Thomas (Jean Antoine L.) DE LEEUW – 1919-1986

Bilan d’une expérience d’assistant.
« Un assistant général n’est pas Supérieur majeur, ce qui implique beaucoup
de respect pour le Provincial. Cela
implique patience et prudence. Il faut plus écouter que
décider ou donner des solutions qui demandent du temps. Il faut connaître
notre Règle de vie et avoir l’esprit large pour l’appliquer dans les
différentes mentalités. Il faut faire un effort pour vivre ce qu’on doit
dire. Enfin il faut essayer de traduire la pensée du Général. Plus il y a
accord à ce niveau, plus c’est facile. Les convictions ne se forment que
lentement dans le climat d’aujourd’hui et ne pas se culpabiliser trop vite
si ça ne marche pas comme il faut. Mon travail de traduction manque
d’instruments. Surtout éviter de sentir qu’on apprécie une Province
au-dessus d’une
autre, tout le monde a sa fierté. Je me suis senti responsable pour
défendre des néerlandophones, sans fermer les yeux sur leurs défauts. Je
ne sais pas si j’ai réussi, mais j’ai senti la confiance partout. J’ai fait
une mauvaise expérience avec le Zaïre depuis la dernière visite, il y a un
proverbe hollandais:’Trop de cuisiniers détériorent la soupe’.

Thomas (Jean Antoine L.) DE LEEUW

1919-1986

Religieux de la Province de Hollande, assistant général de 1975 à 1985.

Une fratrie à l’Assomption.

Né le 2 octobre 1919 à Watergraafmeer, près d’Amsterdam, Jean-Antoine Léonard De Leeuw, frère des futurs PP. Léander et Léo, fait ses classes primaires à l’école Saint-Léonard d’Amsterdam, avant d’entrer en 1934 à l’école apostolique de Boxtel, ce jusqu’en 1939. Il commence son noviciat à Bergeijk, par la prise d’habit le 29 septembre 1939 et choisit le nom de Thomas. Il y prononce ses premiers vœux le 25 septembre 1940. Suivent les études de philosophie et de théologie, toujours à Bergeijk, en raison des perturbations apportées par la guerre aux maisons de formation. Nous ne disposons pas de la mention de la date de sa profession perpétuelle, mais simplement de celle de son ordination sacerdotale à Bergeijk le 12 mai 1946. Il fréquente l’Université de Nimègue et obtient une licence en théologie. De 1946 à 1955 le Père Thomas est nommé professeur de théologie morale au scolastical de Bergeijk, il devient également le jeune supérieur de la communauté de 1955 à 1961. Il assure aussi des cours de préparation au mariage et, sur la demande de l’évêque de Bois-le- Duc, donne des conférences pastorales aux prêtres travaillant en paroisse. Après un séjour de quelques mois à Rome pour complément d’études, il est nommé supérieur à la Procure au château de Stapelen à Boxtel. A partir du mois d’août 1968, il est curé et chef d’équipe dans la paroisse de la Nativité de Notre- Dame à Bois-le-Duc, tout en étant supérieur de la communauté.

Comme son frère, assistant général.

Lors du Chapitre général de 1975 qui se tient aux Essarts (Seine-Maritime), le P. Thomas est élu assistant général et en 1981 il est réélu à Rome pour la même fonction.

Le P. Stéphan, Supérieur général, se souvient: « Nous sommes arrivés ensemble pour vivre cette aventure. Dès le départ, nous désirons être une ‘communauté généralice’ c’est-à-dire autre chose qu’une équipe. Chacun de nous entre dans ce projet avec ses qualités, ses défauts et ses spécialités. Thomas comme les autres. Il y a en lui un grand respect pour chaque religieux, l’homme d’abord, surtout pour les plus blessés par la vie. Il ne les rencontre pas avec les ‘Tables de la Loi’ en main. Combien de fois, devant telles impatiences ou désillusions, il répète: ‘N’oublions pas l’essentiel: Il [le religieux dont il est question] est resté fidèle, au fond de son cœur, à Dieu, à l’Assomption’. Le P. Thomas est humble. J’hésite à le dire parce que Thomas a un fond de fierté comme l’ont, paraît-il, les hommes d’Amsterdam. Il est humble parce qu’il a accepté mille fois de se remettre à la table de travail et de partage d’une communauté internationale. Malgré les difficultés de langue et de structure mentale, il veut continuer ce partage. Il lui faut être oreille et bouche de ses frères de langue néerlandaise. Il l’est, fidèlement, humblement, obstinément, et avec cœur. Il les aime, il les défend, il en dévoile l’âme. Il les veut de plus en plus liés à la Congrégation. Il veut que le courant passe dans les deux sens, et il réussit… ». Pour raison de santé, des ennuis cardiaques, le P. Thomas doit quitter Rome à la fin du mois de décembre 1985.

Une mort-surprise.

Le soir du 23 janvier 1986, le P. Thomas meurt subitement d’une crise cardiaque, un infarctus foudroyant, après deux journées joyeuses qu’il vient de passer à Hilversum chez une sœur aînée. Il comptait rentrer à Rome le 27. Cette mort cause une surprise très forte, après celle de ses deux frères, religieux assomptionistes. A 67 ans, après 10 années au service de l’Institut à Rome, il semble être retourné en Hollande pour reposer auprès de siens dans le grand cimetière de sa Province, à Boxtel. Les obsèques du P. Thomas sont célébrées en l’église Saint-Pierre de Boxtel, présidées par le Provincial de Hollande, le P. Jan Van Der Meer.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 106-107. Information ART 1986, n° 111, p. 1. Sont conservés dans les ACR des rapports du P. Thomas De Leeuw, de la correspondance, des dossiers (1955-1980), surtout pendant sa période romaine. Bilan d’une expérience par le P. Thomas de Leeuw, vers 1985. Notices Biographiques