Victor (Jan) Boeren – 1931-2007

Jan est né le 7 janvier à Ulicoten (sur la commune Baarle Nassau- Pays-Bas) et à son baptême il reçoit les noms Johannes Bernardus. Il est l’ainé dans une famille d’agriculteurs qui compte 3 fils et 4 filles.

Il fait une année d’études secondaires chez les Frères de Huijbergen mais comme il veut être prêtre- assomptionniste, il continue ses études, à partir de janvier 1946, à l’alumnat Ste Thérèse à Boxtel. Ne sachant pas maîtriser le Latin et le Grec on lui conseille, après quelques années, de se faire frère convers.

Jan commence son noviciat le 24.9.1952 à Halsteren et prononce ses premiers vœux le 25.9.1953..Il se rend à Boxtel au château Stapelen où il apprend le métier de menuisier sous la direction du frère Joseph Schoonen et en même temps il se perfectionne dans le dessin technique en suivant des cours du soir. Le 22.9.1957 il prononce ses vœux perpétuels. Quand le frère Joseph quitte la Hollande pour aller au Congo, Jan est le seul responsable de la menuiserie jusqu’en 1963. Cette année il prend la direction de la menuiserie centrale érigée à Bergeijk.


Ses années aux Missions.

En 1967 il s’en va lui-même au Congo. Il travaille successivement à Bunyuka (2 ans), à Kyondo (un an), à Butembo (5 ans), à Mavoya (un an) et de nouveau à Butembo où il dirige l’atelier érigé par le frère Piet Fennis. Jan y fabrique des meubles qui sont vendus dans le cadre de l’autofinancement. Mais entre-temps il construit aussi des églises, des presbytères et une habitation pour les professeurs du collège Kambali.

Mais coopérer avec Jan Boeren n’était pas chose facile. Jan agit trop souvent à sa guise et c’est ainsi qu’après un séjour de15 ans au Congo on lui demande, à l’occasion d’un congé en Europe en 1982, de ne pas revenir. Cela lui a fait de la peine.

Arrivé en Europe il passe quelques mois à Rome et aux Pays-Bas. Puis en 1984 on lui demande de continuer sa vie missionnaire en Madagascar. Il accepte volontiers et pendant 14 ans il y sera très actif comme constructeur, comme responsable d’une grande menuiserie et comme artiste pendant son temps libre. Mais là aussi il ne s’entend pas avec les autorités et en 1998 il quitte l’Afrique définitivement.

Revenu à Boxtel il reste pendant quelques mois au château Stapelen, habite pendant 3 ans à Weelde en Belgique et en 2002 il revient à Boxtel et s’installe dans un appartement du clos résidentiel Molenhof, près de Molenweide.

Mais sa santé laisse à désirer. Les docteurs constatent un cancer au tibia. La marche de la maladie est lente et Jan ne s’en fait pas trop : “Je veux bien mourir, mais pas trop souffrir”.

Il est courageux et reste très actif. Il donne libre cours à sa créativité : des sculptures, des gravures sur bois, des crèches de Noël, des statues en argile.

En décembre 2006 son état s’aggrave et il est hospitalisé à Molenweide. Il y a encore une amélioration mais le soir du 2 mai il doit être transporté d’urgence à l’hôpital St Carolus à Bois-le-Duc où il meurt pendant la nuit du 3 mai.

Le 8 mai nous prenons congé de Victor (Jan) Boeren en célébrant les obsèques solennelles dans l’église St Pierre. Jan repose au cimetière conventuel du château de Stapelen.


La personne.

Quoique né à la campagne, dans une culture traditionnelle, Jan est cependant ouvert dans sa manière d’agir et de penser. Il l’héritait de son père qui était en avance sur son temps.

Jan a du caractère et c’est un homme qui s’impose.

C’est aussi un homme de talent qui construit, organise et aime l’art. Au Congo aussi bien qu’à Madagascar il fournit du travail à des dizaines d’ouvriers. Faible en Latin et en Grec il parle et écrit un français convenable et s’exprime suffisamment en Swahili et en Malgache pour instruire et diriger ses ouvriers. D’un simple menuisier il se développe jusqu’à devenir un bâtisseur capable qui non seulement dessine les plans de ses bâtiments mais fabrique aussi en grande partie les matériaux de construction. Il bâtit surtout des églises et donne ainsi à Dieu et aux hommes un abri où ils peuvent se rencontrer. C’était sa forme d’apostolat.

Mais Jan Boeren n’était pas toujours d’un commerce agréable. Être en bons termes avec lui était parfois difficile. Ses réactions fâchées étaient quelques fois rudes et mal fondées. C’était la tragédie de sa vie, parce qu’il avait bon cœur, tenait à rendre service, témoignait d’une grande solidarité sociale et, bon causeur, aimait être en compagnie, mais il ne savait que faire de toutes ces bonnes qualités. Il se rendait compte que la façon dont il traitait quelques fois ses prochains l’isolait et il se plaignait parfois qu’il se sentait seul et mal compris.

La bienveillance qu’il ne savait pas montrer à ses prochains se retrouve cependant dans son art, dans les anges de la crèche et les mamans avec enfant qu’il modulait avec tant d’amour.

Au fond Jan était un homme courageux. La façon dont il a vécu les dernières années, les derniers mois de sa vie commande notre respect et notre admiration. Il ne se plaint pas malgré ses souffrances, il reste de bonne humeur et accepte la mort.. Après une amélioration la fin vint vite : la fin d’une vie mouvementée, la fin aussi d’un homme de valeur.

Qu’il soit dans la paix du Seigneur, le Seigneur avec qui il était régulièrement en conversation pendant sa vie.

Bibliographies