Vincent de Paul (L.-H.-J.) GRIMONPONT – 1900-1980

Droit canonique et usage du droit.
« Selon vos dires, vous prétendriez être encore à cette date canoniquement
supérieur de la communauté de François
1er. Je n’ose croire pareille attitude de votre part. Vous connaissez
suffisamment le Droit Canon pour savoir que le mandat de trois ans fixé à
tout supérieur local par le canon 505 est une limite à ne pas dépasser,
mais que le supérieur majeur a toujours
droit de mettre fin à ce mandat avant l’expiration de celui-ci, s’il le
juge utile. Pour nommer ou faire nommer un
remplaçant, il ne lui est pas du tout nécessaire d’avoir une démission
écrite du supérieur en charge. S’il en était ainsi, la Curie généralice ne
nommerait jamais un supérieur sans avoir la preuve que celui qui est en
charge ou bien a fini son
temps ou bien a donné sa démission. Or cela ne se fait pas. Il est assez
courant, surtout actuellement, avec l’évolution et l’adaptation de nos
oeuvres, qu’on change un supérieur avant la fin de son mandat. Moi-même,
nommé supérieur de la maison de Clairmarais en 1955, pour 3 ans, j’ai été
nommé l’année suivante professeur à Lambersart et pourtant je n’ai jamais
donné ma démission!
». P. Brajon au P. Grimonpont, 20.11.1968.

Vincent de Paul (L.-H.-J.) GRIMONPONT

1900-1980

Religieux de la Province de France.

Eléments biographiques.

Louis-Henri-Joseph Grimonpont est né le 13 novembre 1900 à Halluin (Nord). Après ses classes primaires à Halluin (1906-1912), il est alumniste au Bizet (Belgique) de 1912 à 1914. La guerre l’oblige à revenir au pays natal, il peut poursuivre ses études à Zepperen (1917-1918). Le 15 septembre 1918, le P. Possidius Dauby l’admet au noviciat à Louvain, sous le nom de Frère Vincent de Paul. Il prononce ses premiers vœux le 21 septembre 1919: « Le Frère Vincent de Paul a une âme d’enfant, une âme transparente qui tremble à la moindre apparence de péché. Il est toujours un enfant par le cœur, mais en même temps religieux sérieux, consciencieux et dévoué ». Mobilisé en 1920, il est envoyé à l’armée d’Orient à Constantinople, mais il est détaché aux écoles de la Mission: il peut enseigner à Koum-Kapou de 1921 à 1922. Il revient en Belgique pour ses études de philosophie commencées à Taintegnies (1922), poursuivies à Louvain où il fait également ses études de théologie (1924-1928). Profès perpétuel à Louvain le 25 novembre 1924, il est ordonné prêtre le 29 juillet 1928 par Mgr Legraive.

Résidences et emplois.

De 1928 à 1931, le P. Vincent de Paul est professeur de seconde à l’alumnat de Clairmarais (Pas-de- Calais). De 1931 à 1934, à Clairmarais, il enseigne en classe de première et fait fonction de sous-prieur. De 1934 à 1941, il est supérieur et économe au Bizet. Pendant la seconde guerre mondiale, il est supérieur à l’orphelinat du P. Halluin à Arras (1941-1946). Le P. Rémi Kokel le présente ainsi « Sans être un intellectuel, le Père Vincent de Paul est capable de suivre la marche des études. Il est surtout doué de qualités administratives, il fait régner l’ordre, la discipline.

C’est un religieux exemplaire ». De 1946 à 1949, il revient à Clairmarais, en qualité de supérieur. De 1949 à 1958 il fait fonction de supérieur à l’orphelinat d’Arras. En 1958, il quitte la région du Nord pour le Midi: il prend en charge la direction du collège de l’Assomption à Nîmes, comme supérieur de la communauté (1958-1963). De 1963 à 1968, il est supérieur de la communauté de la rue François 1er à Paris. Le changement ne demeure pas inaperçu: « je ne voudrais pas faire trop mauvaise figure dans ma nouvelle mission. Vous me faites passer d’un extrême à un autre. Après avoir passé 35 ans avec l’enfance et la jeunesse, me voilà à la tête d’une communauté de personnes vénérables et respectables, par l’âge et le savoir. Voilà ce qu’on me dit, car personnellement je ne connais pas tous les membres de la communauté. je suis rarement allé à la rue François Ier. je relis avec attention les bons conseils que vous me donnez dans la lettre d’obédience. je m’efforcerai, Deo adjuvante, de remplir mon devoir avec dévouement et charité envers tous. A l’heure actuelle, je renseigne le mieux possible mon successeur ici à Nimes, avant d’aller prendre un peu de repos. je n’ai pas encore établi mon programme, mais je compte vous rencontrer à Neuilly, en passant par Paris. je compte prendre du repos chez ma sœur à Tourcoing ». Les dernières années, rue François ler, sont difficiles pour lui. Ages, mentalités, personnalités et complexités de l’ensemble communautaire de la rue François 1er où cohabitent religieux chapelains, religieux des oeuvres généralices, religieux des Instituts, n’offrent guère de cohérence et de souplesse, surtout à une époque où les formes anciennes de la vie commune éclatent en morceaux. Le P. Brajon, Provincial de France, demande au P. Vincent de Paul à l’automne 1968 de laisser la place au P. Jean Potin. Le P. Vincent de Paul se retire: il passe les années 1968-1979 comme chapelain de Schoubrouck, près de Clairmarais. Enfin en 1979, il est nommé à la maison de repos de Saint-Sigismond (Savoie) où il meurt le 26 novembre 1980, à l’âge de 80 ans. Il est inhumé le 29 novembre 1980 au cimetière de Saint-Sigismond.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 107. Dans les ACR, du P. Vincent de Paul Grimonpont, correspondances (1936-1968), rapports sur Le Bizet (1935-1938), sur Clairmarais (1947-1949), sur Arras (1949-1957)sur Nimes (1958- 1960). Notices Biographiques