Tite (Joseph-Toussaint) GIRAUDO – 1897-1983

Entre les deux rives de la
Méditerranée.
« Je m’excuse si ma lettre vous paraîtra outrecuidante, mais voici ce dont
il s’agit. Le supérieur Provincial de Lyon
[P. Celse-Joseph Ract] vient de m’envoyer aujourd’hui même notification que
je suis nommé à Florence dès que le P. Général [Wilfrid Dufault] aura
approuvé ma proposition, ajoute-t-il. Sachant le désir
que vous aviez de m’avoir à Rome si je laissais la Tunisie, je tiens à vous
avertir aussitôt, au cas où je pourrais là-bas vous y être plus utile. Par
ailleurs, j’ai pensé qu’à Florence, étant donné ma nationalité française,
quoique de souche italienne (ma famille est installée à Nice depuis plus de
85 ans), je ne sois pas mal vu de l’un ou l’autre de ces Pères… assez
italianisants. Je ne peux, mon Père, vous en dire plus long, mais je
n’aurais évidemment, dans le cas présent, plus d’objections à faire à vos
désirs, si c’était le cas.
Je suis encore ici, à Mégrine, pour une quinzaine de jours probablement ».
P. Tite Giraudo au P. Dufault, Mégrine, 28 août 1958.

Tite (Joseph-Toussaint) GIRAUDO

1897-1983

Religieux franco-italien de la Province de France.

Temps de formation.

Joseph-Toussaint (1) Giraudo est né, le 1er novembre 1897, à Roaschia (province italienne de Cuneo). Entré à l’alumnat de Vinovo au Piémont (1908) dont par la suite il rappelle les conditions dures, il achève ses humanités à Ascona (Suisse) de 1913 à 1915. De 1911 à 1913, il fait l’expérience de la vie professionnelle comme apprenti imprimeur- typographe à Nice (Alpes-Maritimes) d’où sa famille est originaire. Il commence son noviciat le 26 juillet 1915 à Vinovo, sous la direction du P. Léondide Guyo, et prend le nom de Frère Tite. Il le poursuit à Notre-Dame de Lumières (Vaucluse) où il prononce ses premiers vœux, le 8 septembre 1918. Une double interruption l’une causée par la maladie (otite), l’autre par la guerre, explique ce long délai. Les deux années passées à la caserne, loin du théâtre des opérations militaires, n’ont en rien affaibli son désir de vie religieuse. Le Frère Tite peut entreprendre ses études de philosophie à Taintegnies (Belgique) de 1919 à 1920 et celles de théologie à Louvain (1920-1925). Il est profès perpétuel le 16 février 1922 et il est ordonné prêtre le 26 juillet 1925.

(1) Sur sa feuille individuelle, sont indiqués les prénoms en français ‘Joseph-Toussaint’ et en italien ‘Giuseppe Ognisanti’. Le P. Tite a fort bien précisé lui-rnême dans la lettre citée ci-contre, sa double nationalité d’origine.

Des deux côtés des Alpes.

Le P. Tite commence sa vie ministérielle comme professeur à Saint-Sigismond (Savoie) en 1925-1926; puis il est l’un des membres fondateurs de la communauté de Florence en 1926. En 1927 il est envoyé sur la Côte d’Azur à Carnolès-Menton (Alpes- Maritimes) et dès 1928 économe à Rome.

De 1929 à 1934, il travaille dans le secteur paroissial de Lorgues (Var). Lui-même a rendu compte de cette apparente ‘dispersion’ en 1954: « Mon premier séjour à Florence m’a assez fatigué pour provoquer une tuberculose pleurale qui occasionna un premier envoi à Menton (1927-1928) et un séjour successif à Rome avec le P. Gervais Quenard comme économe de la maison généralice (1928-1929) me mit dans un état qui nécessita mon éloignement. Après une aggravation à Menton (double congestion pulmonaire avec complications pleurétiques) quatre années de soin et de repos à Lorgues. Depuis 1934, ma permanence prolongée en Afrique, pays sec et chaud, m’a préservé de toute rechute grave mais chaque hiver, même ici, j’ai des ennuis » (2). Le P. Tite traverse alors en effet la Méditerranée et pendant 24 ans (1934-1958), il exerce son ministère apostolique en Tunisie avec dévouement et passion, bâtissant une église, mais aussi avec des difficultés qu’il ne tait pas.

Au cœur de la Toscane, Florence.

En 1958, le P. Tite revient à Florence comme supérieur et économe. Il se dévoue également comme aumônier auprès des Sœurs Oblates de la rue Borgo Pinti jusqu’à sa mort, le 24 février 1983, à 86 ans, des suites d’une défaillance cardio-vasculaire due à une artériosclérose généralisée. Sœur Arcangela laisse du P. Tite un portrait ému et reconnaissant: « Le P. Tito laisse l’image d’un grand moine des temps passés. Aumônier de notre communauté depuis 23 ans, son départ nous a toutes fortement émues. Le Père a vu entrer au noviciat presque toutes les Oblates dItalie. Il nous a été très attaché et lié par un dévouement incomparable dans ses services d’aumônier et même de confesseur. Aussi le 27 février, jour de ses funérailles [Florence], un très grand nombre dOblates entouraient son cercueil en priant pour son âme, toutes animées par une réelle reconnaissance et d’affectueux sentiments. Il nous a laissé l’édification d’un religieux vénérable et fervent, soucieux du bien des âmes et très attaché à l’Assomption. Ce sont surtout les communautés de Borgo Pinti et de Petriolo les bénéficiaires de ses vertus de religieux. Nous faisons nôtres les paroles du P. Giovanni [Micoli] en conclusion de son homélie lors des obsèques: seul le Seigneur connaît la récompense dont le P. Tite jouit auprès de Lui… l’héritage de ses biens à qui porta son nom sur le front et reçut le triple signe du baptême, du sacerdoce et de la vie religieuse. Le P. Tite a été fidèle à ces signes. Par son exemple nous sommes, nous aussi, confortés sur le chemin de notre fidélité en nous rappelant toujours les paroles du Seigneur. ‘Je suis avec vous’. Nous méditons la mystérieuse communion qui nous unit à tous ceux qui nous ont précédés dans notre famille assomptionniste».

(2) Lettre de Mégrine, le 15 mars 1954.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (Il) 1981-1983, p. 81-82. Assomption France, Nécrologie n° 1, décembre 1983, p. 5. Bulletin des Oblates, 1983, n° 97. Dans les ACR, du P. Tite Giraudo de nombreuses correspondances (1918-1960) et des rapports sur Florence (1958-1961). La Lettre à la Dispersion contient plusieurs articles, notamment de nouvelles, du P. Tite lors de son séjour en Tunisie. Notices Biographiques