Thomas d’Aquin (Joseph) CATTIN – 1896-1931

Du sanatorium de Davos.
« Je vous ai dit que le médecin de Locarno a été très pessimiste à mon
sujet, c’est
ce qui lui fit me demander de retourner au plus vite à l’altitude et d’y
rester tant que je ne serai pas guéri. C’était, paraît-il une question de
vie ou de mort à bref délai. Je vous remercie vivement de m’avoir autorisé
à faire ce nouveau séjour à Davos
(Suisse), pourtant ce n’est pas l’appréhension de la mort qui m’effraie,
depuis longtemps je me suis fait à cette pensée. Le médecin à Davos [A.
Schnoller] m’a expliqué que j’étais arrivé ici avec une tuberculose très
active. I1 ne s’explique pas que j’a je pu reprendre 12kg en un an, mais il
croit humainement sûr que
je guérirai. Maintenant que vous m’avez accordé la consolation du
sacerdoce, il ne me reste plus rien à désirer sur la terre, sinon de
travailler un peu pour ma chère Congrégation, mais il en sera ce que Dieu
voudra. Je souffre de ma solitude, mais à la
messe je puis prier plus efficacement pour mes frères qui luttent ».
P. Thomas d’Aquin Cattin au
P. Gervais Quénard. 8 nov.
1924.

Religieux de la Province de Lyon.

Un Dauphinois de Dolomieu.

Joseph Cattin naît le 12 janvier 1896 à Dolomieu, petite commune de l’Isère, patrie du célèbre minéralogiste et géologue qui a donné son nom à la dolomie, cette roche unie au calcaire dont la dissolution différentielle donne des reliefs ruiniformes, d’où le massif alpin des Dolomites tire son nom. Après ses classes primaires, Joseph entre à l’alumnat de Miribel- les-Echelles (Isère) de 1908 à 1913. Il entre ensuite sous le nom de Frère Thomas d’Aquin au noviciat de Limperstberg le 1er septembre 1913 et y prend l’habit le 8 septembre suivant, sous la conduite du P. Antoine de Padoue Vidal. Durant la guerre, devant l’impossibilité d’une vie religieuse régulière, il se livre aux travaux agricoles à la ferme de Finsterthal au Luxembourg, tout en commençant des études de philosophie. Ce n’est qu’en décembre 1917 qu’avec une quarantaine de ses confrères, il peut gagner la ville de Louvain en Belgique. Le 19 mai 1918, il peut prononcer ses premiers vœux et achever ses études de philosophie (1917- 1918).

Malade de la tuberculose.

Sa santé, compromise par les privations dues à la guerre, ne l’empêche pas d’accomplir un temps de service militaire actif à Grenoble entre les mois de mars et de septembre 1919. Il revient à Louvain où il prononce ses vœux perpétuels le 6 novembre 1921 et où il étudie la théologie. Pour des raisons de santé, il est envoyé en repos dans les maisons de Lugano et de Locarno en Suisse. il fait plusieurs séjours en sanatorium, à Saint-Joseph de Davos Platz, pour lutter contre une tuberculose pulmonaire pernicieuse (1923-1925). Il obtient la faveur d’être ordonné diacre à Lugano le 6 juillet 1926 et prêtre le 15 juillet suivant,

Du sanatorium de Davos. « Je vous ai dit que le médecin de Locarno a été très pessimiste à mon sujet, c’est ce qui lui fit me demander de retourner au plus vite à l’altitude et d’y rester tant que je ne serai pas guéri. C’était, paraît-il une question de vie ou de mort à bref délai. Je vous remercie vivement de m’avoir autorisé à faire ce nouveau séjour à Davos (Suisse), pourtant ce n’est pas l’appréhension de la mort qui m’effraie, depuis longtemps je me suis fait à cette pensée. Le médecin à Davos [A. Schnoller] m’a expliqué que j’étais arrivé ici avec une tuberculose très active. I1 ne s’explique pas que j’a je pu reprendre 12kg en un an, mais il croit humainement sûr que je guérirai. Maintenant que vous m’avez accordé la consolation du sacerdoce, il ne me reste plus rien à désirer sur la terre, sinon de travailler un peu pour ma chère Congrégation, mais il en sera ce que Dieu voudra. Je souffre de ma solitude, mais à la messe je puis prier plus efficacement pour mes frères qui luttent ». P. Thomas d’Aquin Cattin au P. Gervais Quénard. 8 nov. 1924.

Notices Biographiques A.A bien qu’un état de santé toujours précaire n’autorise guère d’illusion sur l’avenir. Quelques mois plus tard, en 1926, le P. Thomas d’Aquin rejoint la maison de repos de Lorgues (Var). Il y reprend momentanément quelques forces et, deux ans plus tard, il est tout heureux d’accepter l’aumônerie d’une pension de famille à Aups (Var), située à quelque 25 km. de Lorgues. Petite cité d’à peine 2.000 habitants, cette localité est bâtie le long d’un cours d’eau, la Braque. Elle est restée célèbre pour sa belle église de style gothique, modifiée à la Renaissance et pour être la patrie d’une famille aristocratique, les Blacas qui jouèrent un rôle politique important à la Restauration, sous la monarchie de Louis XVIII. Très rapidement, le Père Thomas d’Aquin gagne la sympathie et l’estime de tous et peut se livrer aux joies d’un ministère bénéfique, même restreint. Pendant ses heures de repos, il gagne la confiance du jardinier de la maison avec lequel il sait bavarder et qu’il regagne à la pratique religieuse. La devise du P. Thomas d’Aquin, retrouvée sur un papier après sa mort, dit son caractère énergique et volontaire: pouvoir accomplir chaque jour un effort nouveau, pour ne pas me laisser abattre par la maladie qui me ronge. Très au fait de son état, il envisage lucidement, avec un esprit très surnaturel, l’approche d’une mort presque déclarée. A son supérieur qui le visite le 14 juin 1931, il déclare sans faux-fuyant: « J’ai lutté jusqu’au bout. Je n’ai plus rien dans la poitrine. Dites au Père Général que j’offre ma vie pour lui et pour la Congrégation ». Quelques heures plus tard à peine, il rend son âme à Dieu aux premières heures du 13 juin 1931. Il n’a que 35 ans. Son corps est transféré dans la journée à la communauté voisine de Lorgues. Les obsèques sont célébrées à Lorgues le lendemain l6 juillet, présidées par le P. Gérasime Younès.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1931, n° 395, p. 145; n° 397, p. 163-164; n° 398, p. 170- 172; n° 404, p. 221-223. Notice biographique du P. Thomas d’Aquin C. par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Les ACR gardent trace de quelques correspondances du P. Thomas d’Aquin Cattin, ayant trait surtout à la période de sa vie militaire (1919).