Vincent (Ernest-Arthur) PALMER – 1912-1934

San-Dalmazzo.
« La Croix vous a appris la mort, survenue à San- Dalmazzo, le 25 septembre
dernier [1934] du Frère Vincent Palmer, de nationalité anglaise,
appartenant à la Province de Paris. Quand le
1er septembre 1933, je le pris avec moi et un autre novice, le Frère René
Niger, à l’aumônerie des Dames de l’Assomption, à San- Daimazzo, le médecin
de Lorgues avait déclaré: ‘Seule la montagne peut le sauver;
ses deux poumons sont pris; l’examen microscopique a révélé 30 à 40
bacilles de Koch par champ’. Tout de suite, les Sœurs manifestèrent à mes
deux compagnons une sollicitude toute maternelle. On fut aux petits soins
pour eux. Mais alors qu’à l’altitude le Frère René gagna rapidement du
poids et des forces, il commença aussi par être un peu éprouvé par la
fraîcheur de l’air. Pourtant en novembre et décembre, il sembla prendre le
dessus. Il augmenta de 3 ou 4 kg. Mais cette marche en avant fut de courte
durée. L’estomac se fatigua puis devint rétif. Dès janvier il fallut
renoncer à la
suralimentation. A partir de ce moment, l’amaigrissement s’accentua de mois
en mois, en dépit des fortifiants, des piqûres, du régime le plus soigné ».
Faustin Gerbet.

Notices Biographiques A.A

Religieux anglais de la Province de Paris, profès in articulo mortes. Une vie tôt enlevée. Ernest-Arthur Palmer est né à Hull en Angleterre, au comté d’York, le 11 mai 1912. Orphelin de père et de mère après la grande guerre, il vient passer quelque temps en pension chez les Sœurs de Saint Vincent de Paul (Hull) avant d’entrer au collège Saint-Michel à Hitchin (1927-1931). Il s’y fait remarquer par son entrain et par son ardeur pour les disciplines sportives et laisse le souvenir d’un jeune intelligent, appliqué à ses études et bon compagnon. Il sort du collège senior de l’Université de Cambridge pour entrer à l’Assomption. Il prend l’habit, le 4 octobre 1931, sous le nom de Frère Vincent, au noviciat des Essarts (Seine-Maritime), en compagnie d’Edmond (Gabriel) Brayton-Slater. D’une nature plus réservée et plus timide, il ne tarde pas à s’acclimater à son nouveau milieu de vie. Il se prépare à travailler en faveur du retour de son pays à l’Eglise catholique. Par déférence envers les Sœurs qui l’ont recueilli, il a choisi le prénom de Vincent comme religieux. Les témoins de son temps au noviciat le reconnaissent sans fard, sous la plume du maître des novices, le P. Léonide Guyo: « Le Frère Vincent n’est pas sans défauts, il a pu une fois ou l’autre s’oublier à dire un mot inutile, à casser une assiette ou à monter les marches quatre à quatre. A l’obéissance, il s’accusait sans détour et sans excuse. Pour l’ordinaire, il donnait l’impression d’une conscience vraiment délicate, sans être scrupuleuse. LI veillait à bien faire toutes choses, comme il s’acquittait de sa charge de linger avec mesure, maîtrise de soi. Les qualités de son esprit, tout en rendant l’étude facile, n’enlevaient rien à sa docilité ni à son ardeur au travail. On était agréablement surpris de l’originalité qui, dans ses petites compositions, s’alliait à une connaissance du français qu’on n’eût point soupçonnée. Il ne tirait aucune vanité de ses avantages et restait d’une simplicité qui faisait plaisir ». L’année du noviciat est sur le point de s’achever quand dans les derniers jours du mois d’août 1932, le Frère Vincent et le Frère Kevin Fox (irlandais) se trouvent fatigués et se mettent à dépérir à vue d’œil. Le Frère Kevin doit s’aliter dès le 3 octobre. On craint pour lui une fièvre typhoïde. Le Frère Vincent, mis au repos, passe de longs moments en chaise longue. Il y a chez lui un tel désir de guérison et il semble si bien profiter des soins reçus que tout le monde se prend à espérer une issue heureuse et rapide. Cependant il faut songer à l’envoyer dans une maison plus spécialisée pour les soins. L’Angleterre ne dispose guère à l’époque d’un tel centre. N’étant pas encore profès, on ne songe pas à l’envoyer à la maison de repos de Lorgues (Var). Le P. Gervais Quenard, consulté, prend la décision de faire pour le Frère Vincent, novice, exception à la règle. Le Frère Vincent gagne alors le Midi dans les dernières semaines de l’année 1932. On ne constate pas d’amélioration sérieuse pour sa santé. En août 1933, il participe au Pèlerinage national à Lourdes. Le P. Gervais lui demande alors de rejoindre le P. Faustin Gerbet, à cette époque en résidence chez les Religieuses de l’Assomption, à San Dalmazzo di Tenda. Cette maison qui lui est si hospitalière, ne lui permet pas cependant de retrouver la santé. Il y meurt le 25 septembre 1934, au début de sa vingt-troisième année, après avoir prononcé sur son lit des vœux de religieux. Les obsèques du Frère Vincent ont lieu le lendemain, 26 septembre, dans la chapelle des Religieuses. Il est inhumé au cimetière de Tenda, près de la porte d’entrée. Le P. Faustin Gerbet, son dernier compagnon, le recommande aux prières de ses frères dans la Lettre à la Dispersion: « il a édifié la communauté de San-Dalmazzo par sa gravité, par sa réserve et son esprit religieux. C’était un ange, s’est-on écalé après sa mort. Il avait en effet une âme transparente d’innocence. Cette âme, le P. Léonide Guyo, son maître des novices, voudra bien la dépeindre prochainement. Pour moi, qu’il me suffise de dire que j’éprouvais une profonde estime et affection pour ce jeune religieux à l’esprit ouvert, judicieux, enjoué, au cœur loyal, noble, affectueux et que j’entrevoyais en lui un ouvrier des plus méritants pour notre mission d’Angleterre ». Page : 120/120

Bibliographies

Bibliographie et documentation- Lettre à la Dispersîon 1934, n° 544, p. 279-182; n° 554, p. 385-386. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. St. Michael’s College Magazine, 1934, vol. XII, n° 3, p. 22-25. Notices Biographiques