Théophane (Emile) BOUREAU – 1890-1924

Un malade en soins, à propos de son frère décédé.

« Je suis bien en retard pour vous dire mon merci des religieuses
condoléances que vous m’avez adressées pour la mort de mon bien-aimé frère,
Marie-Etienne. Je vous suis très reconnaissant des prières que vous avez
bien voulu faire pour lui et pour nous, sa famille, qui le pleurerons
longtemps. Cette nouvelle m’a très péniblement surpris:
j’étais tout à la confiance dans la guérison qu’il devait aller demander à
Lourdes ».
P. T. Boureau, 2 sept. 1924. De Locarno, 6 sept. 1924: un malade en sursis,
à propos de lui.
« Merci de votre mot et de ses accompagnements. Apprenez que je suis au 1it
avec de la température, causée par une forte angine. Vais-je partir
pour Arguel [Doubs]? Le docteur est très optimiste, bien qu’un baigneur
soit mort dans cet hôtel il y a quelques semaines et qu’un autre ait frôlé
de près la pâle visiteuse! Je ne souhaite à personne d’être malade dans une
chambre d’hôtel avec 39°, avec au dessus, de la marmaille qui piétine et
qui braille, au-dessous un piano qui grince ».

P. Théophane.

Religieux français.

Le deuxième assomptionniste de la famille.

Emile est né le 22 janvier 1890 aux Sables d’Olonne en Vendée. Il fait ses classes primaires chez les Frères des Ecoles chrétiennes dans la commune et rejoint les alumnats de Courtrai, puis du Bizet (1904-1907) puis d’Elorrio en Espagne (1907-1909). Comme son frère Etienne, de santé fragile, il est réformé du service militaire et peut se rendre à Gempe (Belgique), sous la direction du P. Antoine de Padoue Vidal, pour le noviciat. Il prend l’habit le 15 août 1909 sous le nom de Fr. Théophane et prononce ses premiers vœux le 15 août 1910. L’année suivante, à la même date, le P. Emmanuel Bailly reçoit ses vœux perpétuels, également à Gempe. Sans interruption, le Fr. Théophane entame ses études de philosophie à Louvain (1911-1914), suivies des études de théologie (1914-1918). Il est ordonné prêtre le 20 mai 1917 par le cardinal Mercier dans la chapelle des jésuites à Louvain.

La maladie comme parcours de vie.

L’état de santé du P. Théophane, atteint aux reins, ne lui permettant aucun ministère extérieur actif, les supérieurs le dirigent sur la résidence de Carnolès-Menton (1919-1920) où il retrouve son frère Marie-Etienne une année, puis dans les différentes maisons de convalescence appropriées: Bourville en Seine- Maritime près de Fécamp où l’on espère à cause du climat une amélioration de sa santé, San Remo sur la côte italienne et Locarno en Suisse. Souffrant de façon continuelle, allant de soins en soins, le P. Théophane apporte cependant une grande énergie au support de ses épreuves. Son esprit ouvert à tout, son amabilité naturelle le font aimer de tous ses compagnons d’infortune.

Un malade en soins, à propos de son frère décédé.

« Je suis bien en retard pour vous dire mon merci des religieuses condoléances que vous m’avez adressées pour la mort de mon bien-aimé frère, Marie-Etienne. Je vous suis très reconnaissant des prières que vous avez bien voulu faire pour lui et pour nous, sa famille, qui le pleurerons longtemps. Cette nouvelle m’a très péniblement surpris: j’étais tout à la confiance dans la guérison qu’il devait aller demander à Lourdes ». P. T. Boureau, 2 sept. 1924. De Locarno, 6 sept. 1924: un malade en sursis, à propos de lui. « Merci de votre mot et de ses accompagnements. Apprenez que je suis au 1it avec de la température, causée par une forte angine. Vais-je partir pour Arguel [Doubs]? Le docteur est très optimiste, bien qu’un baigneur soit mort dans cet hôtel il y a quelques semaines et qu’un autre ait frôlé de près la pâle visiteuse! Je ne souhaite à personne d’être malade dans une chambre d’hôtel avec 39°, avec au dessus, de la marmaille qui piétine et qui braille, au-dessous un piano qui grince ».

P. Théophane.

Notices Biographiques A.A Il sait redonner courage et réconfort aux personnes également victimes de maladies ou en traitement qu’il rencontre pendant des cures. L’une d’entre elles rend ce témoignage posthume qu’elle trouvait ce religieux ‘merveilleux’. Lorsque le P. Théophane apprend la mort de son frère, décédé le 11 août 1924, il en ressent une impression profonde. Il ne sait pas qu’il va le suivre si rapidement dans la tombe. Se trouvant dans un hôtel à Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme) pour y suivre un traitement, le P. Théophane meurt en effet subitement, à 34 ans, le vendredi 12 septembre 1924, un mois après. Les supérieurs viennent d’envoyer auprès du P. Théophane, afin de ne pas le laisser seul, le P. Eleuthère Tourbez lequel succombe à son tour le 10 octobre 1924 à Clermont, funeste loi des séries qui assombrissent cet été 1924 pour l’Assomption. Le P. Théophane est inhumé sur place, à. Saint-Nectaire comme le note un autre assomptionniste J.Bardet, lui-même en cure au Mont-Dore l’année suivante:

Une visite et une prière.

« L’autre jour, j’ai accepté une place que l’on m’offrait dans une voiture pour Saint-Nectaire. Après avoir visité l’église si intéressante, je me suis rendu au cimetière, où j’ai trouvé, dans le terrain commun, la tombe du P. Théophane Boureau. Elle est à l’extrémité gauche du cimetière opposée à l’entrée. C’est la sixième tombe de l’allée du fond. Une simple croix de bois porte ces mots: R.P. Théophane Boureau, Assomptioniste. 1890-1924. La croix portait encore une modeste couronne fanée de fleurs naturelles. Le tumulus est déjà envahi par les herbes folles. Si j’avais eu le temps et les moyens, j’aurais nettoyé la tombe et mis quelques fleurs. Du moins, j’ai fait une bonne prière au nom de tous mes frères. Un autre jour, je profiterai d’une autre occasion pour aller prier sur la tombe du P. Bleuthère Tourbez, à Clermont. Le curé de Saint- Nectaire qui disait son bréviaire dans l’église a gardé un bon souvenir du P. Théophane et du P. Tourbez qu’il n’avait qu’entrevu. Il partait à la retraite le jour de la sépulture. Il s’était rendu compte que le P. Eleuthère était très fatigué ». J. Bardet, 7 juillet 1925, Mont-Dore, Hôtel des Etrangers.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1924, n° 105, p. 229-232. L’Assomption 1924, n° 280, p. 174; 1925, n° 149, p. 622-623. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Le P. Théophane a laissé quelques correspondances dans les archives romaines, échos de ses itinérances et de ses traitements (1910-1923).