Victorien (Joseph-P.) GIRARD-REYDET – 1901-1984

Optimisme de vie.
« Votre lettre m’a

vigneronne. Joseph entre à Miribel-les-Echelles en 1912. La déclaration de
guerre ayant fait de l’alumnat un hôpital, il passe un an à Vinovo
(1914-1915) et deux ans à Ascona en Suisse (1915-1917). En août 1917, le
voilà au noviciat de Lumières (Vaucluse) où il prend l’habit le 4 août,
sous le nom de Frère Victorien. C’est alors la règle, il y reste deux ans
(1917-1919) et part pour la Belgique: Taintegnies pour la philosophie
(1919-1921) et Louvain pour la théologie (1921-
1925). Il y est profès perpétuel, le 5 février 1922, ses vœux sont reçus
par le P. Gervais Quenard. Il y est aussi ordonné prêtre le 26 juillet
1925. Il est profondément marqué par la pensée de Saint Paul dont il
citera souvent les lettres et, poète à ses heures il compose avec
le P. Marie -Michel Cornillie, un opéra L’Appel des Apôtres. De 1925 à
1927 Le P. Victorien enseigne le français et le latin aux alumnistes de
Scy-Chazelles (Moselle).
Journaliste inventif et productif (1927-1970).
Happé par la centrale de la Bonne-Presse, avec une formation sur le
tas, le P. Victorien commence par diriger le Pèlerin (1927-1930). Son
tempérament créateur commence à s’y manifester. C’est lui, le premier, qui
y lance une page féminine, ce qui déplaît au P.D.G. qui, ayant des intérêts
‘dans un hebdomadaire féminin craignait sans doute la concurrence.
En 1930, il fonde A La

Victorien (Joseph-P.) GIRARD-REYDET

1901-1984

Religieux de la Province de France.

Rétrospective de vie par un confrère, le P. Roger Guichardan. Joseph-Philibert Girard-Reydet est un Savoyard de vieille souche, petit-neveu du P. Gervais Quenard: il naît, le 25 janvier 1901, à Chignin, ce village à 376 mètres d’altitude dans la Combe de Savoie, au-dessus de Montmélian, ce village au vin blanc succulent et fruité qui, presque chaque année, apporte une médaille d’or ou d’argent à sa famille

Page, hebdomadaire des jeunes qui fait à l’époque un véritable ‘tabac’. On y trouve des pages sur le cinéma, des articles de critique littéraire, un soutien affirmé aux mouvements d’Action catholique. Le Père Victorien y attire des plumes illustres: Mauriac, Duhamel… A l’heure de l’entrée des troupes nazies à Paris (1940), la Bonne-Presse déménage. il fait ‘la drôle de guerre’. Démobilisé, il réussit à rouvrir l’alumnat de Soisy-sur-Seine. Il inspire des publications minimes qui sortent des ‘machines à plat’ de la rue Bayard. Il goûte même un instant les honneurs de la prison. Dès la reprise, on le voit à la tête de Prêtre et Apôtre, cette revue sacerdotale que, sérieux, efficace, surnaturel, il conduit 25 ans durant. Cela ne lui suffît pas. Pour s’occuper des prêtres, il songe aux ‘assistantes paroissiales’: pour elles, il fonde Marthe et Marie. De ces femmes généreuses il fait un mouvement, une association, leur prêche des retraites, profondément touché et je vous en remercie. Je réalise maintenant que j’ai passé 25 ans à Prêtre et Apôtre, 25 ans où je fus sans cesse à l’école de Dieu et d’une Eglise en pleine évolution… Travail enrichissant et rude parfois, qui devenait lourd à mes épaules, mais il fut pour moi une grâce immense et j’en remercie le Seigneur. Et maintenant, je quitte ce champ de la presse pour envisager, si Dieu le veut, un ministère plus calme, plus direct et de moindre responsabilité. Ayant été faire retraite aux Essarts, j’y ai récolté 4 récollections à donner aux Pères et aux Sœurs. J’ai dit oui aussi à des collaborations partielles à la paroisse de Sceaux et à une paroisse actuellement sans prêtre du côté de Dourdan. Ce ne sera, je pense, que provisoire et cela me permettra de rester à la disposition, s’ils le veulent bien, des Pères et des Sœurs de l’Assomption pour leurs diverses réunions et retraites. Et pourquoi le temps de la retraite ne serait-il pas le plus beau temps de la vie? ». P. Joseph Girard-Reydet au P. Paul Charpentier, Paris, 21 sept. 1970.

Notices Biographiques A.A les réunit en congrès et garde son ministère auprès des Scouts de France. D’une page de Prêtre et Apôtre, il crée une nouvelle revue, en liaison avec le centre catéchétique, Cathéchistes d’aujourd’hui: il la mène longtemps tout seul avant de la passer au centre. Il est aussi à l’origine de la revue Points de repère. L’âge venant, il quitte la Bonne-Presse, devenue Bayard-Presse en 1969. On lui demande de prendre sa retraite. Mais ce travailleur se met au service des religieux et religieuses de l’Assomption du 3ème âge: il amasse des dossiers, organise des réunions, sans cesser de s’intéresser aux retraités de Bayard-Presse. On sent dans ses écrits et ses homélies un ton de vie et de sève évangélique intact, optimiste. Il aime toujours écrire: au lieu de s’expliquer de vive voix, il préfère toujours envoyer une lettre. Religieux vrai, entièrement donné dès sa jeunesse, jamais repris, il fait partie avec honneur de ces ‘vieilles tiges’, formées solidement à l’ancienne méthode, sur lesquelles on peut toujours compter, vigoureuses et pétillantes. En 1980, il vient résider avec ses confrères retraités de Bayard à Sceaux (Hauts-de-Seine). En juin 1983, il retrouve ses racines savoyardes à Saint-Sigismond. Il meurt le 16 janvier 1984, d’une hémorragie interne. Ses obsèques sont célébrées le 19 janvier 1984, dans la neige et le vent.

Méditation: ‘La mort du prêtre’.

Elle viendra comme un voleur. Il dépend cependant de moi qu’elle ne soit pas une surprise. Ce fléchissement de santé, n’est-ce pas un signe avant-coureur? Cette pensée qui m’est venue que je pourrais mourir bientôt, un avertissement discret? Et quand j’assiste un mourant, comment ne pas songer qu’un jour ce sera mon tour? Omnis caro foenum… Le pauvre prêtre de Graham Greene, qu’on va fusiller au matin, s’interroge et se juge: ‘Il éprouvait une immense déception d’aller vers Dieu les mains vides sans avoir jamais rien fait. Il lui semblait qu’il aurait été si facile d’être un saint! Il aurait simplement fallu un peu plus de discipline et un peu plus de courage. Il se sentait comme quelqu’un qui pour quelques secondes avait manqué le rendez- vous avec le bonheur’ Ah! si nous n’étions vraiment que des voyageurs ici-bas. Si nous n’avions vraiment qu’une tente à replier pour gagner le camp définitif, Mais nous sommes enracinés, nous aimons cette terre, ces personnes, ces choses, ces lieux et ces jours où nous sommes acclimatés, où nous avons trouvé une certaine sécurité. Nous ne demandons pas autre chose. Exilés, nous avons oublié la patrie… Le jour, l’heure de notre mort devrait être ce moment où notre âme peut enfin s’exprimer totalement, le moment attendu où l’on donne enfin tout ce qui est en soi. Jésus termine un acte d’obéissance de 33 ans par ce cri: In manus tuas… Au moment de la mort s’exhale le grand secret de notre vie. Quel sera notre secret, quel est notre secret? La mort vient aussi pour le prêtre. Où et comment? je ne sais ni le jour, ni l’heure ni la manière. Sera-ce un accident subit ou une longue maladie? Sera-ce en pleine maturité ou dans les lenteurs de la vieillesse? Serai-je seul et me trouvera-t-on mort au matin?…Joseph Girard- Reydet, dans Prêtre et Apôtre.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 6-8. L’Assomption et ses oeuvres, 1984, n° 618, p. 13. Assomption-France,’Nécrologie n° 2, juin 1984, p. 27-29. Brèves (bulletin interne de Bayard-Presse), n° 73 (1984): P. Jacques Potin. Le P. Joseph Girard-Reydet est l’auteur d’une biographie du P. Gervais Quenard, Centurion (Bayard-Presse), 1967, d’un Catéchisme en images (1954). Il a écrit dans diverses revues, ex. A la Page, d’autres de spiritualité pour le clergé-Prêtre et: Apotre, Marthe et Marie. On trouve aussi des articles de lui dans l’Assomption et ses oeuvres, notamment des rapports sur B.P., des dossiers sur le 3ème âge. Correspondances dans les ACR (1917-1974). Notices Biographiques