Victorio Zacchett – 1911-2003

Histoire d’une âme simple, dans un esprit de service fidèle. Vitorio Zacchett [Zacchetti] est né le 25 juin 1911 au foyer d’Antonio et de son épouse Teresa Guerra, dans l’état brésilien de Rio Grande do Sul. Cette famille immigrée d’origine italienne, de neuf enfants, est de moeurs très chrétiennes. Bien que souffrant d’une santé déficiente, Vitorio comme ses frères doit apprendre à travailler dans les champs. Dans son enfance, il perd un oeil en jouant avec un morceau de fer. Il le racontait lui-même, n’accusant personne, mais cet handicap lui rend l’étude difficile bien qu’il soit intelligent. Peu de choses ont d’ailleurs transpiré de cette enfance. Vitorio parle cependant avec joie des troupeaux de bœufs qui passaient près de sa maison, écoutant avec ses frères les histoires plus ou moins véridiques que les bouviers ont l’habitude de servir aux enfants. A 18 ans, Vitorio fait la proposition à ses parents de mener une vie différente. Il veut sortir de son milieu et essayer de se frayer une voie d’avenir. Il quitte donc son état du Sud pour Rio de Janeiro qu’il a toujours rêvé de connaître. Pour gagner sa vie, il doit travailler comme apprenti maçon sur le chantier d’un immeuble situé à côté d’une église, également en construction, qui va devenir la Santissima Trindade, au cœur du quartier Flamengo. Chaque dimanche, Vitorio participe à la célébration eucharistique avec une grande dévotion, et souvent la semaine aussi, ce qui attire l’attention d’un vicaire, le Père Chérubin Artigue (1889-1964). Quelque temps après, le sacristain de la paroisse tombant malade, le Père Chérubin fait la demande à Vitorio de le remplacer. Vitorio accepte avec joie la proposition et vient vivre dans une petite chambre aménagée à cette occasion pour lui dans un sous-sol. Heureux, Vitorio devient un sacristain dévoué et travailleur dont tout le monde est content. Quelques années plus tard, en 1949, le P. Chérubin l’invite à entrer dans la vie religieuse à l’Assomption. C’est ainsi que Vitorio se rend au Chili voisin pour y faire son noviciat et se préparer à la profession des voeux de religion, prononcée deux ans plus tard en 1951. Il demeure au Chili jusqu’en 1962, travaillant la paroisse de Notre-Dame de Lourdes comme sacristain, mais toujours prêt également à faire les autres travaux qui lui sont demandés. Sur la demande de ses Supérieurs, le frère Vitorio rentre au Brésil et rejoint la communauté de l’Espirito Santo do Pinhal qui devenait en cette année 1962 séminaire pour la formation des futurs prêtres. L’année commence avec 24 élèves. Le Frère a la charge du jardin qui entoure les bâtiments, un travail immense à la dimension de la propriété. En, automne, il ramasse les feuilles qui tombent des arbres et les brûle, d’où le sobriquet qui lui est donné, ‘foguinho’, ce qui ne lui plaît pas. Il sait le montrer, balai à la main!. Durant ses temps libres, il aime lire. C’est ainsi qu’il découvre un jour le récit des apparitions du Sacré-Coeur à sainte Marguerite-Marie Alacoque. Le Seigneur promettait à la religieuse visitandine d’accueillir en son paradis, sans passer au purgatoire, toute personne qui sanctifierait les neuf premiers vendredis du mois. Frère Vitorio demande confirmation à son confesseur, le P. Cornelio Van De Kamer. Sur sa réponse positive, Vitorio ne va plus omettre cette pratique de dévotion. Son âme est simple et ouverte. Il mène sa vie de service jusqu’à l’âge de 92 ans, fêtés en juin 2003, mais le 21 septembre suivant il doit être hospitalisé à Pinhal. Il y reste dix jours, nourri au sérum. Il réclame parfois un peu d’eau, un biscuit, un peu de soupe, s’alimentant de moins en moins. Toujours conscient, il reçoit avec joie les visiteurs. A la question de savoir s’il désire le sacrement des malades, il objecte: « N’est-ce pas là le sacrement de ceux qui vont mourir? ». La réponse est plus théologique: « C’est aussi le sacrement qui peut donner la santé, si Dieu le veut! ». Il prie avec ses visiteurs, restant toujours calme, sûr de l’assurance donnée de ne pas passer par le purgatoire. Il meurt au matin du 3 octobre 2003. Une célébration fraternelle le soir à 17 heures l’accompagne dans cette foi.

Bibliographies