Victor (Alfred-Jean) DUQUESNE – 1865-1932

Nouvelles du Chili.
Depuis ma lettre du 16 février
[1920], rien de bien particulier sauf notre pèlerinage à Santiago. Nous
avons pu réunir
cette année plus de 450 pèlerins. Le P. Cyprien [Gouelleu] s’est débattu
comme un beau diable pour avoir le train spécial qu’on lui refusait à la
dernière heure.
La période électorale pour la présidence est ouverte depuis un mois. Les
deux candidats
connus pour le moment sont Alessandri et Yanez: ils ne valent pas mieux
l’un que l’autre. Alessandri a provoqué en duel G. Rivera président de
l’Alianza libéral, ils ont cherché un endroit propice dans la
Cordillèrelis n’ont pas encore pu se rencontrer. Nous sommes dans la
période des mauvais jours. Le jour du pèlerinage, on disait que le P.
Isidore[Gayraud] était gravement malade à Talcahuano. Rien n’est venu
confirmer cette mauvaise nouvelle. Espérons qu’on en
sera quitte pour la peur. En effet une lettre du P.Jean de Dieu
[Danset] arrive à l’instant: la maladie semble n’être qu’une forte
infection intestinale. Tous ont eu une fameuse peur. Le P. Cyprien très
fatigué se repose en ce moment à Valparaiso, mai de tête qui l’empêche de
lire et d’écrire ».
Victor Duquesne, Valaraiso, 2
mars 1920.

Victor (Alfred-Jean) DUQUESNE

1865-1932

Religieux de la Province de Bordeaux.

Une formation au berceau de l’Assomption.

Alfred-Jean Duquesne naît à Teneur-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) au diocèse d’Arras, le 2 juin 1865. Il commence ses études secondaire au collège Saint-Poi- sur-Ternoise (1874-1880) et les poursuit à l’alumnat d’Arras (1880-1882), pour les achever à celui de Clairmarais (1882-1884). Il opte d’abord pour le clergé diocésain sur la pression de sa famille. Il fait ses études de philosophie au grand séminaire d’Arras (1884-1886), mais parvenu à l’âge de 21 ans, il prend la liberté de choisir sa voie sans le consentement de ses parents. Il entre au noviciat de l’Assomption à Osma (Espagne) le 29 juillet 1886, sous le nom de Frère Victor et passe ensuite à l’abbaye de Livry- Gargan (SeineSaint-Denis) où il prononce ses premiers vœux le 15 août 1887. « Le Frère Victor persévère dans son dessein, il semble très résolu, un peu faible de santé, passablement doué. Je le crois pieux et solide » ainsi le recommande le P. Emmanuel Bailly. On l’envoie en maison d’œuvres, au collège de l’Assomption à Nîmes (Gard), de 1887 à 1890. Il y prononce ses vœux perpétuels le 15 août 1888 et y entreprend ses études de théologie. C’est à Nîmes qu’il est ordonné prêtre le 23 décembre 1890 par Mgr. Gilly. Le Père Victor se consacre à l’enseignement au collège de Nîmes (1887-1895) où il est à la fois professeur, préfet de discipline et économe. Formé à l’école des premiers disciples du P. d’Alzon, il s’y imprègne de l’esprit de l’Assomption à sa source et s’attache à ce berceau qu’il ne souhaite plus quitter. L’obéissance l’envoie pourtant à l’alumnat de Sainghin-en-Weppes (1895-1897), puis à celui du Breuil (Deux-Sèvres), de 1897 à 1898.

Les grands espaces de la mission.

En 1898, le P. Victor est désigné pour la mission au Chili.

Il s’y dévoue pendant 5 ans (1898-1903), avec zèle et succès mais sa santé compromise a besoin de ménagement. Il revient en Europe et passe l’année 1903-1904 ;à Rome en qualité d’étudiant, pour un complément de formation théologique. En 1904, le P. Victor est nommé économe et professeur à l’alumnat de Calahorra, puis d’Elorrio en Espagne (1904-1916). Il parcourt les Pyrénées non seulement en quête de jeunes recrues pour l’alumnat, mais aussi en quête de subsides pour faire vivre cette œuvre des vocations. En 1917, le P. Victor retourne au Chili, à Conception tout d’abord, où il est attaché en qualité de vicaire coopérateur à la paroisse Saint-Jean de Matha. Au départ des PP. Gunfrid Darbois et Joseph Maubon (1918), il est nommé curé de la paroisse de Placeres à Valparaiso, paroisse qu’il dessert pendant 6 ans (1918- 1924). Nommé économe à la communauté de Santiago, il donne son concours à l’animation de la basilique de Notre-Dame de Lourdes pour les ministères de la confession, de la prédication et de la catéchèse, avec beaucoup de conviction et de savoir-faire.

Dernière étape.

En 1925, il connaît une première alerte, sérieuse, de santé: crise diabète et anthrax. A partir de 1930, il souffre de façon continue d’une trop forte pression artérielle que peuvent soulager temporairement des saignées. Le traitement affaiblit un organisme usé. Le Père Victor commence aussi à perdre la vue. Sans aller jusqu’à la cécité complète, la vue est trouble. Malgré les soins prodigués, malgré des temps de repos à la campagne, il ne peut se rétablir et il meurt, à 67 ans, le dimanche 17 avril 1932. Les obsèques sont célébrées le lendemain, lundi 18 avril. Son corps repose dans le mausolée de la communauté à Santiago.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1932, n° 435, p. 105; n° 437 p. 123-125. Lettre du P. Victor Duquesne au P. Joseph Maubon, Valparaiso, 2 mars 1920. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Correspondances du P. Victor Duquesne dans les ACR (1900-1922) et rapports sur Valparaiso (1921).Des nouvelles du P. Victor Duquesne provenant du Chili et d’Argentine ont été publiées dans la Lettre à la Dispersion. Notices Biographiques