Ulbert (Julien-Emile) LIMBOURG – 1897-1956

Nouvelles de Boxtel, 1921.
« Première nouvelle à relater par ordre chronologique, c’est le succès de
notre quête de pommes de terre… Excellents résultats, dépassant nos
espérances. Nous avons eu ensuite de très belles fêtes de Noël, avec
cérémonie de professions religieuses. Le 2 janvier [1921], il est arrivé
aux alumnistes un accident qui
s’est heureusement bien terminé, mais qui aurait pu avoir des conséquences
fâcheuses. Pendant une promenade, les alumnistes passaient sur un pont de
bois de la Dommel: le pont céda et dix jeunes tombèrent à l’eau. La rivière
était profonde, mais les rives moins larges en cet endroit que partout
ailleurs. Des paysans sont venus en renfort au Frère surveillant. En
7 ou 8 minutes, grâce à des perches et à des fourches, on réussit à ramener
tout le monde sur la berge. Il n’y eut ni mort ni malade. L’accident fit
sensation dans la région,
1es journaux ont relaté 1es faits avec amplification. Tous
1es enfants ont dû écrire à leurs parents pour les rassurer. Depuis ce bain
forcé, on a une crainte salutaire des ponts vermoulus et on y regarde à
deux fois avant de passer ». Fr. Ulbert, Boxtel, 18 janvier
1921.

Religieux de la Province de Belgique.

Les années de formation.

Julien-Emile Limbourg est né en Belgique, le 24 mai 1897, à Graty, petit village de 200 habitants dans la province du Hainaut. Ses parents sont installés à La Louvière. De 1911 à 1913, le jeune Julien-Emile fait ses études de grammaire à l’alumnat de Bure. Après un début à Taintegnies (1913-1914), il poursuit ses études d’humanités au collège épiscopal Saint-Joseph à La Louvière (1914- 1915). Il entre au petit séminaire de Bonne- Espérance à Tournai où il étudie deux années la philosophie (1915-1917). Il fait le choix de la vie à l’Assomption en prenant l’habit, le 21 novembre 1917, à Louvain. Il y prononce ses premiers vÂœux, le 23 novembre 1918; sous le nom de Frère Ulbert. De 1918 à 1921, il est affecté à l’alumnat de Boxtel aux Pays-Bas, comme professeur temporaire: il y prononce ses vÂœux perpétuels le 25 décembre 1921. Il passe ensuite quatre ans à Louvain pour la théologie. Il est ordonné prêtre le 26 juillet 1925.

Parcours ministériel.

L’éloquence facile du P. Ulbert, son esprit optimiste et positif, ses dispositions très vives à la vie en société désignent tout naturellement le P. Ulbert au ministère paroissial de proximité avec la population. Il est nommé en 1925 vicaire à la paroisse Saint- Ghislain à Haine-Saint-Pierre (1923-1931). Il assure aussi un service comme vicaire à la paroisse Saint- Antoine de Bouvy, un faubourg de La Louvière. En 1931, le P. Ulbert est envoyé à Woluwé-Saint- Lambert comme vicaire du P. Louis-Antoine Verhaegen. Il lui succède comme curé, entreprend et achève la construction des écoles libres. En 1936, il vient à Sart-les-Moines, comme vicaire de la paroisse et professeur de religion à l’alumnat. Il remplace le P. Hubert Philbert,

apôtre bien connu à Saint-Michel et pourfendeur de diables. A la messe du dimanche, il a comme auditeurs les alumnistes du prieuré Saint-Michel, souriant bien souvent de l’éloquence populaire du P. Ulbert qui n’hésite pas à puiser dans le vocabulaire wallon pour se faire comprendre. Dans cette région, les esprits sont bien souvent inquiets pour des riens, croient vite à l’influence du mauvais sort. Avec le P. Ulbert, ils ont le prêtre qu’il leur faut, religieux de bon gros sens, d’une patience infatigable, qui peut écouter des bavardages pendant des heures sans se laisser influencer par les esprits frappeurs ou imaginaires. Le P. Ulbert est un confesseur très apprécié. Son aspect déjà donne confiance: petit, bedonnant, le teint vif, toujours de bonne humeur, il est l’homme qui ne s’étonne de rien, à qui l’on peut confier ses impressions les plus insolites. Il est l’optimisme en personne: il a toujours un cas plus désespéré que le vôtre à vous donner en exemple! Beaucoup de jeunes trouvent en lui un chemin de confiance et les conseils qu’il peut donner dans le cadre d’une retraite sont très très appréciés. Il a le sens et le culte des vocations religieuses et sacerdotales, tout en restant discret sur le nombre de jeunes qu’il oriente ainsi pour un choix de vie. En 1941, le P. Ulbert quitte Sart-les-Moines pour être nommé supérieur de la communauté de Haine-Saint-Pierre (1941-1946). Il y vit les jours sombres de la guerre. Vers la fin du conflit, la gare, voisine de la résidence communautaire, est bombarbée. Les religieux doivent se réfugier par sécurité à Manages chez les Frères de la Charité. En 1946, le P. Ulbert est détaché à Bure comme prédicateur. Le Père s’adonne à un ministère large au bénéfice des missions paroissiales, en compagnie du P. Gauthier Janssen. En 1947, le P. Ulbert vient à Tamines, La Praile: il y reste jusqu’en 1952. il écrit ainsi une masse de sermons au ton simple et adapté à l’auditoire, ne se livrant jamais à l’improvisation. Son auteur préféré est Bourdaloue qu’il lit, plume à la main, comme l’attestent ses nombreux cahiers de notes. En 1952, il est nommé curé à Cour-sur-Heure où il conquiert d’emblée la population par sa simplicité et sa bonhomie. Cour-sur-heure est le dernier poste du P. Ulbert. Il meurt, usé, le 23 avril 1956, à 59 ans. Il y est inhumé le jeudi 26 avril.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. décembre 1957, p. 218. Lettre à la Famille, 1956, n° 215, p. 124-126. Contacts, 1956, n° 55. Jeunesses (Bure), 1956, n° 3, p. 18-19 Foyer Assomptioniste (revue des scolasticats belges), juillet 1956, n° 54, p. 18-23. Du P. Ulbert Limbourg, dans les ACR, rapports sur Haine-Saint-Pierre (1941-1946), une correspondance (1921).