (bulletin de Zepperen). Préface de la vie du P. d’Alzon (1931).