Valère (Valeer) ASNONG – 1933-1988

Le cadre de vie du P. Asnong : le collège Sainte-Thérèse de Kapelle.

Ce pensionnat a été créé en
1904 par une famille du pays, le bâtiment fut brûlé en 1914 par les
Allemands et reconstruit aussitôt. En 1928, année de l’instauration
officielle du biluiguisme dans l’enseignement au royaume de belgique (1932,
loi générale), l’Assomption de langue flamande l’acquit pour satisfaire aux
nouvellles règles scolaires qui se mettaient en place et, l’année suivante,
elle y ouvrit un alumnat d’humanités sous la direction
du P. Libert Spinnaël. En 1938
, la communauté crée un bulletin de liaison avec les bienfaiteurs, publié
dans les deux langues: ‘Vers l’Autel’ ou ‘Naar ‘t Altaar’… Dans la
décennie qui suit la deuxième guerre mondiale, le bulletin change de nom:
il devient
‘Deo Dati (1958), rédigé en langue flamande uniquement. Le collège
s’agrandit et se modernise (1963).

Dans les années 65, la formule
‘alumnat’ devenue caduque a laissé place à la formule plus large de collège
catholique qui scolarise la jeunesse de la région. Un nouveau bulletin a
pris le relais : ‘Ouvast’.

Religieux de la Province de Belgique Nord.

Une vie entière à Kappelle-op-den-Bos.

Né le 26 juin 1933 à Hasselt-Stevoort, Valère accomplit ses études secondaires à Zepperen et à Kappelle-op-den-Bos, avant d’entrer au noviciat de Taintegnies où il prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1953. Il étudie la philosophie à Stabroek et la théologie à Saint- Gérard. Il est ordonné prêtre à Leuven, le Il octobre 1959 par Mgr Van Waeyenbergh. Après son ordination, le P. Valère est nommé au collège Sainte-Thérèse de Kappelle-op-den-Bos où il passera toute sa vie. De 1960 à 1971, il est professeur de catéchèse et maître d’études. En 1971, il est nommé économe de la communauté et administrateur financier du collège. La clarté et le soin de sa comptabilité lui ont valu à maintes reprises les félicitations de vérificateurs de l’Etat. Son amitié fidèle était pour beaucoup une bénédiction et une grâce. Elle s’enracinait dans sa simplicité, sa serviabilité et dans son respect profond de la personne humaine. Il assurait volontiers le service dominical dans une paroisse voisine. Il était aumônier de la Légion de Marie. Sa profonde dévotion à la Sainte Vierge le portait à passer chaque année ses vacances scolaires au service des ‘pèlerins d’un jour’ à Lourdes. Sa foi inébranlable dans le Seigneur et sa confiance dans l’intercession de Marie-Médiatrice lui ont permis de porter avec résignation la lourde croix d’une leucémie qui devait l’emporter le 4 avril 1988. Il est inhumé au cimetière de son village natal, Stevoort.

L’évolution d’une communauté religieuse dans une institution scolaire catholique.

Le P. Valère, l’homme d’une œuvre et d’une maison, connut sur place les transformations d’une institution créée pour répondre aux besoins spécifiques d’une Congrégation (alumnat-internat) en une structure scolaire

Notices Biographiques A.A Page : 95/95 cherchant à répondre aux enjeux et aux défis de la société de son temps. Il eut à cœur d’être partie prenante de l’animation spirituelle de cette jeunesse en participant à la catéchèse. Comme tel, il fut attentif aux remarques et interrogations que le P. Thomas de Leeuw sut poser en 1976 à cette communauté religieuse en monde scolaire:

‘Il m’est donné de passer quelques jours parmi vous, je suis impressionné par ce magnifique collège, renommé pour son enseignement où la fine fleur de la jeunesse flamande jouit d’une éducation remarquable, où vous pouvez vous glorifier des résultats obtenus par vos anciens à l’Université et dans la vie sociale. Un collège construit, développé et maintenu par un engagement, dépassant quasi le 100%, et qui financièrement tourne par investissement de vos salaires. Ceci vous assure la liberté d’en faire une école catholique, ce qui concrètement s’exprime en catéchèse et célébrations liturgiques, et pour ne pas l’omettre, occasion de cultiver un esprit missionnaire. Pourtant on peut poser la question: cette inspiration sur le plan chrétien ne souffre-t-elle pas du même malaise que celui de nos communautés ecclésiales: la résignation? Il paraît difficile dïnsuffler une nouvelle vie dans des structures mortes. Mais si nous prétendons être une école catholique, l’authenticité exige de nous que dans cette école nous donnions forme à cette catholicité. C’est pourquoi nous avons à imaginer une catéchèse pratiquée en équipe, nous avons à trouver les possibilités de confrontations, de corrections et d’évaluations entre nous, ainsi trouverons-nous les moyens dïmpliquer les enseignants dans la catéchèse. Ce souci de nous laisser pétrir entre nous dans le partage de la catéchèse ne manquera pas de rejaillir sur les relations humaines de la communauté de vie que vous formez entre vous: il vous conduira à l’approfondissement qui peut s’exprimer dans la prière et la célébration de l’eucharistie. Ainsi une lumière pourra pénétrer dans les cénacles que nous nous sommes construits pour apporter un peu de chaleur dans le froid de notre résignation et cette lumière partagée éveillera une nouvelle confiance pour l’avenir’.

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Bibliographies

Bibliographie : Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p; 23-24. Onder-Ons, Zomernummer 1988, p. 11-12 (In Memoriam) par Frans Houbey. Documentation: P. Polyeucte Guissard, Histoire des alumnats, 1954, p. 464-468.