Trophine (Jean-Marie) MALLEVAL – 1878-1897

Ephémérides de Brian.
« Nous recevons ce matin, vendredi 30 avril [1897], la douloureuse nouvelle
de la mort de Frère Trophirne. Après quelques minutes de méditation à
l’heure ordinaire, nous chantons la messe des morts pour le repos de son
âme. C’est une nouvelle fleur que le bon Dieu vient cueillir sur terre pour
orner les jardins du ciel. La seconde section a classe le matin avec l’abbé
Sylvestre et le soir avec le P. Ephrem. La première section n’a pas classe.
Pendant la matinée, le P. Henri Couillaux est allé dans la famille
Malleval pour régler l’enterrement du Frère défunt. La plus grande partie
de la première section peut aller prier dans la soirée auprès du corps,
dans la maison mortuaire. Deux novices arrivent ce soir, les Frères Vital
et Marie Léon. Dieu veut que plusieurs novices assistent
aux obsèques de leur Frère qui sera inhumé demain, le samedi
1 er mai, début du mois de Marie où un pèlerinage était prévu mais est
annulé, dans le petit cimetière de Brian, près de l’église paroissiale.
Telle est la volonté des parents très chrétiens du défunt, alléguant qu’il
aura ainsi plus de prières
».
30 avril et 1er mai 1897.

Religieux français, profès in articulo mortis.

Un alumniste-novice de Brian.

Jean-Marie Malleval est un enfant de Brian puisqu’il est né à Loriol (Drôme), le 14 mai 1877. Il fait toutes ses études secondaires à Villecomtesse (Yonne), puis à l’alumnat de Brian. Son désir d’embrasser la vie religieuse à l’Assomption le pousse à demander son départ pour le noviciat de Phanaraki (Turquie), mais sa santé trop faible s’oppose à un voyage trop fatiguant. Avec quelques délais, à cause de son état de santé, il rejoint d’anciens condisciples au noviciat de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), mais, à la veille de prendre l’habit, après un temps de postulat écourté, une forte bronchite se déclare. Le P. Ernest Baudouy croit plus prudent de renvoyer ce jeune homme se reposer en famille, à Loriol, près de Brian. Les symptômes de la tuberculose font craindre une issue rapide. Malgré ce séjour très bref à Livry, Jean-Marie laisse sur place des frères très aimés au noviciat et ne cesse de correspondre avec eux, voulant garder l’espoir de les retrouver rapidement. Mais dès son arrivée au pays, les religieux de Brian qui lui rendent visite, se rendent compte que l’état du jeune novice est désespéré. Sur leur intervention, le P. Picard, prévenu de la situation et des désirs du malade, accorde toutes les autorisations nécessaires pour procéder à la prise d’habit et à la profession: « Comme le Frère Jean-Marie Malleval il a pris le nom de Frère Trophime était admis de façon très régulière à la prise d’habit par les examinateurs, j’autorise le supérieur de l’alumnat de Brian, le P. Henri Couillaux, en cas de danger, à procéder à la prise d’habit et à la profession. Ménageons à nos chers enfants toutes les consolations et tous les mérites possibles ». Ce n’est pas la première fois que le P. Général prend ce genre de décisions d’urgence.

Une profession accélérée.

C’est ainsi que le 15 avril [1897], le P. Henri donne l’habit et reçoit les voeux du Frère Trophime, âgé de 20 ans. La cérémonie est courte. Le P. Henri s’en tient aux prières essentielles pour ne pas fatiguer le malade. Les parents du jeune homme très émus participent à la cérémonie. Pendant la semaine de Pâques [1897], le Frère Trophime a encore la joie de serrer la main de tous ses anciens condisciples, six novices, ses frères d’étude et de noviciat, qui viennent d’arriver de Livry, en partance pour Phanaraki. Ils lui donnent des nouvelles de la maison du noviciat, mais se rendent parfaitement compte eux aussi que le Frère Trophime vit ses dernières journées. Le vendredi 30 avril 1897, le Frère Trophime rend son dernier soupir. La cérémonie des funérailles se déroule selon les désirs des parents. Le corps du défunt est porté par les novices de Livry en transit à Brian. Le Frère Trophime repose aux côtés du Frère Innocent Moreel, décédé le 11 décembre précédent, et d’un alumniste de la maison, Jean Dufournet.

Une scène du temps.

Alors que le Frère Trophime vit ses dernières semaines, les religieux de Paris ont connu le 4 mai [1897] l’atroce scène de l’incendie du Bazar de la Charité, rue Jean Goujon. C’est de la maison de la Bonne Presse, voisine des lieux, que l’on s’est aperçu de l’incendie et qu’aussitôt des membres de la direction, le P. Ambroise Jacquot, M. Berteaux, et des employés de l’imprimerie se sont efforcés de porter secours aux malheureuses victimes. M. Berteaux a l’idée de démolir, rue Jean Goujon, une barricade de planches reliant le grand bazar au numéro 11 bis. Par cette ouverture, quelques personnes purent gagner un terrain vague. On dresse une échelle le long de murs jouxtant des immeubles du cours la Reine. Une quinzaine de personnes peuvent être ainsi secourues et échappent à une mort terrible. Les blessés sont transportés au couvent des Oblates, 20 cours la Reine, pour les premiers soins et pansements.

Bibliographies

Bibliographie et documentation- Souvenirs 1897, no 300, p. 140-141. L’Assomption, 1897, no 6, p. 86. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Cahier d’Archives de Brian: Ephémérides du 17 août 1896 au 21 mai 1898 (ACR- D 68).